lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400835 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | LAGRAVE - JOUTEUX & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 avril 2024, M. C D, représenté par Me Madoulé, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert chargé de se prononcer sur la prise en charge de son père, M. B D, par le groupe hospitalier Littoral Atlantique, lors de son hospitalisation du 11 décembre 2023 au 9 janvier 2024 sur le site de La Rochelle.
Il soutient que la mesure est utile pour déterminer si des manquements ont été commis lors de la prise en charge médicale de M. B D et s'il a subi une perte de chance de vivre plus longtemps ou de moins souffrir avant son décès.
Par un mémoire, enregistré le 18 avril 2024, le groupe hospitalier Littoral Atlantique, représenté par Me Tamburini-Bonnefoy, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tout en émettant les réserves et protestations d'usage et demande la mise en cause de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " La Villa Amélie " et de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), et de réserver les dépens.
Il soutient que :
- l'EHPAD " La Villa Amélie " doit être mis en cause au motif que la chute de M. D, nécessitant sa prise en charge hospitalière, a eu lieu dans cet établissement ;
- l'ONIAM doit être mis en cause au motif que M. D est susceptible d'avoir souffert de complications infectieuses.
Par un mémoire, enregistré le 3 juillet 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Charente-Maritime déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée et demande la réserve de ses droits.
Par un mémoire, enregistré le 5 juillet 2024, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Ravaut, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tout en émettant les réserves et protestations d'usage et demande que la mission de l'expert soit complétée et de réserver les dépens.
La requête a été communiquée à l'EHPAD " La Villa Amélie ", qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, présentant une fracture du col fémoral droit consécutive à une chute survenue sur son lieu de résidence, à l'EHPAD " La Villa Amélie ", a été admis au service des urgences du groupe hospitalier Littoral Atlantique, sur le site de La Rochelle, le 11 décembre 2023. M. D a été hospitalisé au sein du service de médecine et orthopédie gériatrique du 12 décembre 2023 au 9 janvier 2024 et a bénéficié d'une arthroplastie intermédiaire de hanche droite réalisée le 14 décembre 2023. Dans les suites de l'intervention, M. D a présenté des escarres de stade II dans le dos, des rougeurs aux talons et aux mains, un œdème au niveau de la cicatrice ainsi qu'un point inflammatoire au niveau de la plaie. M. D est décédé à l'EHPAD " La Villa Amélie ", le 11 janvier 2024.
2. Par la présente requête, M. C D demande au tribunal qu'une expertise soit ordonnée aux fins de se prononcer sur la prise en charge de son père, M. B D, par le groupe hospitalier Littoral Atlantique, lors de son hospitalisation du 11 décembre 2023 au 9 janvier 2024 sur le site de La Rochelle.
Sur la demande d'expertise :
3. En vertu de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
4. La mesure d'expertise demandée par M. C D présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les personnes mises en cause :
5. Peuvent être appelées en qualité de parties à une expertise ordonnée sur le fondement de ces dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative les personnes qui ne sont pas manifestement étrangères au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action qui motive l'expertise. En outre, le juge du référé peut appeler à l'expertise en qualité de sachant toute personne dont la présence est de nature à éclairer ses travaux.
6. Le groupe hospitalier Littoral Atlantique demande la mise en cause, d'une part, de l'EHPAD " La Villa Amélie " au motif que M. D a chuté dans cet établissement avant d'être pris en charge par le groupe hospitalier Littoral Atlantique, et d'autre part, de l'ONIAM au motif que M. D est susceptible d'avoir souffert de complications infectieuses avant son décès. Dès lors que la mesure sollicitée vise à déterminer les conditions de la prise en charge médicale et les circonstances du décès de M. D, la participation aux opérations d'expertise de l'EHPAD " La Villa Amélie ", où M. D a fait une chute nécessitant une prise en charge hospitalière, et de l'ONIAM, au regard des éventuelles complications survenues lors de son hospitalisation, n'apparaît pas manifestement dépourvue d'utilité. Par suite, il y a lieu d'ordonner la participation aux opérations d'expertise de l'EHPAD " La Villa Amélie " et de l'ONIAM.
7. En tout état de cause, il appartiendra à l'expert, s'il l'estime pertinent, dès les investigations réalisées lors de la première réunion d'expertise, de solliciter du juge des référés la mise hors de cause des parties dont la participation ne serait pas ou plus nécessaire.
Sur les frais du litige :
8. Il résulte des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative qu'il n'appartient pas au juge des référés de réserver les dépens. Par suite, les conclusions présentées en ce sens doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. F G, demeurant 86 boulevard de Lattre de Tassigny, à Royan (17200), et M. E A, demeurant 88 rue Lucile - les minimes, à La Rochelle (17000) sont désignés en qualité d'expert.
Le collège d'experts aura pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. B D et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur lui lors de sa prise en charge par le groupe hospitalier Littoral Atlantique, entre les 11 décembre 2023 et 9 janvier 2024 ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de M. D ;
2°) décrire l'état de santé de M. D et les soins et prescriptions antérieurs à son admission sur le site de La Rochelle du groupe hospitalier Littoral Atlantique suite à sa chute survenue le 11 décembre 2023 ; les conditions dans lesquelles il a été pris en charge et soigné dans cet établissement ; décrire l'état pathologique du requérant ayant conduit aux soins, aux interventions et aux traitements pratiqués ;
3°) donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de M. D et aux symptômes qu'il présentait ; donner notamment son avis sur la pertinence des diagnostics des équipes médicales du groupe hospitalier Littoral Atlantique, et l'utilité des gestes opératoires pratiqués ;
4°) de manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors de l'hospitalisation de M. D ; rechercher si les diligences nécessaires pour l'établissement d'un diagnostic exact ont été mises en œuvre ; rechercher si les interventions et actes médicaux pratiqués ont été exécutés conformément aux règles de l'art ; déterminer les raisons du décès de M. D ;
5°) dire si une infection est survenue au cours ou au décours de la prise en charge de M. D et, dans l'affirmative, si elle n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci mais aussi, le cas échéant, s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge ;
6°) donner son avis sur le point de savoir si le décès de M. D a un rapport avec son état initial, ou l'évolution prévisible de cet état ; le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement reproché à l'établissement, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec la pathologie initiale, son évolution ou toute autre cause extérieure ;
7°) dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si M. D a été informé de la nature des opérations qu'il allait subir, et des conséquences normalement prévisibles de ces interventions et s'il a été mis à même de formuler un consentement éclairé ; dans la négative, préciser si M. D a subi une perte de chance de se soustraire au risque en refusant l'opération s'il en avait connu tous les dangers (pourcentage) ;
8°) dire si l'état de santé de M. D a entraîné un déficit fonctionnel temporaire antérieur à son décès résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
9°) donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées), antérieurs au décès de M. D, et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé.
Article 2 : Le collège d'experts accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, le collège d'experts prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence, outre de M. C D, du groupe hospitalier Littoral Atlantique, de l'ONIAM, de la CPAM de la Charente-Maritime et de l'EHPAD " La Villa Amélie ".
Article 5 : Le collège d'experts avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : Le collège d'experts déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance, dont un sous une forme numérisée. Des copies seront notifiées par le collège d'experts aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. Le collège d'experts justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D, au groupe hospitalier Littoral Atlantique, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime, à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Villa Amélie " et à M. F G et à M. E A, experts.
Fait à Poitiers, le 30 septembre 2024.
Le président,
Signé
A. JARRIGE
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Christelle ROBIN
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026