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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2300691

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2300691

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2300691
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre - JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 mars 2023, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal de lui accorder la remise totale de sa dette, relative à un trop-perçu d'allocation personnelle au logement, d'un montant de 1 576,76 euros restant à sa charge.

Elle soutient que la caisse d'allocations familiales aurait dû se rendre compte qu'elle avait commis une erreur dans la déclaration de ses ressources, ce qui aurait évité de générer un indu.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2023, la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- une remise partielle a été accordée à Mme B à hauteur de 525,59 euros ;

- si la bonne foi de la requérante n'est pas remise en cause, elle ne justifie pas être dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait pas assurer le remboursement échelonnée de sa dette.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Dumont a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, bénéficiaire de l'aide personnelle au logement, a commis une erreur à l'occasion de la déclaration de ses ressources auprès de la caisse d'allocations familiales, erreur qui a été découverte en décembre 2022 après une comparaison avec les ressources déclarées aux services fiscaux. La rectification de cette erreur a entraîné un nouveau calcul du montant de son aide personnelle au logement, à l'issue duquel la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres lui a notifié une dette d'un montant de 2 102,35 euros. Sur sa demande, par une décision du 7 février 2023, la directrice de la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres lui a accordé une remise partielle de cette dette, à hauteur de la somme de 525,59 euros. Par sa requête, Mme B demande au tribunal de prononcer la remise totale de la dette d'un montant de 1 576,76 euros demeurant à sa charge.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement/ () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de prestation sociale, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prestation sociale ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

5. Il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres ne remet pas en cause la bonne foi de Mme B et lui a accordé une remise partielle de sa dette. Elle peut donc prétendre à une remise gracieuse totale ou partielle en fonction de sa situation de précarité. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que Mme B se trouve dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait pas assumer le remboursement de sa dette de manière échelonnée. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'accorder à Mme B la remise de sa dette.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

La magistrate désignée,

Signé

G. DUMONTLa greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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