lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2302641 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 septembre 2023, M. E D et Mme C B s'opposent à la contrainte d'un montant de 814,70 euros signifiée le 26 septembre 2023 par la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime pour le recouvrement d'un indu de prime d'activité au titre du mois de février à juillet 2022.
Ils soutiennent que :
- les sommes réclamées ne coïncident pas alors que l'allocation de rentrée scolaire de leur fille a été retenue pour un montant de 420 euros, qu'ils ne bénéficient plus de versement de la prime d'activité et qu'ils ont de leur côté remboursé 30 euros ;
- ils rencontrent des difficultés alors que Mme B est au chômage et compte tenu de son état de santé.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime a notifié à Mme B un trop-perçu de prime d'activité (PPA) d'un montant de 837,18 euros au titre de la période de février à juillet 2022. Par la présente requête, M. E D et Mme C B s'opposent à la contrainte, d'un montant de créance principale de 733,06 euros augmenté des frais conduisant à un montant total de 814,70 euros, qui leur a été signifiée le 26 septembre 2023 pour le recouvrement de cet indu.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. ". L'article L. 842-3 du même code dispose que : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer () ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ". L'article L. 842-4 de ce code précise que : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; / 3° L'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à titre gratuit, déterminé de manière forfaitaire ; / 4° Les prestations et les aides sociales, à l'exception de certaines d'entre elles en raison de leur finalité sociale particulière ; / 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu. ". Enfin, selon l'article R. 846-5 du même code " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ".
4. Pour demander la décharge de l'obligation de payer résultant d'une contrainte, le requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, la quotité et sur l'exigibilité de la créance de la caisse d'allocations familiales.
5. L'indu en litige trouve son origine dans le défaut de déclaration par Mme B d'indemnités journalières et de pension d'invalidité entre novembre 2021 et février 2022. Pour contester le montant qui leur est réclamé par la contrainte en litige les requérants font valoir que l'allocation de rentrée scolaire de leur fille a été retenue pour un montant de 420 euros, qu'ils ne bénéficient plus de versement de la prime d'activité et qu'ils ont de leur côté remboursé 30 euros.
6. La caisse d'allocations familiales fait valoir sans être contredite que la somme de 420 euros d'allocation de rentrée scolaire a bien été prélevé et affectée à hauteur de 104,12 euros pour rembourser l'indu en litige alors que le surplus a été affecté au remboursement d'une autre dette. Elle indique par ailleurs que l'interruption du versement de la prime d'activité s'explique par le fait que les requérants ont cessé de transmettre leurs déclarations trimestrielles de sorte que leur dossier n'a pas pu être mis à jour. Enfin, si les requérants produisent un justificatif indiquant qu'ils ont versé le 18 septembre 2023 la somme de 30 euros, ils ne justifient pas avoir communiqué à la caisse d'allocations familiales que leur intention était d'affecter cette somme au règlement de la dette en litige.
7. Par ailleurs, si les requérants se prévalent de la situation de chômage de Mme B et de son état de santé, ces arguments sont inopérants pour contester la contrainte en litige.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D et Mme B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de M. D et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, premier dénommé, et à la ministre du travail et de l'emploi.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. ALe greffier,
signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE
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