lundi 16 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2303240 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 novembre 2023, un mémoire enregistré le 9 janvier 2024, qui n'a pas été communiqué, un mémoire enregistré le 5 avril 2024, ainsi que des mémoires enregistrés les 29 mai, 25 juillet et 25 novembre 2024, qui n'ont pas été communiqués, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 3 août 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres a rejeté son recours administratif préalable contre la décision du 8 juin 2023 par laquelle le département des Deux-Sèvres lui a octroyé 16 heures par mois dans le cadre de l'allocation personnalisée d'autonomie à domicile sur la période du 1er juin 2023 au 31 mai 2024.
Il doit être regardé comme soutenant que les 16 heures prévues par le plan d'aide sont insuffisantes.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2024, le département des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en tant qu'elle est tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 ;
- le décret n° 2018-928 du 29 octobre 2018 ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Dumont a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, bénéficiaire de l'aide personnalisée à l'autonomie, a sollicité le renouvellement du plan d'aide à domicile dont il bénéficiait à hauteur de 20 heures par mois. Après évaluation de ses besoins, le département des Deux-Sèvres a, par une décision du 8 juin 2023, décidé de lui accorder 16 heures d'aide à domicile. Par sa requête, il demande l'annulation de la décision du 3 août 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental a rejeté son recours administratif préalable contre cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le requérant a formé le 16 juin 2023 un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 8 juin 2023 lui notifiant le nombre d'heures mensuelles qui lui étaient attribuées au titre de l'aide à domicile dans le cadre de l'allocation personnalisée d'autonomie dont il bénéficie. Par un courrier du 23 juin 2023, le département des Deux-Sèvres a accusé réception de ce recours administratif préalable obligatoire et a informé M. B des voies et délais de recours applicables dans l'hypothèse où une décision implicite de rejet de ce recours naîtrait du silence gardé par l'administration. Enfin, il résulte également de l'instruction que la décision du 3 août 2023 par laquelle le département a rejeté son recours préalable, dont M. B a eu connaissance au plus tard le 14 août 2023, comporte également la mention des voies et délais de recours. M. B ayant introduit sa requête le 23 novembre 2023, soit au-delà du délai de deux mois prévu par les dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, ses conclusions sont tardives et, par suite, irrecevables. La fin de non-recevoir opposée en défense tirée de la tardiveté de sa requête doit ainsi être accueillie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département des Deux-Sèvres.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
G. DUMONTLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE
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