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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2301711

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2301711

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2301711
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre - JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande de Mme B, qui sollicitait la remise totale d’un indu de prime d’activité de 611,22 euros. La CAF des Deux-Sèvres lui avait déjà accordé une remise partielle de 50 % de la dette initiale. Le juge a estimé que, bien que la bonne foi de la requérante ne soit pas contestée, sa situation de précarité n’était pas suffisamment caractérisée pour justifier une remise totale, l’intéressée pouvant rembourser de manière échelonnée. La décision se fonde sur l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui subordonne la remise à la bonne foi et à la précarité du débiteur.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juillet 2023 et des pièces enregistrées le 11 août 2023, Mme A B demande au tribunal de lui accorder la remise totale de sa dette relative à un trop-perçu de prime d'activité dont le montant restant dû, après la remise partielle qui lui a été accordée, est de 611,22 euros.

Elle soutient qu'elle se trouve dans une situation financière qui ne lui permet pas de rembourser l'indu restant à sa charge.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er septembre 2023, la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'elle a déjà accordé à Mme B une remise partielle de 50 % de sa dette dont le montant dû était alors de 1 222,45 euros, que la situation de la requérante ne justifie pas une remise totale de sa dette, mais que l'échéancier de remboursement de cette dette peut être revue à la demande de la requérante.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Dumont a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, bénéficiaire de la prime d'activité, a commis des erreurs dans la déclaration de ses indemnités journalières sur la période de septembre 2022 à janvier 2023. La réintégration des ressources en cause dans le calcul du montant de la prime d'activité a généré un indu d'un montant de 1 360,48 euros qui lui a été notifié par un courrier du 13 février 2023 de la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres. Par une décision du 15 juin 2023, la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres a accordé à Mme B la remise partielle de sa dette à hauteur de 611,23 euros. Par sa requête, elle demande au tribunal de prononcer la remise de la somme de 611,22 euros demeurant à sa charge.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de prime d'activité, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. Il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales ne remet pas en cause la bonne foi de Mme B et lui a accordé une remise partielle de sa dette à hauteur de 50 % du montant initialement dû. Mme B peut prétendre à une remise totale ou partielle de la dette demeurant à sa charge en fonction de sa situation de précarité. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle se trouverait dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait procéder, de manière échelonnée, au remboursement de la dette de prime d'activité d'un montant de 611,22 euros demeurant à sa charge. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de lui accorder la remise de cette dette.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024

La magistrate désignée,

Signé

G. DUMONTLa greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Signé

S. GAGNAIRE

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