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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2402161

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402161

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402161
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté la requête de la SAS Drapo, qui demandait la condamnation de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) à lui verser 4 000 euros en réparation d'un préjudice. La société, mandataire d'un client pour une prime MaPrimeRénov, n'a pas justifié avoir formé une demande indemnitaire préalable en son nom propre auprès de l'ANAH, condition de recevabilité du recours de plein contentieux. Le recours administratif préalable qu'elle avait présenté au nom de son client ne pouvait tenir lieu de cette demande. En application des articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 612-1 du code de justice administrative, la requête a été jugée manifestement irrecevable et rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er août 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Drapo, représentée par Me Pitcher, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) à lui verser une indemnité de 4 000 euros en réparation du préjudice subi du fait de la faute commise par cet établissement en refusant de lui verser la prime de transition énergétique de M. B A ;

2°) de mettre à la charge de cette agence la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'en sa qualité de mandataire agréé par l'Etat dans le cadre de la procédure MaPrimeRénov, elle bénéficie d'un mandat mixte (administratif et financier) de M. A qu'elle représente vis-à-vis de l'ANAH ; après avoir établi le dossier de ce dernier et s'être assuré que ce dossier était complet, elle a présenté celui-ci à l'ANAH qui a accepté le versement de la subvention MaPrimeRénov le 15 mars 2022 ; dans le cadre de son mandat de financement, elle a alors avancé le montant de cette subvention à son client ; après vérification du bon déroulement des travaux prévus, elle a sollicité de l'ANAH le versement direct de ladite subvention mais l'ANAH a retiré, le 29 février 2024, sans aucun motif, la prime qu'elle s'était engagée à verser à son client ; elle a effectué, sans succès, un recours préalable au nom de M. A le 14 mai 2024 auprès de l'ANAH ; la responsabilité de cet établissement est engagée pour faute du fait du refus de lui verser la subvention litigieuse sans motif et de son comportement dans de multiples affaires identiques, alors que le dossier de son client était complet et que les travaux ont correctement été réalisés ; cette faute est à l'origine d'un préjudice de même montant que la prime qu'elle a versée, en tant que mandataire, à son client.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser.() La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. () ".

3. En dépit de la demande de régularisation du 19 août 2024, qui a été adressée au conseil de la SAS Drapo par l'application " télérecours " et dont celui-ci a pris connaissance le lendemain, tendant à ce que la société produise la demande qu'elle prétend avoir adressée à l'ANAH tendant à l'indemnisation du préjudice financier d'un montant de 4 000 euros qu'elle allègue avoir subi du fait de la faute commise par cet établissement en refusant de lui verser directement le montant de la subvention promise au client dont elle est le mandataire administratif et financier, la requérante n'a pas produit, à l'expiration d'un délai de quinze jours, de décision rejetant sa demande indemnitaire préalable, ni même justifié avoir formé une telle demande devant l'administration. A cet égard, le recours administratif préalable obligatoire que la société requérante a adressé au nom de son client, et pas en son nom propre, à l'ANAH le 14 mai 2024 sur le fondement de l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, qui se bornait à contester le refus de versement de cette subvention à son client sans aucunement demander l'indemnisation, sur le terrain de la faute, du préjudice que la société allègue avoir subi du fait du comportement de l'ANAH dans cette affaire, ne saurait tenir lieu d'une telle demande indemnitaire. A la date de la présente ordonnance, l'ANAH n'a donc pris aucune décision expresse ou implicite refusant à la société requérante le bénéfice de l'indemnisation pour faute que celle-ci réclame. Il s'ensuit que les conclusions indemnitaires présentées par la SAS Drapo sont manifestement irrecevables.

4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu, par application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter la requête de la SAS Drapo, y compris ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SAS Drapo est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée Drapo.

Copie en sera transmise, pour information, à l'Agence nationale de l'habitat.

Fait à Poitiers, le 18 octobre 2024.

Le président de la 1ère chambre,

Signé

L. CAMPOY

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D. GERVIER

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