LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2301211

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2301211

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2301211
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre - JU
Avocat requérantCABINET CHANGEUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mai 2023 et des pièces complémentaires enregistrées le 12 mars 2024, Mme A B, représentée par la SELARL Cabinet Changeur, demande au tribunal :

1°) d'annuler, d'une part, la décision référencée 48 SI du 22 mars 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul, et d'autre part, les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer a procédé à des retraits de points de son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 29 juillet 2022 , 06 juin 2020, 23 août 2020, 02 avril 2019, 21 juillet 2018, 26 décembre 2016, 10 novembre 2015, 22 novembre 2015 ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de reconstituer le capital affecté à son permis de conduire à hauteur des points irrégulièrement retirés et de lui restituer son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les retraits de points en litige sont intervenus à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas bénéficié d'une information préalable dans le cadre des infractions relevées les 29 juillet 2022, 06 juin 2020, 23 août 2020, 02 avril 2019, 21 juillet 2018, 26 décembre 2016, 10 novembre 2015, 22 novembre 2015 ;

- la réalité des infractions qui lui sont reprochées n'est pas établie ;

- la décision référencée 48 SI du 22 mars 2023 est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions de retrait de points prises à son encontre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision portant retrait de point à la suite de l'infraction commise le 23 août 2020, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- le point retiré consécutivement à l'infraction commise le 23 août 2020 a été restitué à la requérante le 4 octobre 2021 ;

- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, le magistrat statuant seule a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B demande au tribunal d'annuler, d'une part, la décision référencée 48 SI du 22 mars 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul et lui a enjoint de le restituer aux services préfectoraux de son lieu de résidence, et d'autre part les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer a procédé à des retraits de points à la suite des infractions commises les 29 juillet 2022, 6 juin 2020, 23 août 2020, 2 avril 2019, 21 juillet 2018, 26 décembre 2016, 10 novembre 2015, et 22 novembre 2015.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral édité le 29 juin 2023 que la mention 94 est relative à l'ajout d'un point au permis de conduire de la requérante, attribué le 4 octobre 2021 à la suite du point retiré consécutivement à l'infraction commise le 23 août 2020, dans les termes de l'article L. 223-6 du code de la route. Par suite, les conclusions dirigées contre le retrait de point précité du 23 août 2020 sont devenues sans objet.

Sur les conclusions à fin d'annulation restant en litige :

En ce qui concerne le défaut d'information préalable :

3. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès () ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. () ".

4. L'information prévue par ces dispositions constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation.

S'agissant de l'infraction commise le 26 décembre 2016 :

5. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Il résulte de l'instruction que le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée contenait l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, informations qui doivent désormais figurer dans ces avis en application de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale issu d'un arrêté du 13 mai 2011. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

6. Il résulte du relevé d'information intégral établi au nom de Mme B que l'infraction du 26 décembre 2016 a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire correspondant à une amende forfaitaire majorée. Le ministre a versé au dossier une attestation de la trésorerie du contrôle automatisé qui précise, pour l'infraction en cause, le numéro de l'avis de contravention correspondant et le montant recouvré et la date de l'encaissement. En l'absence de tout élément produit par Mme B de nature à mettre en doute la réalité du paiement, ce document, dont les mentions sont suffisamment précises, permet d'établir que l'intéressé s'est acquitté de l'amende forfaitaire majorée afférente à cette infraction. Dans ces conditions, l'administration apporte la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable. Au surplus, le point en question a été restitué le 19 octobre 2017 comme l'indique le relevé d'information intégral, en conséquence, les conclusions dirigées contre le retrait du point précité sont devenues sans objet.

S'agissant de l'infraction commise le 6 juin 2020 :

7. D'une part, l'article R. 49-1 du code de procédure pénale prévoit, dans son II, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

8. D'autre part, depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.

9. Il résulte des procès-verbaux produits en défense que l'infraction constatée le 6 juin 2020, qui correspond à l'excès de vitesse d'au moins 20 km/h et inférieur à 30 km/h par conducteur de véhicule à moteur, a fait l'objet d'un procès-verbal électronique comportant l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, sous lesquelles la requérante n'a pas pu apposer sa signature en raison des règles sanitaires mises en œuvre pour lutter contre la covid-19. Dans ces conditions, et alors que Mme B n'en conteste pas l'exactitude, la mention " N/A " portée sur ce procès-verbal doit être regardée comme possédant la même valeur probante que la signature de l'intéressée. Par suite, le ministre de l'intérieur et des outre-mer établit, ainsi que cela lui incombe, avoir délivré à la requérante les informations préalables requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

S'agissant des infractions commises les 29 juillet 2022, 2 avril 2019 et 10 novembre 2015 :

10. Il résulte des procès-verbaux produits en défense que Mme B a apposé sa signature sur la page écran du procès-verbal électronique constatant les infractions commises les 29 juillet 2022, 2 avril 2019 et 10 novembre 2015, correspondants respectivement à l'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation, à un excès de vitesse compris entre 20 et 30 km par heure par un conducteur de véhicule à moteur et l'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation, et que cette signature revêt un caractère probant. Par suite, le ministre de l'intérieur et des outre-mer établit, ainsi que cela lui incombe, avoir délivré au requérant les informations préalables requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

S'agissant de l'infraction commise le 22 novembre 2015 :

11. L'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route précités doit porter, d'une part, sur l'existence d'un traitement automatisé des points et la possibilité d'exercer le droit d'accès et, d'autre part, sur le fait que le paiement de l'amende établit la réalité de l'infraction dont la qualification est précisée et entraîne un retrait de points correspondant à cette infraction. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.

12. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral que l'infraction du

22 novembre 2015 a été constatée par un procès-verbal électronique du 23 novembre 2015, qui est produit par le ministre à l'instance. Ce procès-verbal ne comporte pas la signature du contrevenant. Toutefois, à supposer même que Mme B ait été privé de l'information relative à l'existence d'un traitement automatisé des points et à la possibilité d'exercer un droit d'accès, lors de l'infraction qu'elle a commise le 22 novembre 2015, elle en avait, toutefois, reçu communication en signant électroniquement le procès-verbal constatant l'infraction qu'elle avait commise le 10 novembre 2015, soit 12 jours avant l'infraction du 22 novembre 2015. Il suit de là que l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers l'intéressée de son obligation d'information préalable concernant l'infraction du 10 novembre 2015.

S'agissant de l'infraction commise le 21 juillet 2018 :

13. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par un radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises en vertu des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à moins que l'intéressé à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

14. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé d'information intégral édité le 29 juin 2023, que l'infraction commise le 21 juillet 2018 pour excès de vitesse a été relevée par radar automatique puis transmise au centre national de traitement du contrôle sanction automatisé (CNT-CSA) que la requérante a payé l'amende forfaitaire relative à cette infraction. Il suit de là que l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers l'intéressée, laquelle n'apporte aucun élément pour démontrer l'inexactitude ou l'incomplétude de l'avis d'amende forfaitaire en cause, de son obligation d'information préalable.

S'agissant de l'infraction commise le 6 septembre 2018 :

15. Lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de la formalité prévue par les dispositions de l'article R. 223-3 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.

16. Il résulte tant de la décision attaquée que du relevé d'information intégral édité le 29 juin 2023 que la réalité de l'infraction relevée le 6 septembre 2018 à l'encontre de Mme B s'est établie par une condamnation pénale, prononcée par le tribunal de police de Saintes le 8 novembre 2018 et devenue définitive le 22 décembre 2018. Par suite, le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne saurait être utilement invoqué à l'encontre du retrait de points correspondant à cette infraction.

En ce qui concerne la réalité des infractions :

17. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de point est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. () ".

18. Il résulte des dispositions de l'article 530 du code de procédure pénale qu'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, lorsqu'elle est formée dans les délais et dans les formes, prévus par cet article et par l'article 529-10 du même code, entraîne l'annulation du titre exécutoire. Il appartient à l'officier du ministère public d'apprécier la recevabilité de la réclamation, sous le contrôle de la juridiction pénale devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a, par suite, entraîné l'annulation du titre. Cette preuve peut être apportée soit par un document émanant de l'autorité judiciaire, soit, au besoin, par le document intitulé " bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires ", tenu par le comptable public pour chaque contrevenant et dont la personne concernée peut obtenir communication en application de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration.

S'agissant des infractions commises le 6 juin 2020, 2 avril 2019, 26 décembre 2016, 10 novembre 2015 et 22 novembre 2015 :

19. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de Mme B, que d'une part, au titre de l'infraction commise le 26 décembre 2016, celle-ci a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée et que d'autre part, au titre des infractions constatées les 6 juin 2020, 2 avril 2019, 10 novembre 2015 et 22 novembre 2015, des condamnations pénales définitives prononcées le 14 janvier 2021 par le tribunal de police de Saintes, le 27 juin 2019 par le tribunal de police de Saintes, le 8 mars 2016 par le tribunal de police de Saintes et le 3 mars 2016 par le tribunal de police de Rochefort, sont intervenues. Si la requérante conteste le caractère définitif de ces condamnations, elle ne produit toutefois aucun élément permettant d'établir qu'elle aurait contestée la décision pénale. Si Mme B a formé une réclamation contre le titre exécutoire relatif à l'infraction commise le 6 juin 2020 auprès de l'officier du ministère public compétent, elle ne produit aucun document permettant d'établir que sa réclamation a été regardée comme recevable et a, par suite, entraîné l'annulation de ce titre. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'absence de réalité de ces infractions doit être écarté.

S'agissant de l'infraction commise le 29 juillet 2022 :

20. Mme B a fait l'objet d'une condamnation afférente à l'infraction susmentionnée, prononcée le 29 novembre 2022 par le tribunal de police de la Rochelle. La requérante soutient que cette condamnation n'est pas définitive, dès lors qu'elle a formé le 18 avril 2023 un pourvoi en cassation contre ce jugement. Toutefois, la déclaration de pourvoi produite par l'intéressée mentionne que le demandeur dispose d'un délai de 3 jours pour notifier son recours au ministère public et aux autres parties par lettre recommandée avec avis de réception et d'un délai de 10 jours pour déposer au greffe de la juridiction qui a rendu la décision attaquée, un mémoire rédigé sur timbre signé par elle, contenant ses moyens de cassation, la requérante ne justifie pas avoir accompli ces formalités et n'apporte ainsi aucun élément permettant d'attester de la réalité de son pourvoi. Mme B ne produit aucun élément permettant d'établir que son pourvoi ait été considéré comme recevable par la cour de cassation. Par suite, le jugement du tribunal de police de la Rochelle en date du 29 novembre 2022 doit être regardé comme définitif, en conséquence, la réalité de l'infraction du 29 juillet 2022 est établie.

En ce qui concerne la décision référencée 48 SI du 22 mars 2023 :

21. Faute pour Mme B d'avoir démontré l'illégalité des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 29 juillet 2022, 6 juin 2020, 23 aout 2020, 2 avril 2019, 21 juillet 2018, 26 décembre 2016, 10 novembre 2015, 22 novembre 2015 , le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision ministérielle " 48SI " du 22 mars 2023 en tant qu'elle porte invalidation de son permis de conduire, doit être écarté.

22. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision portant retrait de points sur le permis de conduire de Mme B à la suite de l'infraction commise le 23 août 2020.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

P. CLa greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions