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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2303165

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2303165

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2303165
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre - JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande de M. B A, qui contestait le refus du préfet de la Loire-Atlantique d’échanger son permis de conduire marocain contre un permis français. Le tribunal a jugé que M. A, ressortissant français, avait acquis sa résidence normale en France le 30 juillet 2020, et que sa demande d’échange, présentée le 19 juillet 2023, était tardive au regard du délai d’un an prévu par l’article R. 222-3 du code de la route et l’arrêté du 12 janvier 2012. Les pièces fournies par le requérant n’ont pas permis de démontrer une résidence à l’étranger d’au moins 185 jours par an après 2020.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 novembre 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 6 novembre 2023 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'échanger son permis de conduire marocain contre un permis français.

Il soutient que :

- il n'a pas été informé par la préfecture du délai d'un an qui lui était imparti pour demander l'échange de son permis de conduire à compter de l'acquisition de sa résidence en France ;

- en tout état de cause, ce délai n'a pas pu commencer à courir en 2020 dès lors qu'il ne justifie pas de plus de six mois de présence en France en 2020 alors qu'il était au Maroc, et n'a pu bénéficier d'une résidence sur le territoire qu'à compter du 26 octobre 2023.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2024, le préfet de la région Pays de la Loire, préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a présenté le 19 juillet 2023 une demande auprès du centre d'expertise et de ressources des titres de la préfecture de la Loire-Atlantique afin d'échanger son permis de conduire marocain contre un permis de conduire français. Le préfet de la Loire-Atlantique, a rejeté sa demande par une décision du 6 novembre 2023, dont M. A demande l'annulation.

2. D'une part, aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3 Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen : " I. - Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. II. - () C.- Pour les Français, y compris ceux possédant également la nationalité de l'Etat ayant délivré le titre, la résidence normale en France est présumée, à charge pour eux d'apporter la preuve contraire. () ".

4. Il résulte de ces dispositions que la demande d'échange d'un permis de conduire étranger doit être présentée dans le délai d'un an suivant l'acquisition de la résidence normale en France qui est présumée pour un ressortissant français, à charge pour lui d'apporter la preuve contraire en justifiant de son lieu de résidence à l'étranger pendant au moins 185 jours par année civile.

5. Pour rejeter la demande d'échange de permis de conduire marocain contre un permis de conduire français présentée le 19 juillet 2023 par M. A, ressortissant français, le préfet de la Loire-Atlantique lui a opposé la circonstance qu'il résidait habituellement en France depuis le 30 juillet 2020 et que sa demande, introduite plus d'un an après le délai de rigueur, était donc tardive. Pour justifier qu'il n'a acquis sa résidence habituelle sur le territoire français qu'à compter du 26 octobre 2023, M. A produit une quittance de loyer d'un logement à Poitiers pour la période du 1er au 31 octobre 2023, et se borne à soutenir qu'il a été absent du territoire français plus de six mois en 2020, et qu'il n'a pas eu de domicile fixe jusqu'au 26 octobre 2023. A l'appui de sa demande d'échange, il avait fourni la copie de son passeport, indiquant des entrées et sorties sur le territoire marocain les 20 juillet 2019, 28 janvier 2020 et 30 juillet 2020, ainsi qu'une notification d'allocation d'adulte handicapé de novembre 2020, date à laquelle il était domicilié à Lens. Dans ces conditions, à supposer même que M. A ait été absent du territoire français entre le 28 janvier et le 30 juillet 2020, soit, en tout état de cause, 184 jours, il ne justifie pas avoir résidé à l'étranger au cours des années suivantes, 2021 et 2022, au moins 185 jours. Il doit donc être regardé comme ayant établi sa résidence en France depuis le 30 juillet 2020. Ainsi, la demande d'échange de permis de conduire qu'il a présentée le 19 juillet 2023 a été introduite tardivement. Par suite, et alors que l'arrêté du 12 janvier 2012 ne prévoit aucune dérogation à la durée du délai qu'il fixe pour la demande d'échange de permis de conduire, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas méconnu les dispositions citées aux points 2 et 3 du présent jugement en rejetant la demande d'échange de permis de conduire de M. A.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées.

DECIDE :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie sera adressée au préfet de la région Pays de la Loire, préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

S. GIBSON-THERYLa greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

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