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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2303276

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2303276

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2303276
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre - JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande de Mme B, qui sollicitait la remise totale d’une dette de 1 004,77 euros relative à un trop-perçu d’allocation personnelle au logement. La requérante invoquait sa bonne foi, l’indu résultant d’un retard de la caisse d’allocations familiales dans la prise en compte de la situation professionnelle de son époux. Si le tribunal a reconnu sa bonne foi, il a estimé qu’elle n’apportait aucun élément justifiant de sa situation de précarité financière, condition nécessaire pour obtenir une remise gracieuse sur le fondement des articles L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 novembre 2023, Mme A B demande au tribunal de lui accorder la remise totale de sa dette, relative à un trop-perçu d'allocation personnelle au logement, d'un montant restant à sa charge de 1 004,77 euros.

Elle soutient qu'elle n'est pas responsable de la dette en cause, laquelle trouve son origine dans la prise en compte tardive par la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie, à laquelle elle était alors affiliée, du statut de gérant salarié de son époux.

La requête a été communiquée à la caisse d'allocations familiales de la Charente qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Dumont a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, alors affiliée à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie, s'est vue notifier le 26 novembre 2022 une dette d'un montant de 6 892 euros correspondant à un indu d'aide personnelle au logement. Sur sa demande, par une décision du 28 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Charente, département dans lequel elle réside désormais, a accordé à Mme B une remise partielle de la dette de 2 853,94 euros demeurant encore à sa charge, à hauteur de la somme de 1 426,97 euros. Par sa requête, la requérante demande au tribunal de prononcer la remise de la dette d'un montant de 1 004,77 euros demeurant à sa charge.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement/ () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de prestation sociale, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu dont Mme B demande la remise trouve son origine dans le retard mis par la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie à prendre en compte le statut de gérant salarié de son époux. La bonne foi de Mme B est ainsi établie et elle peut, en conséquence, prétendre à une remise gracieuse totale ou partielle de sa dette en fonction de sa situation de précarité. Toutefois, elle n'apporte aucun élément de nature à établir sa situation financière et à justifier qu'elle n'est pas en capacité de rembourser, de manière échelonnée à raison de 75 euros par mois, la dette demeurant à sa charge. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de lui accorder la remise de ses dettes.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales de la Charente.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

G. DUMONTLa greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui la concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Signé

S. GAGNAIRE

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