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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2300688

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2300688

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2300688
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre - JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mars 2023 et un mémoire enregistré le 27 mai 2024, M. A B demande au tribunal de lui accorder la remise totale ou partielle de sa dette, relative à un trop-perçu d'allocation au logement familial, d'un montant restant à sa charge de 3 406,50 euros.

Il soutient que :

- il est de bonne foi ;

- le remboursement mensuel de cette dette pèse de manière excessive sur sa situation financière.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2024, la caisse d'allocations familiales de la Charente conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'une remise de 25 % de la dette initialement due par le requérant lui a été accordée en tenant compte de sa situation financière et que la retenue mensuelle est fixée à 75 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dumont,

- et les observations de M. B, présent.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B et son épouse, bénéficiaires de l'allocation au logement familial, ont été informés le 3 novembre 2022 que l'assurance de leur prêt immobilier acceptait de prendre en charge leurs mensualités à la suite de l'incapacité temporaire totale de travail de M. B. Cette prise en charge ayant un caractère rétroactif à compter du 24 mai 2021, elle a entraîné un nouveau calcul du montant de leur aide au logement, à l'issue duquel la caisse d'allocations familiales de la Charente leur a notifié une dette d'un montant de 4 542 euros. Sur leur demande, par une décision du 8 février 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Charente a accordé aux époux B une remise partielle de cette dette, à hauteur de la somme de 1 135,50 euros. Par sa requête, M. B demande au tribunal de prononcer la remise totale ou partielle de la dette d'un montant de 3 406,50 euros demeurant à sa charge.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement/ () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de prestation sociale, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prestation sociale ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

5. Il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales de la Charente ne remet pas en cause la bonne foi des époux B et leur a accordé une remise partielle de leur dette. Ils peuvent donc prétendre à une remise gracieuse totale ou partielle en fonction de leur situation de précarité. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que M. et Mme B se trouvent dans une situation de précarité telle qu'ils ne pourraient assumer le remboursement de leur dette de manière échelonnée. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'accorder à M. B la remise de sa dette.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales de la Charente.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

La magistrate désignée,

Signé

G. DUMONTLa greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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