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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2303390

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2303390

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2303390
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre - JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. B contestant un indu de prime d'activité de 837,50 euros. Le requérant, apprenti, soutenait avoir droit à cette prestation, mais la CAF a démontré qu'après déduction des indemnités kilométriques et frais de repas, ses revenus étaient inférieurs au plafond légal requis. En application des articles L. 842-2 et R. 512-2 du code de la sécurité sociale, les apprentis ne peuvent bénéficier de la prime d'activité que si leurs revenus professionnels mensuels excèdent 55% du SMIC. La décision de la commission de recours amiable du 19 octobre 2023 a donc été confirmée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces enregistrées les 13 décembre 2023 ainsi que les 3, 19 et 25 janvier 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 19 octobre 2023 par laquelle le président de la commission de recours amiable a rejeté son recours dirigé contre l'indu de prime d'activité de 837,50 euros qui lui a été notifié le 9 juin 2023.

Il soutient qu'il avait droit à la prime d'activité en sa qualité d'apprenti et qu'il a, en outre, déclaré des salaires plus élevés que ceux effectivement perçus.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 mars 2024, la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que, à l'occasion d'une régularisation du dossier du requérant relatif à ses revenus, il est apparu qu'il ne remplissait pas les conditions permettant aux apprentis de bénéficier de la prime d'activité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Dumont a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a bénéficié de la prime d'activité à la suite de sa demande effectuée le 22 novembre 2022. A la suite de la mise à jour de ses ressources, M. B ayant déclaré des indemnités kilométriques et frais de repas qui devaient être déduits, il est apparu que ses revenus étaient inférieurs à ceux exigés pour permettre à un apprenti de bénéficier de la prime d'activité. Par un courrier du 9 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres lui a, en conséquence, notifié un indu de prime d'activité de 837,50 euros pour la période du 1er novembre 2022 au 31 mai 2023. Par une réclamation du 13 juin 2023, M. B a contesté le bien-fondé de cet indu. Par une décision du 19 octobre 2023, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres a rejeté son recours. Par sa requête, M. B demande l'annulation de cette décision.

2 . Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

3 . D'une part, aux termes de l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat. ". Aux termes de l'article L. 842-2 du même code : " Le droit à la prime d'activité est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : () / 2° Etre français ou titulaire depuis au moins cinq ans d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : / 3° Ne pas être élève, étudiant, stagiaire, au sens de l'article L. 124-1 du code de l'éducation, ou apprenti, au sens de l'article L. 6211-1 du code du travail. Cette condition n'est pas applicable aux personnes dont les revenus professionnels excèdent mensuellement, pendant la période de référence mentionnée à l'article L. 843-4 du présent code, le plafond de rémunération mentionné au 2° de l'article L. 512-3 ; elle ne l'est pas non plus aux personnes ayant droit à la majoration prévue à l'article L. 842-7 ; () ". En vertu de l'article L. 842-3 du même code, la prime d'activité permet d'atteindre, en complément de revenus professionnels, un plafond forfaitaire déterminé par décret.

4 . D'autre part, aux termes de l'article L. 512-3 du code de la sécurité sociale : " Sous réserve des règles particulières à chaque prestation, ouvre droit aux prestations familiales : / () / 2°) après la fin de l'obligation scolaire, et jusqu'à un âge limite, tout enfant dont la rémunération éventuelle n'excède pas un plafond. () ". Aux termes de l'article R. 512-2 du même code : " () Le plafond de rémunération mentionné au 2° de l'article L. 512-3 est égal, pour un mois, à 55 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance défini aux articles L. 141-1 à L. 141-9 du code du travail, multiplié par 169. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 843-1 du même code : " I. - Le montant dû au foyer bénéficiaire de la prime d'activité est égal à la moyenne des primes calculées conformément à l'article L. 842-3 pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. / () / III. - Pour chacun des trois mois mentionnés au I, les ressources prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont celles perçues au cours du mois considéré () ".

5 . Il résulte des dispositions précitées qu'un apprenti est susceptible de percevoir la prime d'activité si l'activité salariée qu'il exerce lui procure un salaire mensuel supérieur à un plafond équivalant à 55% du SMIC horaire brut multiplié par 169, soit 1 028,96 euros pour la période d'août à octobre 2022, 1 047,55 euros pour la période de novembre 2022 à janvier 2023 et 1 070,78 euros pour la période de février à avril 2023.

6 . Or, il résulte de l'instruction que M. B a perçu pour le mois d'août 2022 un salaire de 663 euros, soit un montant inférieur au plafond de rémunération. De même, il a perçu en janvier 2023 un salaire de 1 044 euros, soit un montant inférieur au plafond de rémunération alors applicable. Enfin, il a perçu en avril 2023, un salaire de 1 020 euros, soit un montant inférieur au plafond de rémunération alors applicable. Dès lors, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres a estimé que M. B ne remplissait les conditions pour bénéficier de la prime d'activité pour aucun des trois trimestres en litige et lui a notifié un indu de prime d'activité.

7 . Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

G. DUMONTLa greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui le concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Signé

S. GAGNAIRE

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