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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2301162

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2301162

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2301162
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre - JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 avril 2023, Mme A B demande au tribunal de lui accorder la remise totale de sa dette relative à un trop-perçu de prime d'activité dont le montant restant dû, après la remise partielle qui lui a été accordée, est de 159,62 euros.

Elle soutient qu'elle se trouve dans une situation financière qui ne lui permet pas de rembourser la dette restant à sa charge.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2023, la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'elle a déjà accordé à Mme B une remise partielle de sa dette à hauteur de 159,62 euros sur le montant initialement dû de 319,24 euros et que la situation financière de la requérante ne justifie pas une remise totale de sa dette.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Dumont a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, bénéficiaire de la prime d'activité, a déclaré pour les mois de septembre, octobre et novembre 2022 des revenus inférieurs à ceux effectivement perçus. La réintégration des ressources en cause dans le calcul du montant de sa prime d'activité a généré un indu d'un montant de 319,24 euros qui lui a été notifié par un courrier du 26 janvier 2023 de la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres. Par une décision du 10 mars 2023, la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres lui a accordé la remise partielle de cette dette à hauteur de 159,62 euros. Par sa requête, elle demande au tribunal de prononcer la remise totale de la dette demeurant à sa charge.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de prime d'activité, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. Il résulte de l'instruction que la dette dont Mme B sollicite la remise trouve son origine dans la déclaration de revenus inférieurs à ceux qu'elle a perçus et que ce différentiel s'explique par une déclaration à la caisse d'allocations familiales de ses salaires nets après impôt et non des salaires permettant le calcul de l'impôt sur le revenu. Sa bonne foi peut dès lors être considérée comme établie. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle se trouve dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait assumer le remboursement de sa dette, notamment de manière échelonnée. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de lui accorder la remise de la dette de prime d'activité dont elle est redevable.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

La magistrate désignée,

Signé

G. DUMONTLa greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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