mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2300217 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 janvier 2023, le 20 mars 2023, le 1er novembre 2023 et le 3 avril 2024 sous le n°2300217, la société civile immobilière (SCI) Alphonse demande au tribunal :
1°) la décharge ou la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2022 à raison de la station de lavage située 1, rue du commerce à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne) ;
2°) de mettre une somme de 2 500 euros à la charge de l'Etat, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de rejet de sa réclamation est entachée d'incompétence ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration ; elle méconnaît les dispositions de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, dès lors que l'avis d'imposition n'indique pas les surfaces et les coefficients qui ont été pris en compte par l'administration fiscale pour établir l'imposition litigieuse ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur de droit, dès lors que les surfaces de circulation retenues sont erronées, et que les coefficients de pondération appliqués ne correspondent pas à la réalité de l'activité d'exploitation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 1389 du code général des impôts, dès lors que la station de lavage n'a pu exercer son activité pendant plus de trois mois ; elle méconnaît les dispositions des articles 1518 A quinquies et 1518 E du code général des impôts, dès lors que les dispositifs de planchonnement, de lissage et de neutralisation n'ont pas été appliqués à l'imposition litigieuse ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que l'administration fiscale n'a pas appliqué les instructions du ministère de l'économie indiquant que des dégrèvements devaient être accordés aux entreprises qui ont été contraintes de cesser leur activité pendant l'année 2022 à raison de la sécheresse ;
- elle méconnaît les dispositions des articles 6 et 13 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et constitue une rupture d'égalité devant la loi fiscale et les charges publiques.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SCI Alphonse ne sont pas fondés.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 mars 2023, le 1er novembre 2023 et le 3 avril 2024 sous le n°2300841, la société civile immobilière (SCI) Alphonse demande au tribunal :
1°) la décharge ou la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison de la station de lavage située 1, rue du commerce à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne) ;
2°) de mettre une somme de 2 500 euros à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'imposition litigieuse méconnaît les dispositions de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, dès lors que l'avis d'imposition n'indique pas les surfaces et les coefficients qui ont été pris en compte par l'administration fiscale pour établir l'imposition litigieuse ;
- elle méconnaît les dispositions des articles 1518 A quinquies et 1518 E du code général des impôts, dès lors que les dispositifs de planchonnement, de lissage et de neutralisation n'ont pas été appliqués à l'imposition litigieuse ;
- elle méconnaît les dispositions des articles 6 et 13 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et constitue une rupture d'égalité devant la loi fiscale et les charges publiques ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur de droit, dès lors que les surfaces de circulation retenues sont erronées, et que les coefficients de pondération appliqués ne correspondent pas à la réalité de l'activité d'exploitation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SCI Alphonse ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les instances n°2300217 et n°2300841 concernent le même contribuable, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre afin de statuer par un seul jugement.
2. La société civile immobilière (SCI) Alphonse, propriétaire d'une station de lavage située 1, rue du commerce à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), a été assujettie à raison de ce bien à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2021 pour un montant de 5 502 euros et, au titre de l'année 2022, pour un montant 5 538 euros. Le 2 décembre 2020, le service a sollicité la mise à jour des surfaces liées à son activité en fonction de leur utilisation et, le 17 décembre 2020, après avoir été destinataire de la déclaration 6660 REV, a procédé à une modification du montant de l'imposition litigieuse. Par une décision du 20 janvier 2023, l'administration fiscale a prononcé un dégrèvement de 3 215 euros au titre de l'année 2021. La SCI Alphonse demande la décharge ou la réduction des impositions litigieuses au titre des années précitées.
Sur la requête n°2300217 :
En ce qui concerne l'étendue du litige :
3. Par une décision du 20 janvier 2023, postérieure à l'introduction de la requête, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne a prononcé le dégrèvement de l'imposition en litige pour un montant total, en droits, de 3 017 euros au titre de l'année 2022. Les conclusions de la requête sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
4. Les vices propres dont peut être entachée la décision par laquelle l'administration fiscale rejette la réclamation dont elle est saisie par un contribuable sont sans influence sur la régularité et le bien-fondé des impositions contestées. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et de l'incompétence de l'auteur de l'acte de la décision notifiée le 25 novembre 2022, rejetant la réclamation préalable formulée par la SCI Alphonse, doivent être écartés.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 1415 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année d'imposition ". Et aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Puis aux termes du I de l'article 1389 dudit code : " Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée ".
6. Aux termes de l'article 1389 du code général des impôts précité, les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée.
