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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2400199

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2400199

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2400199
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre - JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers rejette l'opposition formée par Mme A contre une contrainte émise par la CAF de la Charente-Maritime pour le recouvrement d'un indu d'aide personnelle au logement de 2 279,62 euros. La requérante invoquait la prescription de l'action en recouvrement. Le tribunal écarte ce moyen en application de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale, retenant que la prescription quinquennale (et non biennale) s'applique en raison d'une fausse déclaration de la part de Mme A. Il constate que le délai a été régulièrement interrompu par plusieurs mises en demeure successives, rendant la créance non prescrite lors de la signification de la contrainte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 janvier 2024 et un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Nguyen Van Rot, forme opposition à la contrainte du 22 janvier 2024, qui lui a été signifiée le 24 janvier 2024 pour le recouvrement de la somme de 2 279,62 euros correspondant à un indu d'aide personnelle au logement.

Elle soutient que l'action en recouvrement est prescrite.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2024, la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- Mme A ayant, à trois reprises, sollicité la remise de sa dette et en ayant obtenu une remise partielle, elle a reconnu sa dette ;

- elle a reçu plusieurs mises en demeure qu'elle n'a pas contestées.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La magistrate désignée a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Dumont a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le 18 février 2015, la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime a notifié à Mme A un trop-perçu correspondant à un indu d'aide au logement pour la période de septembre 2013 à décembre 2014. Entre le 13 mai 2016 et le 9 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales lui a adressée cinq mises en demeure de payer cette créance s'élevant, après la remise partielle de la dette initiale, à la somme de 2 279,62 euros. Par sa requête, elle fait opposition à la contrainte émise à son encontre le 22 janvier 2024 en vue du recouvrement de la somme précitée.

2. Aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans. / La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles L. 553-2, L. 821-5-1 ou L. 845-3, L. 844-3 (1) du code de la sécurité sociale, L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ou L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation. "

3. D'une part, il résulte de l'instruction que l'indu en litige trouve son origine dans la déclaration erronée de sa situation familiale faite par Mme A, cette dernière n'ayant pas déclaré sa vie maritale à la caisse d'allocations familiales, laquelle ne l'a découverte qu'à l'occasion d'un contrôle de sa situation familiale. Il en résulte que l'action en recouvrement des sommes qu'elle a indûment perçues se prescrit non par deux ans, mais par cinq ans.

4. Il résulte également de l'instruction que l'indu en cause porte sur la période allant du mois de septembre 2013 au mois de décembre 2014 et que la requérante s'est vu signifier cet indu le 18 février 2015. Cette notification a permis d'interrompre le délai de prescription de cinq ans prévu par les dispositions précitées, qui a recommencé à courir pour une même période à compter de cette date. Il résulte également de l'instruction que la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime a adressé à Mme A quatre mises en demeure de payer, qui lui ont été notifiées respectivement le 19 mai 2016, le 7 janvier 2019, le 22 décembre 2020, puis le 8 septembre 2023. Chacune de ces mises en demeure a permis d'interrompre le délai de prescription, si bien que la créance que la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime détient à l'encontre de Mme A n'était pas prescrite lorsque cette dernière s'est vu signifier, le 24 janvier 2024, la contrainte litigieuse. Ce moyen doit ainsi être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

G. DUMONT

La greffière,

Signé

D. GERVIER La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui la concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,Le greffier en chef,

Signé

S. GAGNAIRE

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