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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2300752

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2300752

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2300752
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre - JU
Avocat requérantSCP BCJ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mars 2023, Mme B A demande au tribunal de lui accorder la remise totale de sa dette, relative à un trop-perçu d'allocation personnelle au logement, d'un montant restant à sa charge de 382,50 euros.

Elle soutient que :

- elle est de bonne foi ;

- elle ne dispose pas des moyens financiers de rembourser cette dette.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 décembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Vienne, représentée par la SCP BCJ, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que la décharge qui pourrait être accordée à la requérante soit limitée à 10 % des sommes dues et, enfin, à ce que la somme de 300 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- l'indu d'allocation personnelle au logement trouve son origine dans l'absence de déclaration par la requérante des pensions alimentaires perçues au cours de l'année 2021 ;

- une remise partielle de cet indu lui a été accordée à hauteur de 382,50 euros ;

- la requérante ne justifie pas être dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait pas assurer le remboursement de sa dette.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Dumont a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A est bénéficiaire de l'aide au logement. A la fin de l'année 2022, la comparaison des ressources qu'elle avaient déclarées aux services fiscaux au titre de l'année 2021 avec celles déclarées à la caisse d'allocations familiales a révélé qu'elle n'avait pas déclaré les pensions alimentaires qu'elle avait perçues. La réintégration de ces ressources a conduit la caisse d'allocations familiales à recalculer ses droits. A l'issue, la caisse d'allocations familiales de la Vienne lui a notifié, le 18 décembre 2022, une dette d'un montant de 765 euros. Sur sa demande, par une décision du 7 mars 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Vienne a accordé à Mme A une remise partielle de cette dette, à hauteur de la somme de 382,50 euros. Par sa requête, Mme A demande au tribunal de prononcer la remise de la dette d'un montant de 382,50 euros demeurant à sa charge.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement/ () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de prestation sociale, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prestation sociale ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

5. Il résulte de l'instruction que l'indu dont Mme A demande la remise trouve son origine dans l'absence de déclaration des pensions alimentaires qu'elle a perçues au cours de l'année 2021, l'existence de ces ressources n'ayant été découverte qu'à l'occasion d'une comparaison entre les ressources déclarées aux services fiscaux avec celles déclarées à la caisse d'allocations familiales. La caisse d'allocations familiales de la Vienne lui a toutefois accordé une remise partielle de cette dette. Mme A peut donc prétendre à une remise gracieuse totale ou partielle en fonction de sa situation de précarité. Toutefois, elle n'apporte aucun élément de nature à établir sa situation financière et à justifier que lui soit remise gracieusement la dette restant à sa charge. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de lui accorder la remise de sa dette.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante la somme que la caisse d'allocations familiales de la Vienne demande au titre des frais qu'elle a exposés dans le cadre de la présente instance.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de la Vienne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

La magistrate désignée,

Signé

G. DUMONTLa greffière,

Signé

G. FAVARDLa République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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