mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401336 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | VERDIER LE PRATAVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mai 2024, le groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) du Pont de Martrou, la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Font H, l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Le Moulin de Faicloux, M. L M, M. I H, l'EARL J, la SCEA Le Maréchat, M. A C, la SCEA du Bois Bernard, l'EARL du Littoral, la SCEA Les Pichaudières, l'EARL l'Allier, la coopérative agricole de stockage de céréales et d'approvisionnement de Saint Agnant Les Marais, la SCEA Le peu, M. E J, l'EARL du Coteau, l'EARL Grousset, M. B N, la SCEA Berbudeau, M. K D, M. F G, la SCEA La Limoise, l'EARL Loubresse et l'EARL Vinet, représentés par Me Verdier, demandent au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres et à l'association Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), d'une part, d'entreprendre solidairement les travaux de réparation de la digue de premier rang, longeant le trait de côte dans le marais de Moëze (Charente-Maritime), dans un délai de deux mois à compter de l'ordonnance à intervenir et, d'autre part, d'achever ces travaux dans un délai maximum de six mois à compter de la même décision ;
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir dès lors que l'absence d'entretien de la digue de premier rang, longeant le trait de côte le long de la réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron, qui appartient au Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres et dont la gestion est confiée à la LPO, cause un grave préjudice à M. A C, à la SCEA du Bois Bernard, à l'EARL du Littoral et à la SCEA les Pichaudières dont les terres agricoles se retrouvent submergées par l'eau salée en provenance de cette réserve dès que le coefficient de marée est supérieur à 70 ; ce défaut d'entretien cause également un préjudice moral aux autres requérants qui voient leurs collègues se faire régulièrement inonder ;
- la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est satisfaite dès lors que les dernières submersions marines remontent à octobre 2023 et mars 2024, que l'entrée de l'eau salée sur leurs terres les empêche de cultiver ces dernières et que de nouvelles submersions des terres agricoles peuvent se produire à tout moment tant que l'ouvrage n'est pas réparé, étant donné qu'un coefficient de marée de 70 suffit à provoquer ce phénomène ;
- la mesure demandée est utile dès lors que la réparation de la brèche ferait immédiatement cesser les submersions marines survenant lors des coefficients de marée supérieurs à 70.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Campoy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, la société civile d'exploitation agricole (SCEA) du Bois Bernard, l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) du Littoral et la SCEA les Pichaudières, exploitent, selon leurs déclarations, des terres agricoles à proximité immédiate de la réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron, qui appartient au Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres et dont la gestion est confiée à l'association Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Ces quatre requérants, ainsi que le groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) du Pont de Martrou, la SCEA Font H, l'EARL Le Moulin de Faicloux, M. L M, M. I H, l'EARL J, la SCEA Le Maréchat, l'EARL l'Allier, la coopérative agricole de stockage de céréales et d'approvisionnement de Saint Agnant Les Marais, la SCEA Le peu, M. E J, l'EARL du Coteau, l'EARL Grousset, M. B N, la SCEA Berbudeau, M. K D, M. F G, la SCEA La Limoise, l'EARL Loubresse et l'EARL Vinet, qui prétendent que l'absence d'entretien de la digue longeant la réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron entraîne une submersion des terres agricoles avoisinantes par de l'eau salée en provenance de cette réserve en cas de forts coefficients de marée, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres et à la LPO d'entreprendre solidairement les travaux de réparation de cette digue dans un délai de deux mois à compter de l'ordonnance à intervenir et de réaliser ces travaux dans un délai maximum de six mois à compter de la même décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " () lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci () est irrecevable (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. M. A C, la SCEA du Bois Bernard, l'EARL du Littoral et la SCEA les Pichaudières, qui n'apportent pas le moindre élément permettant d'établir que, comme ils le soutiennent, ils exploiteraient des terres agricoles à proximité immédiate de la réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron, ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour demander au juge des référés d'ordonner au Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres et à la LPO d'entreprendre les travaux de réparation de la digue longeant cette réserve. En se bornant à invoquer le " préjudice moral " que leur causerait l'inondation régulière des terres des quatre premiers requérants, les autres requérants ne justifient pas davantage d'un intérêt à agir dans le cadre la présente instance. Il en résulte que la présente requête est irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du GAEC du Pont de Martrou et des autres requérants est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au groupement agricole d'exploitation en commun du Pont de Martrou, à la société civile d'exploitation agricole Font H, à l'exploitation agricole à responsabilité limitée Le Moulin de Faicloux, à M. L M, à M. I H, à l'exploitation agricole à responsabilité limitée J, à la société civile d'exploitation agricole Le Maréchat, à M. A C, à la société civile d'exploitation agricole du Bois Bernard, à l'exploitation agricole à responsabilité limitée du Littoral, à la société civile d'exploitation agricole Les Pichaudières, à l'exploitation agricole à responsabilité limitée l'Allier, à la coopérative agricole de stockage de céréales et d'approvisionnement de Saint Agnant Les Marais, à la société civile d'exploitation agricole Le peu, à M. E J, à l'exploitation agricole à responsabilité limitée du Coteau, à l'exploitation agricole à responsabilité limitée Grousset, à M. B N, à la société civile d'exploitation agricole Berbudeau, à M. K D, à M. F G, à la société civile d'exploitation agricole La Limoise, à l'exploitation agricole à responsabilité limitée Loubresse et à l'exploitation agricole à responsabilité limitée Vinet.
Copie en sera transmise, pour information, au Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, à l'association Ligue pour la protection des oiseaux et au préfet de la Charente-Maritime.
Fait à Poitiers, le 29 mai 2024.
Le juge des référés,
Signé
L. Campoy
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026