mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2302364 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | BECHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2023, M. B A, représenté par Me Béchard, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une provision de 470,71 euros en réparation du préjudice résultant du caractère insuffisant de sa rémunération, ainsi qu'une provision de 200 euros en réparation de son préjudice moral ;
2°) d'augmenter ces provisions du montant des intérêts au taux légal à compter de sa demande préalable d'indemnisation ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 400 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- il a travaillé pendant sa détention au sein du service général, sur un emploi en classe 2, puis au service production de cet établissement, de sorte que sa rémunération minimale devait être fixée à 25% du SMIC horaire dans le premier cas et à 45% du taux du SMIC horaire dans le second cas ;
- en application des dispositions de l'article R. 381-105 du code de la sécurité sociale, les cotisations salariale et patronale pour un travail dans les services généraux sont intégralement prises en charge par l'administration, de sorte qu'il a droit à un rappel de 2,61 euros au titre du mois de janvier 2022 ; il a également droit, pour son travail au service production, à un rappel de 168,18 euros au titre du mois de mars 2022, de 160,77 euros au titre du mois d'avril 2022 et de 140,02 euros au titre du mois de mai 2022 ;
- il a droit à une réparation à hauteur de 200 euros pour les conséquences de ces erreurs de rémunération sur la répartition des sommes gagnées, définie par l'article D.332-12 du code pénitentiaire, entre l'indemnisation des parties civiles et le pécule de libération.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut à ce qu'il soit fait droit à la demande de M. A à hauteur de la somme de 388,43 euros et au rejet du surplus.
Il soutient que :
- le salaire des détenus est assujetti à la contribution sociale généralisée et à la contribution pour le remboursement de la dette sociale et est soumis aux cotisations rappelées par l'article R. 381-105 du code de la sécurité sociale pour le travail dans les ateliers ;
- le préjudice moral invoqué n'est pas établi.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a travaillé en janvier, mars, avril et mai 2022 au sein du centre de détention de Neuvic-sur-L'Isle dans lequel il était alors détenu. Par lettre en date du 19 avril 2023 adressée par son conseil à la direction de l'administration pénitentiaire et reçue le 21 avril 2023, il a demandé le versement d'un rappel de salaire de 470,71 euros, ainsi que le versement d'une somme de 200 euros à titre de dommages-intérêts. En réponse, par une lettre en date du 26 juin 2023, l'administration pénitentiaire lui a proposé le versement de la somme de 388,43 euros après un nouveau calcul de sa rémunération. M. A, qui n'a pas accepté cette proposition, demande la condamnation de l'Etat à lui verser une provision de 470,71 euros en réparation du préjudice résultant du caractère insuffisant de sa rémunération, ainsi qu'une provision de 200 euros en réparation de son préjudice moral.
Sur les conclusions tendant au versement d'une provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
3. Aux termes de l'article D. 432-1 du code de procédure pénale, dans sa rédaction applicable au litige : " [] la rémunération du travail effectué au sein des établissements pénitentiaires par les personnes détenues ne peut être inférieure au taux horaire suivant : / 45 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance pour les activités de production ; / () 25 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance pour le service général, classe II ; / [] ".
4. Il résulte de l'instruction que M. A a occupé un emploi en classe II au sein du service général de l'établissement pénitentiaire en janvier 2022, puis un emploi en qualité d'opérateur à l'atelier de l'établissement en mars, avril et mai 2022. Au soutien de sa requête, il se prévaut à bon droit des dispositions de l'article R. 381-105 du code de la sécurité sociale, qui prévoient que : " Lorsque le travail est effectué pour le compte de l'administration et rémunéré sur les crédits affectés au fonctionnement des services généraux, les cotisations, salariale et patronale, sont intégralement prises en charge par l'administration. [] ". Toutefois, l'intéressé n'a travaillé qu'un mois, pour un total de 87 heures au sein du service général. En outre, ainsi que le fait valoir le ministre de la justice en défense, la rémunération perçue par les personnes détenues en contrepartie du travail qu'elles effectuent entre dans l'assiette de la contribution sociale généralisée et de la contribution pour le remboursement de la dette sociale. Dans ces conditions, l'existence de l'obligation dont se prévaut le requérant au titre d'un rappel de rémunération ne présente un caractère non sérieusement contestable qu'à hauteur de la somme de 388,43 euros proposée par le ministre de la justice dans sa lettre en date du 26 juin 2023. Par ailleurs, le requérant n'établit pas avoir subi un préjudice moral. Il y a lieu, dès lors, de condamner l'Etat à lui verser une provision de 388,43 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 21 avril 2023, date de réception par l'administration pénitentiaire de la demande préalable mentionnée au point 1.
Sur les frais d'instance :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande Me Béchard au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A une provision de 388,43 euros.
Article 2 : La somme mentionnée à l'article 1er portera intérêts au taux légal à compter du 21 avril 2023.
Article 3 : Les conclusions présentées par Me Béchard au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au garde des sceaux, ministre de la justice, et à Me Béchard.
Fait à Poitiers, le 12 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
A. C
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026