mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401691 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL BRG BOISSONNET - RUBI - RAFFIN - GIFFO - VENDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2024, la société Succubus Interactive, représentée par Me Burlin, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à l'université de Poitiers de différer la signature du marché subséquent n° 2024S61, relatif au lot n° 5 intitulé " AVATHAR : Plateforme ", jusqu'au terme de la procédure ;
2°) d'annuler la décision du 5 juin 2024 par laquelle l'université de Poitiers a décidé d'écarter son offre ;
3°) d'enjoindre à l'université de Poitiers de lui communiquer le détail des notes de la société attributaire sur les critères n° 1, 2 et 3 ;
4°) d'enjoindre à l'université de Poitiers de calculer la note attribuée à chaque concurrent au titre du critère n° 3 " budget " conformément à la formule suivante : " (prix de l'offre la moins chère / prix de l'offre considérée) x coefficient de pondération " ;
5°) de mettre à la charge de l'université de Poitiers une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'université de Poitiers ne lui a pas communiqué le détail des notes obtenues par la société attributaire ;
- l'université de Poitiers a modifié les modalités de calcul des points relatifs au critère n° 2 " prix " sans en informer les soumissionnaires ; ce nouveau calcul lui cause un préjudice certain, dès lors qu'elle aurait dû être attributaire du lot n° 5 ;
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2024, la société Serious Factory, représentée par Me Boutignon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la société Succubus Interactive au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est tardive, dès lors que l'acte d'engagement du lot n° 5 a été signé le 18 juin 2024, antérieurement à l'enregistrement de la requête.
La procédure a été transmise à l'université de Poitiers qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
L'affaire a été radiée du rôle de l'audience publique du 22 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ".
2. Il résulte de ces dispositions, que le juge saisi, qui statue en la forme des référés, peut ordonner à l'auteur d'un manquement aux dispositions auxquelles ce texte se réfère de se conformer à ses obligations, suspendre la passation du contrat ou l'exécution de toute décision qui s'y rapporte, annuler ces décisions et supprimer des clauses ou des prescriptions destinées à figurer dans le contrat. Eu égard aux pouvoirs ainsi conférés au juge par la loi, qui lui permettent notamment de faire obstacle à la passation d'un contrat, et à la circonstance que l'ordonnance rendue par le juge n'est pas susceptible d'appel, les parties doivent être mises à même de présenter au cours d'une audience publique des observations orales à l'appui de leurs observations écrites. Toutefois, les pouvoirs conférés au juge des référés précontractuels par l'article L. 551-1 du code de justice administrative ne peuvent plus être exercés après la conclusion du contrat. Il en résulte que, lorsqu'il se prononce après la passation du marché, le juge du référé précontractuel peut régulièrement rendre une ordonnance, qui constate qu'en raison de cette passation, la requête n'a pas ou n'a plus d'objet, sans tenir d'audience publique.
3. Il résulte de l'instruction que l'acte d'engagement relatif au marché litigieux a été signé le 18 juin 2024, soit antérieurement à l'introduction de la requête présentée par la société Succubus Interactive. Dans ces conditions, les conclusions de la société requérante, présentées au titre des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, sont, ainsi que l'oppose la société Serious Factory, irrecevables. Par suite, la requête de la société Succubus Interactive doit être rejetée en toutes ses conclusions.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société Serious Factory sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Succubus Interactive est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Serious Factory au titre de l'article L. 761-1 sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Succubus Interactive, à l'université de Poitiers et à la société Serious Factory.
Fait à Poitiers, le 16 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
V. A
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026