lundi 16 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400417 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 février 2024, M. B A demande au tribunal de lui accorder la remise totale de ses dettes, relatives à un trop-perçu d'allocation personnelle au logement, d'un montant restant à sa charge de 618 euros, de 97 euros et de 540 euros.
Il soutient que :
- il a toujours déclaré ses revenus ;
- il ne dispose pas des moyens financiers de rembourser ces dettes.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 avril 2024, la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'indu d'allocation personnelle au logement trouve son origine dans l'absence de déclaration par le requérant des pensions alimentaires perçues au cours des années 2021 et 2022 ;
- les dettes en cause ont été partiellement soldées notamment par des remboursements directs effectués par le requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Dumont a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est bénéficiaire de l'aide au logement. A la fin de l'année 2022, puis de nouveau à la fin de l'année 2023, la comparaison des ressources qu'il avait déclarées aux services fiscaux au titre des années 2021 et 2022 avec celles déclarées à la caisse d'allocations familiales a révélé qu'il n'avait pas déclaré des pensions alimentaires perçues. La réintégration de ces ressources a conduit la caisse d'allocations familiales à recalculer ses droits. A l'issue, la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime lui a notifié le 17 décembre 2022 et le 26 décembre 2022 des dettes d'un montant de 1 258 euros et de 110 euros et le 18 novembre 2023 une dette d'un montant de 540 euros. Sur sa demande, par trois décisions du 25 janvier 2024, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime a refusé de lui accorder la remise de ces dettes. Par sa requête, le requérant demande au tribunal de prononcer la remise de la dette totale de 1 255 euros demeurant à sa charge.
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement/ () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de prestation sociale, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
4. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prestation sociale ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
5. Il résulte de l'instruction que les indus dont M. A demande la remise trouvent leur origine dans l'absence de déclaration des pensions alimentaires qu'il a perçues au cours des années 2021 et 2022, l'existence de ces ressources n'ayant été découverte qu'à l'occasion d'une comparaison entre les ressources déclarées aux services fiscaux avec celles déclarées à la caisse d'allocations familiales. Dans ces conditions, compte tenu du caractère réitéré de cette omission déclarative, M. A ne saurait être considéré comme étant de bonne foi. En tout état de cause, il n'apporte aucun élément de nature à établir sa situation financière et à justifier que lui soient remises gracieusement les dettes restant à sa charge. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de lui accorder la remise de ses dettes.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
G. DUMONTLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE
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