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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2400189

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2400189

mercredi 14 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2400189
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de la SNC PRS 2, qui contestait les cotisations de taxe foncière (39 997 euros) assignées à l'ensemble des copropriétaires d'une résidence pour personnes âgées à Poitiers au titre de 2021. La société, bien que se présentant comme unique propriétaire depuis 2018, n'a pas justifié d'un mandat pour agir au nom des copropriétaires mentionnés sur l'avis d'imposition, ni démontré un intérêt personnel à agir. En application des articles R. 222-1 du code de justice administrative et R. 197-4 du livre des procédures fiscales, la requête a été jugée manifestement irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires enregistrés le 20 janvier 2024, le 9 février 2024 et le 30 juillet 2024, la société en nom collectif (SNC) PRS 2, représentée par Me Petit, demande au tribunal :

1°) la décharge ou la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâtie, d'un montant total de 39 997 euros, auxquelles l'ensemble des copropriétaires de la résidence services destinée à l'accueil des personnes âgées, située rue de la Trinite à Poitiers (Vienne), a été assujetti au titre de l'année 2021 ;

2°) le remboursement de la somme indument perçue, à ce titre, par le Trésor public, assortie des intérêts moratoires ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a intérêt à agir dès lors que la décision de rejet de sa réclamation la concerne personnellement et qu'elle est la seule propriétaire de la résidence située rue de la Trinite à Poitiers pour l'avoir acquise le 11 décembre 2018 ;

- la procédure dont a fait l'objet l'ensemble des copropriétaires de ladite résidence est irrégulière dès lors qu'elle est l'unique propriétaire de cet ensemble immobilier depuis le 11 décembre 2018 et que, dans ces conditions, il appartenait au service d'établir un avis d'imposition en son nom propre conformément aux informations dont disposait celui-ci depuis la publication l'acte de propriété du 11 décembre 2018 ;

- au 1er janvier 2020, l'ensemble immobilier dont s'agit, qui était très fortement dégradé et qui ne présentait plus les caractéristiques d'un véritable bâtiment dès lors que sa démolition avait débuté, ne pouvait plus être regardé comme un immeuble bâti assujetti à la taxe foncière ; elle entend se prévaloir sur ce point de la réponse ministérielle au député Brottes du 20 janvier 2015 ; à titre subsidiaire, elle est fondée à demander le dégrèvement de l'imposition au titre de la vacance en application des dispositions de l'article 1389 du code général des impôts car l'ensemble immobilier originel était destiné à la location ; elle entend se prévaloir, sur ce point, de la réponse ministérielle au sénateur Lepeltier du 21 juin 2001 ainsi que des paragraphes n°s 3 et 8 de l'instruction du 30 avril 1996, reprise à la documentation administrative de base 13 O-2211 ainsi que des paragraphes 20 et 130 de l'instruction BOI-IF-TFB-50-20-30 du 6 juillet 2016 ; à titre infiniment subsidiaire, et s'il devait être considéré que l'ensemble immobilier dont s'agit était bien imposable à la taxe foncière sur les propriétés bâties, elle est fondée à demander la révision de sa valeur locative car, du fait de l'importance des travaux de démolition et avant l'achèvement de sa reconstruction, le site a connu des changements de consistance très significatifs comportant des démolitions totales ou partielles ainsi que des restructurations de construction ; elle entend se prévaloir, sur ce point, du paragraphe n° 5 de l'instruction du 15 décembre 1989, reprise à la documentation administrative de base 6 G-111 ainsi que du paragraphe 40 de l'instruction BOI-IF-TFB-20-20-10-10 du 22 juillet 2014.

Par lettre du 26 janvier 2024, la SNC PRS 2 a été invitée à régulariser sa requête en produisant un mandat de la part des copropriétaires de la résidence située impasse de la Trinite à Poitiers, ou en justifiant de la qualité lui donnant intérêt à agir à l'encontre des impositions litigieuses.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 juillet 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en ce que la SNC PRS 2 n'apparaît pas sur l'avis d'imposition contesté et ne saurait représenter le collectif des copropriétaires de la résidence située rue de la Trinite à Poitiers au nom duquel les impositions ont été établies ;

- les moyens soulevés par la SNC PRS 2 ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes, d'une part, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 197-4 du livre des procédure fiscales : " Toute personne qui introduit ou soutient une réclamation pour autrui doit justifier d'un mandat régulier. Le mandat doit, à peine de nullité, être produit en même temps que l'acte qui l'autorise ou enregistré avant l'exécution de cet acte ". Aux termes de l'article R. 200-2 du même code : " Par dérogation aux dispositions des articles R. 431-4 et R. 431-5 du code de justice administrative, les requêtes au tribunal peuvent être signées d'un mandataire autre que ceux qui sont mentionnés à l'article R. 431-2 du même code. En ce cas, les dispositions de l'article R. 197-4 du présent livre sont applicables ".

3. La société en nom collectif (SNC) PRS 2 demande la décharge ou la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâtie, d'un montant total de 39 997 euros, auxquelles l'ensemble des copropriétaires de la résidence services destinée à l'accueil des personnes âgées, située impasse de la Trinite à Poitiers (Vienne), a été assujetti au titre de l'année 2021. Par un courrier du 26 janvier 2024, le greffe du tribunal l'a invitée à régulariser sa requête en produisant un mandat de la part des copropriétaires de cette résidence ou en justifiant de la qualité lui donnant intérêt à agir à l'encontre des impositions litigieuses. En réponse à ce courrier, la société requérante, qui n'établit pas, ni d'ailleurs n'allègue, faire partie de ces copropriétaires, s'est bornée à se prévaloir de ce qu'elle était la seule propriétaire de cette résidence à la date du 1er janvier 2020. A la supposer établie, cette circonstance ne lui donne pas pour autant intérêt à agir à l'encontre d'une imposition qui n'a pas été établie à son nom propre mais à celui d'autres contribuables. Ses conclusions doivent, par suite, être rejetées en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222 1 du code de justice administrative.

4. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SNC PRS 2 est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société en nom collectif PRS 2 et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.

Fait à Poitiers, le 14 août 2024.

Le président

signé

L. CAMPOY

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D. GERVIER

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