jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2300512 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 février 2023, M. B A, représenté par Me Gomez, demande au juge des référés :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une provision de 1 260 euros en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;
2°) d'assortir cette somme des intérêts au taux légal capitalisés ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 300 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été recruté en qualité de vacataire par la direction interrégionale des services pénitentiaires de Bordeaux pour une durée d'un an à compter du 1er novembre 2022 et affecté au centre pénitentiaire de Vivonne ; toutefois, il n'a pas reçu de rémunération et, après avoir interrogé la direction interrégionale des services pénitentiaires, n'a plus été appelé pour effectuer de nouvelles vacations ;
- eu égard aux douze journées de travail non payées qu'il a effectuées, l'Etat doit lui verser la somme de 1 260 euros, augmentée des intérêts au taux légal capitalisés.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mars 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- M. A a bien effectué huit jours de vacation en novembre et décembre 2022, mais seulement trois jours en janvier 2023, de sorte que le montant de sa rémunération devait s'élever à 1 155 euros en brut et à 1 044,93 euros en net compte tenu des cotisations sociales ;
- cette somme lui ayant été versée en février 2023, sa demande tendant au versement de la somme de 1 260 euros ne peut être satisfaite.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- l'arrêté du 27 septembre 2011 fixant le montant de l'indemnité de réserve versée aux personnels de la réserve civile pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a été recruté, par un contrat d'une durée d'un an portant sur la période du 1er novembre 2022 au 31 octobre 2023, en qualité de réserviste civil de l'administration pénitentiaire pour effectuer des vacations au sein du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne. Il fait valoir qu'ayant travaillé de novembre 2022 à janvier 2023 il n'a reçu aucune rémunération, et demande au juge des référés le versement d'une provision de 1 260 euros en application des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 2 de l'arrêté susvisé du 27 septembre 2011 : " La rémunération journalière brute du réserviste est fixée à 105 euros. () ".
4. Il ressort des états mensuels de service fait produits au dossier que M. A a effectué quatre jours de travail en novembre 2022, quatre jours de travail en décembre 2022 et trois jours de travail en janvier 2023, lui ouvrant droit à une rémunération brute totale de 1 155 euros, dès lors qu'il n'établit pas avoir travaillé quatre jours en janvier 2023. Cette rémunération, représentant la somme nette de 1 044,93 euros après déduction de la contribution sociale généralisée et de la contribution pour le remboursement de la dette sociale, lui a été versée en février 2023, ainsi qu'en atteste le bulletin de paie produit au dossier, faisant apparaître une mise en paiement le 22 février 2023 par la direction départementale des finances publiques de la Haute-Vienne. Dans ces conditions, M. A ne justifie pas d'une obligation non sérieusement contestable et sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, sans qu'il soit nécessaire d'en examiner la recevabilité.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Poitiers, le 1er février 2024.
Le juge des référés,
Signé
A. C
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
N°2300512
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