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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2400400

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2400400

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2400400
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre - JU
Avocat requérantSCP BCJ

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté la demande de M. B tendant à obtenir la remise gracieuse d’un indu d’aide personnelle au logement de 355 euros. Le juge a estimé que, même en supposant la bonne foi du requérant, ce dernier n’établissait pas la précarité de ses parents, auxquels la dette avait été transférée et qui l’avaient déjà soldée. La décision se fonde sur les articles L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale, qui conditionnent la remise à la précarité du débiteur hors cas de fraude.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 février 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal de lui accorder la remise totale de sa dette, relative à un trop-perçu d'aide personnelle au logement, d'un montant de 355 euros.

Il doit être regardé comme soutenant que la situation financière de ses parents, lesquels ont perçu l'aide indument versée, ne leur permet pas de la rembourser.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de la Vienne, représentée par la SCP BCJ, conclut au non-lieu à statuer sur la requête de M. B.

Elle fait valoir que :

- l'indu en cause trouve son origine dans le choix fait par le requérant de renoncer à ses droits à l'aide au logement pour être rattaché au foyer fiscal de ses parents ;

- cette dette a été mise à la charge de ses parents qui ne l'ont pas contestée et a été soldée par des retenues effectuées en février et mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dumont,

- et les observations de Me Carré, représentant la caisse d'allocations familiales de la Vienne.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, étudiant, s'est vu notifier par la caisse d'allocations familiales de la Vienne, une dette d'un montant de 355 euros correspondant à un indu d'aide personnelle au logement. Sur sa demande, par une décision du 19 décembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Vienne a refusé de lui accorder une remise de cette dette. Par sa requête, il demande au tribunal d'en prononcer la remise.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement/ () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de prestation sociale, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B a renoncé, par un courrier du 25 septembre 2023 adressé à la caisse d'allocations familiales, à ses droits au bénéfice de l'aide personnalisée au logement à compter du 1er septembre 2023 afin d'être rattaché au foyer fiscal de ses parents. A supposer que sa bonne foi puisse être regardée comme établie dès lors que son rattachement au foyer fiscal de ses parents bénéficie à ces derniers et non à M. B personellement, ce dernier n'apporte aucun élément de nature à établir que ses parents, auxquels la dette en cause a été transférée, n'étaient pas en capacité de procéder au remboursement de la somme de 355 euros indument perçue. Au demeurant, il résulte de l'instruction que cette dette a été soldée. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de lui accorder la remise de cette dette.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de la Vienne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024

La magistrate désignée,

Signé

G. DUMONTLa greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Signé

S. GAGNAIRE

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