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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2300432

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2300432

lundi 23 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2300432
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre - JU
Avocat requérantSCP BCJ

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté la demande de Mme A, qui sollicitait une remise gracieuse supplémentaire sur le solde de dettes de trop-perçu d'aide personnelle au logement, après que la CAF de la Vienne lui avait déjà accordé une remise de 50 %. Le tribunal a estimé que la requérante n'établissait pas sa situation de précarité ni ne justifiait de ses ressources et charges, condition nécessaire pour bénéficier d'une remise gracieuse en application des articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale. La bonne foi invoquée n'a pas suffi à elle seule à justifier une remise supplémentaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 février 2023, Mme C A demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse du solde de dettes relative à un trop-perçu d'aide personnelle au logement d'un montant de 614,24 euros et de 532,50 euros laissées à sa charge après décisions de remise gracieuse partielle prises par la caisse d'allocations familiale de la Vienne le 20 janvier 2023.

Elle soutient qu'elle est de bonne foi.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 août 2024, la caisse d'allocations familiales de la Vienne, représentée par la SCP Brossier-Carré-Joly, conclut :

1°) à titre principal au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que la décharge accordée soit limitée à 10% des sommes dues ;

3°) à ce que la somme de 300 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B ;

- les observations de Me Carré, représentant la caisse d'allocations familiales de la Vienne, qui a repris ses écritures.

Considérant ce qui suit :

1. Par deux décisions du 20 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales de la Vienne a accordé à Mme A la remise gracieuse de 50% de dettes correspondant à des indus d'aide personnelle au logement d'un montant de 1 228,47 euros et 1 065 euros. Par la présente requête, Mme A demande la remise gracieuse des sommes laissées à sa charge d'un montant de 614,24 euros et de 532,50 euros.

2. En vertu des articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale, tout paiement indu d'une aide personnelle au logement est récupéré par l'organisme chargé de son service. La créance peut néanmoins être remise ou réduite par cet organisme en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si elle résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration.

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant une demande de remise gracieuse, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse.

4. L'indu d'aide personnelle au logement en litige trouve son origine dans la rectification de frais réels du conjoint de Mme A qui avaient été déclarés aux services de la caisse d'allocations familiales pour un montant de 13 110 euros alors qu'ils n'avaient pas été déclarés aux services des impôts. La requérante n'apporte aucune précision et aucun justificatif concernant ses ressources et ses charges et n'établit pas ainsi dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait rembourser les trop-perçus d'aide personnelle au logement laissés à sa charge après la décision de remise gracieuse de 50% des sommes initiales. Par suite, et à supposer que Mme A soit de bonne foi, elle ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de dette supplémentaire en application de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

6. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme que la caisse d'allocations familiales de la Vienne demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de la Vienne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.

Copie en sera adressée à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. BLe greffier,

Signé

S. GAGNAIRE

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le greffier en chef

S. GAGNAIRE

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