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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2302989

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2302989

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2302989
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre - JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande de Mme C et M. A, qui sollicitaient la remise totale du solde d’un trop-perçu de revenu de solidarité active (RSA) de 1 149,94 euros, après une remise partielle déjà accordée. Saisi en plein contentieux sur le fondement de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, le juge a estimé que, malgré la bonne foi des requérants, leur situation de précarité n’était pas suffisamment caractérisée pour justifier une remise supplémentaire, compte tenu de leur capacité à rembourser de manière échelonnée selon l’échéancier proposé par la caisse d’allocations familiales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 octobre 2023, Mme B C et M. D A demandent au tribunal de leur accorder la remise totale de la dette relative à un trop-perçu de revenu de solidarité active d'un montant restant à leur charge, après la remise partielle que leur a accordée la caisse d'allocations familiales, de 1 149,94 euros.

Ils doivent être regardés comme soutenant qu'ils se trouvent dans une situation financière qui ne leur permet pas de rembourser le solde de cette dette.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 février 2024, le département de la Vienne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- une remise partielle à hauteur de 50 % de la dette initialement due par les requérants leur a été accordée ;

- ils sont en capacité de régler de manière échelonnée, à raison de 84 euros par mois, la somme demeurant à leur charge.

La requête a été communiqué à la caisse d'allocations familiales de la Vienne qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Dumont a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C et M. A sont bénéficiaires du revenu de solidarité active en tant que concubins ayant trois enfants à leur charge. Ils ont commis des erreurs dans leurs déclarations de ressources en 2021 en ne déclarant pas celles perçues par l'un des enfants déclarés à charge, puis en ne déclarant pas qu'il n'était plus à leur charge. La prise en compte de ces différents éléments a entraîné un nouveau calcul de leurs droits pour la période du 1er juin 2021 au 31 mai 2022 et un indu d'un montant initial de 2 299,88 euros leur a été notifié le 6 mars 2023. Sur leur demande, le président du conseil départemental de la Vienne leur a accordé la remise partielle de cette dette à hauteur de 50 %. Par leur requête, ils demandent au tribunal de prononcer la remise de la dette demeurant à leur charge.

2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de revenu de solidarité active, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. En l'espèce, si la bonne foi des requérants peut être considérée comme établie, il ne résulte pas de l'instruction qu'ils se trouvent dans une situation de précarité telle qu'ils ne pourraient rembourser, de manière échelonnée selon l'échéancier proposé par la caisse d'allocations familiales, la somme restant à leur charge après remise partielle de leur dette. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de leur accorder la remise de leur dette.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C et M. A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme C et M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, première dénommée, et au département de la Vienne.

Copie en sera adressé à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

G. DUMONTLa greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Signé

S. GAGNAIRE

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