vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401921 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CALMELS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, la SARL Architecture Patrimoine et Paysage B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler la décision de la communauté d'agglomération du Grand Cognac attribuant l'accord-cadre de maîtrise d'œuvre relatif à la restauration du château de Bouteville à la SARL Analepse - Patrimoine et architecture et d'enjoindre à la communauté d'agglomération de réexaminer les offres.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 août 2024, la communauté d'agglomération du Grand Cognac, représentée par Me Calmels, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la SARL Architecture Patrimoine et Paysage B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée à la SARL Analepse - Patrimoine, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Henry pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, qui s'est tenue en présence de Mme Gervier, greffière d'audience, et de Mme A, représentant la SARL Analepse - Patrimoine, qui n'a pas souhaité présenter d'observations :
- le rapport de M. Henry, juge des référés,
- et les observations de M. B, représentant la société requérante, et Me Calmels, représentant la communauté d'agglomération du Grand Cognac.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix () ".
2. La SARL Architecture Patrimoine et Paysage B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler la décision de la communauté d'agglomération du Grand Cognac attribuant l'accord-cadre de maîtrise d'œuvre relatif à la restauration du château de Bouteville à la SARL Analepse - Patrimoine et architecture et d'enjoindre à la communauté d'agglomération de réexaminer les offres.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2152-7 du code de la commande publique : " Le marché est attribué au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse sur la base d'un ou plusieurs critères objectifs, précis et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution () ". Aux termes de l'article L. 2152-8 du même code : " Les critères d'attribution n'ont pas pour effet de conférer une liberté de choix illimitée à l'acheteur et garantissent la possibilité d'une véritable concurrence. Ils sont rendus publics dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de son article R. 2152-11 : " Les critères d'attribution ainsi que les modalités de leur mise en œuvre sont indiqués dans les documents de la consultation ". Enfin, aux termes de son article R. 2152-12 : " Pour les marchés passés selon une procédure formalisée, les critères d'attribution font l'objet d'une pondération ou, lorsque la pondération n'est pas possible pour des raisons objectives, sont indiqués par ordre décroissant d'importance. La pondération peut être exprimée sous forme d'une fourchette avec un écart maximum approprié ".
4. Pour assurer le respect des principes de liberté d'accès à la commande publique, d'égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, l'information appropriée des candidats sur les critères d'attribution d'un marché public est nécessaire, dès l'engagement de la procédure d'attribution du marché, dans l'avis d'appel public à concurrence ou le cahier des charges tenu à la disposition des candidats. Dans le cas où le pouvoir adjudicateur souhaite retenir d'autres critères que celui du prix, il doit porter à la connaissance des candidats la pondération ou la hiérarchisation de ces critères. Il doit également porter à la connaissance des candidats la pondération ou la hiérarchisation des sous-critères dès lors que, eu égard à leur nature et à l'importance de cette pondération ou hiérarchisation, ils sont susceptibles d'exercer une influence sur la présentation des offres par les candidats ainsi que sur leur sélection et doivent en conséquence être eux-mêmes regardés comme des critères de sélection. Il n'est, en revanche, pas tenu d'informer les candidats de la méthode de notation des offres.
5. Il résulte de l'instruction que le règlement de consultation de l'accord-cadre en litige exposait, à son point 6.4.1, les critères de sélection des offres, à savoir deux critères techniques (méthodologie proposée pour mener à bien la prestation, sur 50 points, et délais de réalisation des études du marché subséquent n° 1, sur 10 points), ainsi que le critère du prix, sur 40 points, lequel était divisé en deux sous-critères détaillés par le règlement. Ainsi, la société requérante, qui ne paraît pas critiquer la précision de ces critères, ou à tout le moins qui n'assortit pas cette critique de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé et la portée, n'est pas fondée à soutenir que " l'absence de critère de jugement des offres dans le règlement de consultation posait un problème dans la construction des réponses des candidats ". Par ailleurs, à supposer que la société requérante ait en réalité entendu soutenir que le règlement n'exposait pas la méthode de notation des offres, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la communauté d'agglomération du Grand Cognac n'était pas tenue de faire figurer cette information dans le règlement de la consultation.
6. En second lieu, il résulte de l'article L. 551-1 du code de justice administrative que le juge du référé précontractuel doit seulement se prononcer sur le respect, par le pouvoir adjudicateur, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat. Dès lors, il ne lui appartient pas de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Par suite, la société requérante ne peut utilement soutenir que compte tenu des mérites de son offre, la communauté d'agglomération aurait commis une " erreur manifeste d'appréciation " en ne lui attribuant que des notes de 37 sur 50 pour le premier critère technique et 5 sur 10 pour le second et en rejetant son offre, qui était la moins chère.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de la SARL Architecture Patrimoine et Paysage B doit être rejetée.
8. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la communauté d'agglomération du Grand Cognac sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SARL Architecture Patrimoine et Paysage B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération du Grand Cognac au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Architecture Patrimoine et Paysage B, à la communauté d'agglomération du Grand Cognac et à la SARL Analepse - Patrimoine.
Fait à Poitiers, le 9 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
B. HENRY
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026