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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2401912

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2401912

lundi 4 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2401912
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCABINET VALOIS AVOCATS CONSEILS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 juillet 2024 et le 10 septembre 2024, le syndicat mixte du pôle images Magelis et le syndicat des copropriétaires Bâtiment Le Nil, représentés par Me Nadaud-Mesnard, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert chargé de se prononcer sur les désordres affectant le bâtiment Le Nil situé à Angoulême (16000).

Ils soutiennent que la mesure est utile au motif que les désordres sont multiples, importants et généralisés et qu'elle doit intervenir dans le délai de garantie décennale.

Par un mémoire, enregistré le 30 juillet 2024, la SMAC déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tout en émettant les réserves et protestations d'usage.

Par un mémoire, enregistré le 8 août 2024, la société Apave infrastructure et construction France venant aux droits de la société Apave Sudeurope, représentée par Me Marié, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tout en émettant les réserves et protestations d'usage.

Par un mémoire, enregistré le 13 août 2024, la société MMA IARD et la société MMA IARD Assurances Mutuelles, représentées par Me Boudet, déclarent ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tout en émettant les réserves et protestations d'usage.

Par un mémoire, enregistré le 16 septembre 2024, la société Berton Aluminium et la société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics (SMABTP), représentées par Me Poisson, déclarent ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tout en émettant les réserves et protestations d'usage.

La requête a été communiquée à M. C A, à la société MAF Assurances, à la société Générali Assurances et à la société Ekip' qui n'ont pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Dans le cadre du projet d'aménagement de nouveaux locaux pour l'école nationale du jeu et des médias interactifs numériques (ENJMIN), le syndicat mixte du pôle images (SMPI) Magelis, en qualité de maître d'ouvrage, a confié la maîtrise d'œuvre de ces travaux, par acte d'engagement du 12 avril 2011, à un groupement conjoint d'entreprises ayant pour mandataire solidaire M. A. La mission de contrôle technique et d'état des lieux a été confiée à la société Apave Sudeurope le 30 novembre 2010. Le lot n°4 - " Couverture Étanchéité Bardage " a été attribué, par acte du 3 avril 2013, aux sociétés SMAC et Dufour, aujourd'hui radiée pour cette dernière. Le lot n°5 - " Menuiseries extérieures Aluminium " a été attribué, par acte du 15 avril 2013, à la société Berton Aluminium qui a passé un accord de sous-traitance, le 8 juillet 2013, avec la société Apollo France, désormais également radiée. Les lots n°4 et n°5 ont été réceptionnés avec réserves le 26 août 2014 avec levée des réserves le 24 juillet 2015.

2. Postérieurement à la réception des travaux, des infiltrations d'eau au niveau de la couverture du bâtiment ont été constatées. Dans ce contexte, le directeur général des services du pôle image Magelis a, par des courriers du 20 novembre 2023, saisi l'assureur garantie décennale des sociétés SMAC et Berton Aluminium et de M. A de demandes de réparation. Un procès-verbal de constat de commissaire de justice du 27 mai 2024 fait état de la présence notamment d'importantes traces d'infiltrations d'eau au sein du bâtiment Le Nil. Par la présente requête, le syndicat mixte pôle image Magelis et le syndicat des copropriétaires Bâtiment Le Nil demandent au tribunal qu'une expertise soit ordonnée sur les désordres affectant ce bâtiment.

Sur la demande d'expertise :

3. En vertu de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.

4. La mesure d'expertise demandée par le syndicat mixte pôle image Magelis et par le syndicat des copropriétaires bâtiment Le Nil est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E:

Article 1er : M. B D, demeurant 19 rue Becquerel - ZA Corne neuve, à Dompierre-sur-Mer (17139) est désigné en qualité d'expert.

Il aura pour mission de :

1°) se rendre sur les lieux et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres qui affectent le bâtiment Le Nil à Angoulême en indiquant leur date d'apparition ;

2°) décrire les malfaçons qui seraient constatées et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si elles sont de nature, du fait notamment de la nature ou du caractère généralisé ou évolutif des désordres, à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination ;

3°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons dont il s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux effectués et, notamment, à leur conception, à un défaut de direction ou de surveillance et à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'ouvrage et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;

4°) fournir tous les éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction éventuellement saisie de déterminer les responsabilités encourues et d'évaluer les préjudices tant directs qu'indirects subis par l'ouvrage, notamment les dommages aux équipements et installations constatés et à venir, ainsi que les préjudices annexes ;

5°) donner son avis sur la nature des travaux nécessaires pour la remise en état définitive de l'ouvrage et de ses équipements, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, et les évaluer, en appliquant le cas échéant un abattement pour vétusté ou pour plus-value ;

6°) donner, en cas d'urgence reconnue par l'expert, son avis sur les travaux urgents à effectuer par le syndicat mixte pôle image Magelis, à ses frais avancés, pour le compte de qui il appartiendra, afin de stopper les infiltrations constatées, dans l'attente de la réfection complète de l'ouvrage, et déposer à cette fin, le cas échéant, un pré-rapport précisant la nature et l'importance de ces travaux, voire autoriser le syndicat mixte à les entreprendre.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence, outre du syndicat mixte pôle image Magelis et du syndicat des copropriétaires du bâtiment le Nil, de la société Apave Sudeurope, de M. A, de la société Berton Aluminium, de la société MAF Assurances, de la société MMA IARD Assurances Mutuelles, de la SA MMA IARD, de la SAS SMAC, de la SMABTP, de la société Générali et de la société Ekip'.

Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance, dont un sous une forme numérisée. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat mixte pôle image Magelis, au syndicat des copropriétaires du bâtiment le Nil, à la société Apave Sudeurope, à M. C A, à la société Berton Aluminium, à la société MAF Assurances, à la société MMA IARD Assurances Mutuelles, à la SA MMA IARD, à la SAS SMAC, à la SMABTP, à la société Générali, à la société Ekip' et à M. B D, expert.

Fait à Poitiers, le 4 novembre 2024.

Le président,

signé

A. JARRIGE

La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Christelle ROBIN

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