7. En l'espèce, si la SCI Alphonse soutient qu'elle aurait dû bénéficier d'un dégrèvement de la taxe foncière sur le fondement des dispositions précitées, il résulte de l'instruction que la société requérante, qui se borne à citer les mesures de restrictions d'usage de l'eau découlant de l'arrêté du préfet de la Vienne du 18 juillet 2022, ensuite abrogé par un arrêté de la même autorité du 20 octobre 2022, ne verse aux débats aucun élément permettant de justifier de la durée de la vacance ou même de la perte d'exploitation subie par la SCI elle-même, la station de lavage étant au demeurant exploitée par une autre société. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1389 du code général des impôts doit être écarté.
8. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ; () 4° Les sols des bâtiments de toute nature et les terrains formant une dépendance indispensable et immédiate de ces constructions à l'exception des terrains occupés par les serres affectées à une exploitation agricole ; 5° A l'exception de ceux mentionnés au dernier alinéa de l'article 1393, les terrains non cultivés employés à un usage commercial ou industriel, tels que chantiers, lieux de dépôt de marchandises et autres emplacements de même nature, soit que le propriétaire les occupe, soit qu'il les fasse occuper par d'autres à titre gratuit ou onéreux () ".
9. D'autre part, aux termes de l'article 1498 du code général des impôts : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. / II. - A. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie mentionnée au I est déterminée en fonction de l'état du marché locatif à la date de référence du 1er janvier 2013, sous réserve de la mise à jour prévue au III de l'article 1518 ter. / Elle est obtenue par application d'un tarif par mètre carré déterminé conformément au 2 du B du présent II à la surface pondérée du local définie au C du présent II. / B. - 1. Il est constitué, dans chaque département, un ou plusieurs secteurs d'évaluation qui regroupent les communes ou sections cadastrales de communes qui, dans le département, présentent un marché locatif homogène () / 2. Les tarifs par mètre carré sont déterminés sur la base des loyers moyens constatés dans chaque secteur d'évaluation par catégorie de propriétés. () Les tarifs par mètre carré peuvent être majorés de 1,1, 1,15, 1,2 ou 1,3 ou minorés de 0,7, 0,8, 0,85 ou 0,9, par application d'un coefficient de localisation destiné à tenir compte de la situation particulière de la parcelle d'assise de la propriété au sein du secteur d'évaluation. / C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives () ". Aux termes de l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts : " Pour l'application du second alinéa du I de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous-groupes et catégories suivants : / Sous-groupe I : magasins et lieux de vente : () / Catégorie 6 : stations-service, stations de lavage et assimilables () ". Aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III au même code : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. / La superficie des différentes parties d'un local, y compris celle des dégagements et sanitaires, est la superficie réelle, mesurée au sol, entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur. / Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire ". Il résulte par ailleurs des dispositions des articles 1518 A quinquies et 1518 E du code précité que les valeurs locatives des biens taxables font l'objet de deux mécanismes de modération dits de " planchonnement " et de " lissage ", atténuant les variations à la hausse desdites valeurs locatives.
10. En l'espèce, d'une part, il résulte de l'instruction que les mécanismes de planchonnement et de lissage ont bien été appliqués, comme le soutient l'administration fiscale en défense, lors du calcul définitif de l'imposition, après que le dégrèvement cité au point 3 du présent jugement soit intervenu. D'autre part, la SCI Alphonse, qui a déposé une déclaration 6660-REV le 14 décembre 2020, y a indiqué une surface de 185 mètres carrés en catégorie " P1 " et une surface de 16 mètres carrés en catégorie " P 2 ", ainsi qu'une surface de 20 mètres carrés en catégorie " P 3 ". Le service, se fondant sur les données issues de l'orthoplan et du cadastre pour la parcelle cadastrée AT 0181, a pour sa part, estimé que la surface réelle de la parcelle était de 906 mètres carrés, et a ainsi considéré que 896 mètres carrés relevaient de la catégorie " P1 " et que 20 mètres carrés relevaient de la catégorie " P 2 ". La société requérante conteste le calcul opéré par le service, au motif que les surfaces goudronnées ne sauraient être regardées comme des surfaces d'exploitation et ne sauraient à ce titre être comptabilisées et, à titre subsidiaire, elle demande que ces surfaces fassent l'objet d'un coefficient de pondération de 0,2. Toutefois, en se bornant à verser aux débats un plan de masse ne permettant pas de déterminer la valeur d'usage des différents éléments de la parcelle indiquées dans la déclaration précitée, elle ne conteste pas utilement la répartition des surfaces par catégorie déterminées par l'administration fiscale sur le fondement des données issues de l'orthoplan. Par suite, le service n'a pas commis d'erreur de droit, d'erreur de fait ou d'erreur manifeste d'appréciation en établissant l'imposition litigieuse.
