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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2301212

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2301212

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2301212
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre - JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mai 2023, Mme A B demande au tribunal de lui accorder la remise totale de ses dettes relatives à un trop-perçu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 170,30 euros, 801 euros, 766,20 euros et 21,18 euros et relative à un trop-perçu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant restant à sa charge, après la remise partielle que lui a accordée la caisse d'allocations familiales, de 137,20 euros.

Elle soutient qu'elle se trouve dans une situation financière qui ne lui permet pas de rembourser le solde de ces dettes qui s'élève respectivement à 1 402,82 euros, 801 euros, 766,20 euros, 21,18 euros et 137,20 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2024, le département de la Charente conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- Mme B ne démontre pas sa bonne foi : elle n'a pas déclaré, à plusieurs reprises, l'intégralité des ressources de son foyer malgré des contrôles sur place à l'occasion desquels ses obligations déclaratives lui ont été rappelées ;

- en tout état de cause, elle ne démontre pas être dans une situation de précarité telle qu'elle serait dans l'incapacité de régler de manière échelonnée les dettes demeurant à sa charge.

La requête a été communiquée à la caisse d'allocations familiales de la Charente qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Dumont a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est bénéficiaire du revenu de solidarité active. Sur sa demande, par cinq décisions du 20 mars 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Charente a refusé la remise de ses dettes relatives à un trop-perçu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 170,30 euros, 801 euros, 766,20 euros et 21,18 euros et lui a accordé la remise partielle de sa dette relative à un trop-perçu de prime exceptionnelle de fin d'année à hauteur de 137,21 euros, laissant à sa charge la somme de 137,20 euros. Par sa requête, elle demande au tribunal de prononcer la remise des dettes demeurant à sa charge, soit les sommes de 1 402,82 euros, 801 euros, 766,20 euros, 21,18 euros et 137,20 euros.

2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de revenu de solidarité active, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, à l'issue d'un premier contrôle le 3 décembre 2020, lequel a révélé que Mme B avait omis de déclarer certains des revenus de son foyer, le contrôleur de la caisse d'allocations familiales lui a rappelé ses obligations déclaratives et s'est assuré qu'elle avait compris comment faire ses prochaines déclarations. Toutefois, un contrôle effectué en juin 2022 a révélé que Mme B avait, de nouveau, omis de déclarer certaines ressources et en avait également minoré. Il en résulte qu'elle ne peut donc pas être considérée comme étant de bonne foi. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de lui accorder la remise de ses dettes.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au département de la Charente et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressé à la caisse d'allocations familiales de la Charente.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

La magistrate désignée,

Signé

G. DUMONTLa greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne à la préfète de la Charente et à la ministre de la santé et des solidarités, chacune en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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