mardi 24 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400506 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er mars 2024, Mme B C demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse d'une dette relative à un trop-perçu d'aide personnelle au logement montant de 1351,50 laissée à sa charge après décision de remise gracieuse partielle prise par la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres le 29 janvier 2024.
Elle soutient qu'elle est en arrêté maladie et qu'elle n'est pas en capacité de s'acquitter des sommes qui lui sont réclamées.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mars 2024, la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requérante est en capacité financière de s'acquitter de la somme restant à sa charge après remise gracieuse partielle de 25% de la dette initiale et compte tenu des possibilités d'échelonnement de son remboursement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les observations de Mme C qui a contesté le bien-fondé de l'indu et repris ses écritures s'agissant de la précarité de sa situation financière.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 29 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres a accordé à Mme C une remise gracieuse partielle de 25% de sa dette d'un montant initial de 1 802 euros correspondant à un trop perçu d'aide personnelle au logement. Par la présente requête, Mme C demande la remise gracieuse de la somme de 1 351,50 euros ainsi laissée à sa charge.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclaration ". Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant une demande de remise gracieuse, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse.
4. Pour prendre la décision de récupération de l'indu en litige, la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres s'est fondée sur la déclaration de ressources faite par Mme C après de services fiscaux au titre de l'année 2022 et a considéré que celles-ci excédaient le plafond d'attribution de l'allocation logement.
5. D'une part, si la requérante a contesté, dans le cadre de l'audience, le bien-fondé de la décision de récupération de l'indu en litige, ce moyen est inopérant pour contester la décision de refus de remise gracieuse en litige.
6. D'autre part, il résulte de l'instruction que les ressources mensuelles de l'intéressée s'élèvent en moyenne à 1 092 euros, qu'elle ne bénéficie pas d'autres prestations sociales et que parmi ses charges fixes, elle s'acquitte notamment d'un loyer mensuel de 502 euros auquel s'ajoutent les charges énergétiques. Dans ces conditions, compte tenu de sa situation financière et alors que la bonne foi de Mme C n'est pas contestée, il y a lieu de lui accorder une remise gracieuse supplémentaire de 25% de d'indu initialement réclamée, soit une remise de 450,50 euros.
7. Il résulte de ce qui précède que la décision du 29 janvier 2024 de la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres doit être annulée et Mme C doit être déchargée de la somme de 450,50 euros sur le montant laissé à sa charge de 1 351,50 euros. Le surplus des conclusions de la requête doit être rejeté.
D É C I D E :
Article 1 : La décision du 29 janvier 2024 de la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres est annulée.
Article 2 : Mme C est déchargée de la somme de 450,50 euros.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2025.
La magistrate désignée,
Signé
M. ALa greffière
Signé
D. MADRANGE
La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. MADRANGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026