11. En troisième lieu, la SCI Alphonse soutient que le service n'a pas appliqué les coefficients de pondération ni les coefficients de localisation, de neutralisation ainsi que le mécanisme de planchonnement. Il résulte toutefois de l'instruction que les surfaces inscrites en catégorie " P 1 " ont bien fait l'objet d'un coefficient de 1, et que les zones affectées en catégorie " P 2 " ont fait l'objet d'un coefficient de pondération de 0,5. Ce bien, relevant de la catégorie MAG 6, se voit appliquer un tarif catégoriel de 101,20 euros par mètre carré, qui permet d'établir une valeur locative brute de 92 321 euros. Le coefficient de localisation étant en l'espèce égal à 1, et compte tenu d'un coefficient de neutralisation de 0,272538 applicable pour la commune de Chasseneuil-du-Poitou, c'est à bon droit que l'administration fiscale a déterminé une valeur locative neutralisée de 25 161 euros, correspondant à une valeur de 12 581 euros après application du dispositif de planchonnement. Ainsi, contrairement à ce que soutient la société requérante, le service n'a pas commis d'erreur de droit en appliquant les règles de calcul précitées et était fondé à retenir l'assiette précitée pour établir l'imposition litigieuse.
12. En quatrième lieu, si la SCI Alphonse, en se bornant à soutenir qu'elle n'a pas bénéficié des dispositifs de dégrèvement découlant d'instructions du ministère de l'économie et des finances, n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.
13. En dernier lieu, si la SCI Alphonse soutient que l'imposition litigieuse méconnaît les dispositions des articles 6 et 13 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et constitue ainsi une rupture d'égalité devant la loi fiscale et les charges publiques, en se bornant à verser aux débats des avis d'imposition de sociétés situées dans différents départements du territoire, sans autre élément de contexte, elle n'apporte aucun élément de nature à établir que les règles régissant l'imposition litigieuse entraîneraient une répartition inégale de la taxe entre les redevables ou une quelconque forme de rupture d'égalité.
14. Il résulte de ce qui précède que la SCI Alphonse n'est pas fondée à solliciter la décharge ou la réduction de la cotisation de taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2022.
Sur la requête n°2300841 :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
15. Les vices propres dont peut être entachée la décision par laquelle l'administration fiscale rejette la réclamation dont elle est saisie par un contribuable sont sans influence sur la régularité et le bien-fondé des impositions contestées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision rejetant la réclamation préalable formulée par la SCI Alphonse doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
16. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 5 à 7 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1389 du code général des impôts doit être écarté.
17. En deuxième lieu, comme cela a été dit aux points 5 à 11 du présent jugement, le service a retenu une surface pondérée de 906 mètres carrés. Il résulte par ailleurs de l'instruction que les surfaces inscrites en catégorie " P 1 " ont bien fait l'objet d'un coefficient de 1, et que les zones affectées en catégorie " P 2 " ont fait l'objet d'un coefficient de pondération de 0,5. Ce bien, relevant de la catégorie MAG 6, se voit appliquer un tarif catégoriel de 101,20 euros par mètre carré, qui permet d'établir une valeur locative brute de 91 688 euros. Le coefficient de localisation étant en l'espèce égal à 1, et compte tenu d'un coefficient de neutralisation de 0,272538 applicable pour la commune de Chasseneuil-du-Poitou, c'est à bon droit que l'administration fiscale a déterminé une valeur locative neutralisée de 24 988 euros, correspondant à une valeur de 12 494 euros après application du dispositif de planchonnement. Ainsi, contrairement à ce que soutient la société requérante, le service n'a pas commis d'erreur de droit en appliquant les règles de calcul précitées et était fondé à retenir l'assiette précitée pour établir l'imposition litigieuse.
18. En dernier lieu, comme cela a été dit au point 13 du présent jugement, la SCI Alphonse n'apporte aucun élément de nature à établir que les règles régissant l'imposition litigieuse entraîneraient une répartition inégale de la taxe entre les redevables ou une quelconque forme de rupture d'égalité.
19. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner l'exception d'irrecevabilité soulevée en défense par l'administration fiscale, la SCI Alphonse n'est pas fondée à solliciter la décharge ou la réduction de la cotisation de taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande la SCI Alphonse au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens pour les requêtes nos2300217 et 2300841.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n°2300217 de la SCI Alphonse à hauteur de 3 017 euros, au titre de l'année 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n°2300217 et les conclusions de la requête n°2300841 sont rejetés.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Alphonse et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
R. ALa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
2,2300841
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026