mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2303082 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | TOURNOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2023, M. D C, représenté par Me Michel Tournois, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 31 janvier 2022 par lequel le ministre de l'intérieur a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de l'exclusion de fonctions d'une durée de douze mois dont trois mois avec sursis, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;
2°) d'ordonner au ministre de l'intérieur de rétablir le versement de son traitement, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
M. C soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; en effet, l'arrêté qu'il conteste le prive de son traitement, alors même qu'il est en état dépressif, qu'il souffre d'hypertension, que son fils lycéen est à sa charge et qu'il doit faire face à des mensualités de 595,49 euros pour le remboursement d'un emprunt ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision prise à son encontre ;
- en effet, l'arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente et il est insuffisamment motivé ;
- le délai séparant la réunion du conseil de discipline de l'édiction de la sanction et surtout de la notification de cette sanction a été excessif et méconnait, à titre principal, le principe général qui impose un délai raisonnable pour la notification d'une décision disciplinaire et, à titre subsidiaire, l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 devenu l'article L. 532-2 du code général de la fonction publique qui impose un délai maximum de trois ans entre la prise de connaissance des faits par l'autorité administrative et l'engagement de la procédure disciplinaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- il n'existe pas de doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté ;
- en effet, il a été signé par une autorité compétente et est suffisamment motivé ;
- le délai séparant la date de la décision de la date de sa notification est sans influence sur sa légalité ; en tout état de cause, l'importance de ce délai résulte du placement de l'intéressé en congé de maladie du 24 janvier 2022 au 23 juillet 2023 ;
- Mme F a déposé plainte le 15 mars 2018 et a complété cette plainte le 11 juillet 2018 ; l'enquête administrative a été décidée le 15 novembre 2019 ; en raison de la procédure pénale, le délai de prescription a été interrompu et n'a recommencé à courir qu'à compter de l'ordonnance d'homologation rendue le 2 juillet 2020 par le tribunal judiciaire d'Angers, de sorte que le délai de prescription de trois ans prévu par l'article L. 532-2 du code général de la fonction publique n'a pas été méconnu ;
- les faits de consultation à des fins personnelles du système d'immatriculation des véhicules sont établis par l'ordonnance d'homologation du 2 juillet 2020 devenue définitive et confirmés par les résultats de l'enquête administrative ; il en va de même des faits de harcèlement malveillant à l'encontre de Mme F ;
- l'administration a fait preuve d'indulgence dans le choix de la sanction disciplinaire infligée au requérant.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 10 novembre 2023 sous le numéro 2303081 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le décret du 24 juillet 2019 portant nomination de M. B A en qualité de directeur des ressources et des compétences de la police nationale à l'administration centrale du ministère de l'intérieur ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Chantecaille, greffier d'audience, M. E a lu son rapport et entendu :
- Me Tournois, représentant M. C, qui reprend l'ensemble de ses moyens et fait valoir que le ministère de l'Intérieur a changé de dénomination et qu'il n'est pas établi que la délégation accordée au signataire de l'arrêté contesté l'ait été valablement.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, brigadier-chef de police affecté à la compagnie républicaine de sécurité n° 19 de La Rochelle, demande la suspension de l'exécution de l'arrêté du 31 janvier 2022 par lequel le ministre de l'intérieur a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de l'exclusion de fonctions d'une durée de douze mois dont trois mois avec sursis. Il forme également des conclusions à fin d'injonction tendant à ce qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de rétablir le versement de son traitement, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".
3. A l'appui de sa requête, M. C fait valoir que l'arrêté du 31 janvier 2022 qu'il conteste a été signé par une autorité incompétente et qu'il est insuffisamment motivé. En l'état de l'instruction, aucun de ces moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
4. M. C ajoute que le délai séparant la réunion du conseil de discipline de l'édiction de la sanction et surtout de la notification de cette sanction a été excessif et méconnait, à titre principal, le principe général qui impose un délai raisonnable pour la notification d'une décision disciplinaire et, à titre subsidiaire, l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 devenu l'article L. 532-2 du code général de la fonction publique, qui impose un délai maximum de trois ans entre la prise de connaissance des faits par l'autorité administrative et l'engagement de la procédure disciplinaire. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires en vigueur à la date de la décision attaquée : " Aucune procédure disciplinaire ne peut être engagée au-delà d'un délai de trois ans à compter du jour où l'administration a eu une connaissance effective de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits passibles de sanction. En cas de poursuites pénales exercées à l'encontre du fonctionnaire, ce délai est interrompu jusqu'à la décision définitive de classement sans suite, de non-lieu, d'acquittement, de relaxe ou de condamnation. Passé ce délai et hormis le cas où une autre procédure disciplinaire a été engagée à l'encontre de l'agent avant l'expiration de ce délai, les faits en cause ne peuvent plus être invoqués dans le cadre d'une procédure disciplinaire. ".
5. Eu égard à la procédure pénale engagée contre M. C à la suite de la plainte déposée par Mme F en mars 2018 et ayant abouti à l'ordonnance du président du tribunal judiciaire d'Angers du 2 juillet 2020 portant homologation de la proposition de peine de 5 mois d'emprisonnement avec sursis formée par le procureur de la République et dès lors que le délai séparant l'édiction de l'acte attaqué de sa notification est sans influence sur la légalité de cet acte, le moyen mentionné au point 4 n'est pas de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de cet arrêté doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées par le requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. ;
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Poitiers, le 5 décembre 2023.
Le juge des référés,
Signé
A. E
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026