Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté l'opposition formée par M. A... contre une contrainte de Pôle emploi visant à recouvrer un indu d'allocation de solidarité spécifique. Le requérant invoquait sa précarité financière et sa bonne foi, mais ces moyens ont été jugés inopérants dans le cadre d'une opposition à contrainte. Son argument d'une erreur de l'administration n'était pas suffisamment précisé, et malgré une demande de régularisation, il n'a pas fourni d'éléments sur le bien-fondé de la créance. La requête a donc été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2023, M. B... A... forme opposition à la contrainte n°ES392300341 - C435931N émise à son encontre par Pôle emploi Nouvelle Aquitaine le 5 octobre 2023 en vue du recouvrement de l’indu d’allocation de solidarité spécifique qui lui a été servie pour la période du 1er septembre 2019 au 31 mars 2020.
Il soutient que :
- dès qu’il a été avisé de l’existence de cet indu, il a contacté les agents de Pôle emploi qui lui ont assuré qu’il s’agissait d’une erreur de leur part ;
- il n’a pas les moyens de rembourser sa dette ;
- il est de bonne foi.
Vu :
- la demande de régularisation adressée à M. A... le 20 novembre 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes, d’une part, de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents des formations de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (…) les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…) ».
Aux termes, d’autre part, de l’article R. 772-6 du même code, applicable en matière de contentieux sociaux : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ». (...) ».
2. A l’appui de sa requête, M. B... A... invoque la précarité de sa situation financière et sa bonne foi. De tels moyens, qui n’ont pas trait à la régularité de la contrainte émise ou au bien-fondé de la créance dont le paiement est recherché, sont inopérants dans le cadre d’une opposition à contrainte. Par ailleurs, le requérant soutient que les agents de Pôle emploi qu’il a contactés auraient reconnu que l’indu provenait d’une erreur de leur part. Ce moyen n’est cependant pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par un courrier du 20 novembre 2024 adressé en recommandé avec accusé de réception qui lui a été notifié le lendemain, M. A... a été invité à régulariser sa requête à l’aide d’un formulaire mis à sa disposition par la juridiction administrative et contenant l'ensemble des informations requises mentionnées au premier alinéa de l’article R. 772-6 du code de justice administrative. Malgré cette demande, il n’a produit aucun autre moyen tenant notamment au bien-fondé de la contrainte attaquée, ni aucun élément de nature à compléter la motivation de sa demande. Par suite, sa requête doit être rejetée en application des dispositions du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Copie en sera transmise pour information à France Travail.
Fait à Poitiers, le 9 janvier 2025.
Le président de la 1ère chambre,
signé
L. Campoy
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER