jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2303250 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre - JU |
| Avocat requérant | CABINET CHANGEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 novembre 2023, M. D A, représenté par la SELARL Cabinet Changeur, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée 48 SI du 2 janvier 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de créditer son permis de conduire de quatre points correspondant au stage de récupération de points qu'il a effectué les 9 et 10 mai 2023, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision 48 SI du 2 janvier 2023 est illégale dès lors que les quatre points qu'il a récupérés lors de son stage de récupération de points, effectué les 9 et 10 mai 2023, auraient dû être pris en compte en l'absence de notification de cette décision avant son stage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 janvier 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables en raison de leur tardiveté ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 2 janvier 2023 référencée 48 SI par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul et lui a enjoint de le restituer aux services préfectoraux de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa notification.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". L'article R. 421-5 du même code dispose que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Si le ministre de l'intérieur soutient que la décision 48 SI du 2 janvier 2023 doit être regardée comme ayant été notifiée au requérant le 31 janvier 2023, date à laquelle le pli contenant la décision a été avisé au domicile des parents du requérant et " refusé " par son destinataire, ainsi que le mentionne la case cochée par les services postaux, il résulte toutefois de l'instruction que, par un courrier non daté puis par un second courrier daté du 26 janvier 2024 et signé, la responsable de la zone de distribution du domicile des parents du requérant de la Poste atteste que l'agent de distribution " a effectué une erreur concernant le motif de retour " du pli en litige, le motif exact étant que le destinataire est inconnu à l'adresse et non que le pli a été refusé. En outre, la tante du requérant certifie par un document daté du 27 juillet 2023, l'héberger depuis le 1er septembre 2022, à une adresse située à Soyaux. Dans ces conditions, quand bien même la décision 48 SI en litige contient les mentions des voies et délais de recours qui lui sont applicables, elles ne peuvent être regardées comme étant opposables au requérant en l'absence de notification-même de cette décision. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le ministre tirée de la tardiveté de la requête de M. B A doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-1, L. 223-3 et L. 223-6 du code de la route que les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nuls, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou qu'il n'a commis aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points pendant une certaine période.
5. Il appartient au juge administratif, saisi d'une contestation portant sur un retrait de points du permis de conduire, lequel constitue une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer sur cette contestation comme juge de plein contentieux. Il en va de même lorsque le juge est saisi d'un recours contre une décision constatant la perte de validité d'un permis de conduire pour solde de points nul. Dans le cas où il apparaît que le solde des points était nul à la date à laquelle une telle décision est intervenue mais que, faute pour l'administration de l'avoir rendue opposable en la notifiant à l'intéressé, celui-ci a pu ultérieurement remplir les conditions pour bénéficier d'une reconstitution totale ou partielle de son capital de points, il appartient au juge de prononcer l'annulation de la décision.
6. Il résulte de l'instruction que M. B A a saisi le ministère de l'intérieur par un courrier du 27 juillet 2023 afin de recevoir communication de la décision 48 SI mentionnée dans son relevé d'information intégral enregistrée le 7 mars 2023 avec un accusé de réception au 31 janvier précédent, et de demander que les quatre points obtenus à l'issue de son stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 9 et 10 mai 2023 soient crédités sur son permis de conduire. Cette demande n'a pas reçu de réponse expresse de la part du ministre de l'intérieur. Ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, l'administration n'établit pas avoir notifié au requérant la décision 48 SI en litige au 31 janvier 2023, ni à une date ultérieure. Dans ces conditions, il appartenait à l'administration, informée du stage de sensibilisation à la sécurité routière suivi par M. B A les 9 et 10 mai 2023, de créditer son permis de conduire des quatre points qu'il avait récupérés à l'issue de ce stage. Par suite, M. B A peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant une reconstitution partielle de points dès lors qu'il a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
7. Il résulte de ce qui précède que la décision référencée 48 SI du 2 janvier 2023 constatant l'invalidité du permis de conduire du requérant en raison d'un solde de points nul doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision 48 SI du 2 janvier 2023 implique nécessairement, compte tenu de l'absence de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, que le permis de conduire de M. B A soit crédité des quatre points correspondant au stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a effectué les 9 et 10 mai 2023, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros au titre des frais exposés par M. B A et non compris dans les dépens
DECIDE :
Article 1 : La décision référencée 48 SI du 2 janvier 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de créditer le permis de conduire de M. B A de quatre points correspondant au stage qu'il a suivi les 9 et 10 mai 2023, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B A une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé
S. GIBSON-THERYLa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026