vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400914 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 avril 2024, Mme A B demande la décharge des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2021 à 2023 à raison d'une maison située 3, route du Palais à Saint-Vallier (Charente).
Elle soutient qu'elle a travaillé toute sa vie et pris soin de sa famille sans aide extérieure.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête est irrecevable dès lors, d'une part, que la requérante n'a formé aucune réclamation au titre des impositions 2021 et 2022 et, d'autre part, qu'elle demande la remise gracieuse de l'imposition 2023 pour laquelle elle a uniquement formé une réclamation contentieuse le 21 mars 2024.
Par un courrier adressé le 8 octobre 2024, Mme B a été invitée, sur le fondement des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, à confirmer expressément, dans le délai d'un mois, le maintien de ses conclusions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222 1 du code de justice administrative : " Les () présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens () inopérants () ".
2. En premier lieu, en vertu de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial de l'administration fiscale dont dépend le lieu de l'imposition. Aux termes de l'article R. 196-2 de ce livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux () doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle () ".
3. Mme A B ne conteste pas n'avoir adressé à l'administration fiscale aucune réclamation tendant à la décharge des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2021 et 2022 à raison de la maison située 3, route du Palais à Saint-Vallier (Charente), mises en recouvrement le 31 août des années 2021 et 2022. Par suite, à supposer même que la requérante ait entendu demander au juge de l'impôt la décharge de ces impositions, ses conclusions sont irrecevables, le délai de réclamation contre ces impositions étant, par ailleurs, expiré et aucune nouvelle réclamation ne pouvant être soumises à l'administration sur ce point.
4. En deuxième lieu, à supposer que Mme B demande dans sa requête la décharge de la cotisation de taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre de l'années 2023 à raison du même immeuble, pour laquelle il est constant qu'elle a formé une réclamation contentieuse le 21 mars 2024, le seul moyen soulevé, tiré de sa situation de famille, est sans influence sur le bien-fondé de cette imposition. Par suite, ses conclusions doivent, en toute hypothèse, être rejetées par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222 1 du code de justice administrative.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable : /1° Des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence () ". Aux termes de l'article R. 247-1 du même livre : " Les demandes prévues à l'article L. 247 tendant à obtenir à titre gracieux une remise, une modération ou une transaction, doivent être adressées au service territorial () de l'administration des impôts () dont dépend le lieu de l'imposition () ". Si la décision de l'administration fiscale refusant une remise gracieuse peut être déférée au juge administratif par la voie du recours pour excès de pouvoir, le juge n'a pas compétence pour prononcer lui-même la remise gracieuse d'une imposition.
6. A supposer qu'en faisant état de sa situation familiale, Mme A B entende demander la remise gracieuse des impositions litigieuses, il n'est pas contesté qu'elle n'a adressé à l'administration fiscale aucune demande en ce sens, sa seule réclamation du 21 mars 2024 s'analysant, comme il a été dit au point 4, en une réclamation contentieuse. Il s'ensuit que, présentées directement devant le tribunal, ces conclusions, qui relèvent de la juridiction gracieuse, ne sont pas recevables et ne peuvent qu'être rejetées par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Fait à Poitiers, le 20 décembre 2024.
Le président de la 1ère chambre,
signé
L. Campoy
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
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