lundi 16 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400243 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 février 2024 et un mémoire enregistré le 11 avril 2024, qui n'a pas été communiqué, Mme B A demande au tribunal de lui accorder la remise des dettes demeurant à sa charge d'un montant de 609 euros relative à un indu d'aide personnelle au logement et d'un montant de 90,65 euros relative à un indu de prime d'activité.
Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de procéder au remboursement des dettes en cause dès lors qu'elle doit faire face à des frais de santé très importants pour son fils victime d'un accident du travail.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2024, la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les indus trouvent leur cause dans une omission de Mme A de déclarer que son fils était devenu, en tant que salarié, allocataire à titre personnel et n'était donc plus considéré comme étant à sa charge ;
- une remise partielle de ses dettes a été accordée à Mme A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Dumont a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, bénéficiaire de plusieurs prestations sociales, avait déclaré que son fils né en 2003 était à sa charge. En septembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime a été informée que ce dernier était désormais salarié et bénéficiaire de prestations sociales à titre personnel. Par un courrier du 25 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales a notifié à Mme A un indu de prime d'activité et d'allocation logement familiale d'un montant de 993,30 euros. Par un courrier du 15 novembre 2023, Mme A a reconnu le bien-fondé de ces indus et a sollicité une remise totale de ses dettes. Par une décision du 11 décembre 2023, la caisse d'allocation familiales de la Charente-Maritime l'a informée qu'une remise partielle de 203 euros lui était accordée sur le solde de l'indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 812 euros. Par une seconde décision du 11 décembre 2023, elle l'a informée qu'une remise partielle de 90,65 euros lui était accordée sur le solde de l'indu de prime d'activité d'un montant de 181,30 euros. Par sa requête, Mme A demande la remise des dettes demeurant à sa charge.
2. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
3. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prestation sociale ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
En ce qui concerne l'indu de prime d'activité :
4. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
5. Il résulte de l'instruction que le trop-perçu de prime d'activité de Mme A s'explique par une omission à déclarer la nouvelle situation professionnelle de son fils. Il résulte également de l'instruction que la caisse d'allocations familiales ne remet pas en cause sa bonne foi et lui a accordé une remise partielle de sa dette. Mme A peut donc prétendre à une remise totale ou partielle de la dette demeurant à sa charge en fonction de sa situation de précarité. Toutefois, par les seuls éléments qu'elle produit, Mme A ne justifie pas de sa situation financière et n'établit pas qu'elle n'est pas en capacité de rembourser la somme demeurant à sa charge. Dès lors, il n'y a pas lieu de lui accorder la remise gracieuse qu'elle demande.
En ce qui concerne l'indu d'allocation personnalisée au logement :
6. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement/ () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".
7. Pour les mêmes motifs, que ceux mentionnés au point 5 du présent jugement, il n'y a pas lieu d'accorder à Mme A la remise gracieuse qu'elle demande.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
G. DUMONTLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, chacun en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE
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