lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2302371 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2023 et un mémoire enregistré le 20 juin 2024, M. C B demande au tribunal d'annuler la décision du 6 juillet 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Charente a rejeté sa demande de carte mobilité inclusion mention stationnement.
Il soutient qu'il justifie de son incapacité permanente supérieure ou égale à 10% et qu'il lui est difficile de porter des charges et de pousser un chariot de courses.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2024, le département de la Charente conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute d'être accompagnée de l'acte attaquée et en ce qu'elle est dénuée de moyens ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " le 17 novembre 2022. Par une décision du 9 mars 2023, suivant l'avis défavorable de l'équipe pluridisciplinaire de la maison départementale des personnes handicapées, le président du conseil départemental de la Charente a rejeté sa demande. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 6 juillet 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Charente a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision refusant de faire droit à sa demande.
2. Aux termes du I de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. [] 3° La mention "stationnement pour personnes handicapées" est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ". Aux termes du IV de l'article R. 241-12-1 du même code : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ".
3. En vertu de l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017, pris pour l'application de ces dispositions, le critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied, lesquelles s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur, est rempli lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou lorsqu'elle a systématiquement recours pour ses déplacements extérieurs soit à une aide humaine, soit à une prothèse de membre inférieur, soit à une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur), soit à un fauteuil roulant, y compris lorsqu'elle le manœuvre seule et sans difficulté, soit enfin à une oxygénothérapie. La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour l'attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte de stationnement pour personnes handicapées ou d'une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre des parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
5. Pour contester la décision en litige, M. B fait valoir qu'il lui est difficile de porter des charges et de pousser un chariot de courses. Toutefois, le certificat médical daté du 7 octobre 2022 produit par M. B à l'appui de sa demande de carte mobilité inclusion indique que l'intéressé souffre de douleurs régulières dans le bras droit mais qu'il dispose d'un périmètre de marche de 500 mètres, qu'il n'a pas de ralentissement moteur, ni besoin de pause ou d'accompagnement dans ses déplacements extérieurs. Ses capacités pour marcher et se déplacer en extérieur sont classées en A ce qui correspond à l'absence de difficulté et de besoin d'aide. Le requérant produit également dans le cadre de l'instance un certificat médical daté du 9 mai 2023 qui indique qu'il présente un tableau d'épicondylite et d'épitrochléite droite entrainant le lâchage d'objet fréquent et des douleurs au coude. M. B n'apporte toutefois pas ainsi d'éléments suffisants s'agissant de ses capacités de déplacement permettant de démontrer qu'il remplirait les critères d'éligibilité prévus par les dispositions précitées du I de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et de l'arrêté du 3 janvier 2017 ouvrant droit au bénéfice de la carte sollicitée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur sa recevabilité.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au département de la Charente.
Copie en sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées de la Charente.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. ALe greffier,
signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE
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