mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2302256 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 août 2023 et le 26 février 2024, M. A C demande au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2022 à raison d'un immeuble sis 16 bis, rue Léonce Vieljeux à La Rochelle (Charente-Maritime) et de condamner l'Etat au paiement des intérêts moratoires.
Il soutient que :
- la décision de rejet est entachée d'incompétence et insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que les qualités propres de son logement ne justifient aucunement une classification en catégorie 5 mais plutôt en catégorie 6, au regard du niveau de confort de son bien, tel qu'illustré par les documents versés aux débats ;
- elle est entachée d'erreur de fait, dès lors que le logement en question ne comporte pas, contrairement à ce que soutient le service, de chauffage central.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de M. C
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est propriétaire d'un bien situé 16 bis, rue Léonce Vieljeux à La Rochelle (Charente-Maritime). Ayant constaté que sa cotisation de taxe foncière au titre de l'année 2022 avait subi une augmentation supérieure à celle résultant de la revalorisation du coefficient d'actualisation et des taux d'imposition, il a présenté une réclamation le 13 juin 2023, qui a été rejetée par l'administration fiscale le 12 juillet 2023. M. C demande la réduction de l'imposition litigieuse en soutenant que l'administration fiscale a irrégulièrement augmenté la valeur locative de son bien.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, les vices qui entachent la procédure d'instruction par l'administration de la réclamation d'un contribuable et la décision prise à l'issue de cette procédure sont sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition contestée. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision de rejet de la réclamation de M. C, doivent, en tout état de cause, être écartés comme inopérants.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1496 du code général des impôts : " I. La valeur locative des locaux affectés à l'habitation () est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. II. La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune ". Aux termes de l'article 324 G de l'annexe III au même code : " I. La classification communale consiste à rechercher et à définir par nature de construction (maisons individuelles immeubles collectifs dépendances bâties isolées) les diverses catégories de locaux d'habitation existant dans la commune. () ". Aux termes de l'article 324 H de la même annexe : " I. - Pour les maisons individuelles et les locaux situés dans un immeuble collectif, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type comportant huit catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux mentionnés au tableau ci-après. () II. - Pour les dépendances bâties isolées et les divers éléments visés au II de l'article 324 G, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type spéciale comportant quatre catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux décrits au tableau ci-après. III. - Dans les cas deux cas prévus aux I et II, il peut toutefois être procédé à la création de catégories intermédiaires combinant, dans des proportions simples, deux catégories-types. IV. - Les caractéristiques physiques afférentes à chaque nature et catégorie de locaux retenus lors de la classification communale sont inscrites au procès-verbal des opérations de la révision. ". Ces critères sont le caractère architectural de l'immeuble, la qualité de la construction, la distribution du local et sa conception générale, l'équipement du local, l'impression d'ensemble donnant le caractère général de l'habitation.
4. Il ressort du procès-verbal des opérations de révision foncière du 10 octobre 2022 de la commune de La Rochelle versé au dossier par l'administration fiscale que les habitations de la catégorie 5 correspondent à des locaux " assez confortables ", dont les caractéristiques sont définies par référence à une typologie comme des immeubles de construction moderne, de 2 appartements, aux matériaux ordinaires, aux pièces normales avec couloir commun aux 2 appartements, de confort moderne, ou à un collectif de 11 étages d'aspect agréable, en béton, aux pièces de dimensions assez réduites avec mauvaise distribution, de confort moderne, à l'isolation phonique à peine suffisante, ou encore à un ancien immeuble bourgeois transformé en appartements, d'apparence vétuste, en pierre de taille, à la mauvaise distribution malgré un hall de dégagement important, de confort moderne. La catégorie 6, quant à elle, fait référence à des locaux " ordinaires " comme un immeuble du 19ème siècle fait pour la location, en moellons et tuiles, à la mauvaise distribution avec une partie des pièces sur cour intérieure, au confort sanitaire moderne mais sans chauffage central, à une construction moderne de 2 appartements de 1964, aux matériaux ordinaires, aux pièces normales mais communiquant par un couloir desservant l'autre appartement, au confort moderne, à un ancien bâtiment de ferme de 1900 transformé en appartement, aux matériaux ordinaires, aux pièces normales mais communiquant par un couloir desservant l'autre appartement, au confort moderne, à un immeuble étroit sans recherche comprenant 3 appartements de 1650, aux pierres et tuiles, à l'habitabilité difficile et doté d'une mauvaise distribution, au confort moderne.
5. Le requérant soutient que son appartement, qui a été classé dans la catégorie 5, doit être classé en catégorie 6. Toutefois, en se bornant à verser aux débats des photographies, notamment de la façade et de la pièce principale, et à soutenir que son bien ne dispose pas de pièce de réception ou de chauffage central, et que le bien est situé côté cour, sous les combles, le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir le caractère erroné de la classification de son appartement. Par suite, l'administration fiscale, qui était fondée à classer l'immeuble dans la catégorie 6 du bien du requérant, n'a commis ni erreur de fait, ni erreur de droit, ni erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de réduction de l'imposition litigieuse, ainsi que celles tendant au versement d'intérêts moratoires doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
R. BLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
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