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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2402358

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402358

jeudi 30 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402358
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté l'opposition formée par Mme A... contre une contrainte émise par France Travail pour le recouvrement d'un indu d'allocation de solidarité spécifique de 828,97 euros. La requérante invoquait sa précarité financière et une erreur de France Travail, mais ces moyens ont été jugés inopérants dans le cadre d'une opposition à contrainte, car ils ne portaient ni sur la régularité de la contrainte ni sur le bien-fondé de la créance. Malgré une invitation à régulariser sa requête, Mme A... n'a pas fourni d'argumentation pertinente. La décision se fonde sur les articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 août 2024, Mme B... A... déclare former opposition à la contrainte émise à son encontre le 13 août 2024 par France travail Nouvelle Aquitaine à l’effet de recouvrer un indu d’allocation de solidarité spécifique d’un montant de 828,97 euros pour la période du 17 novembre 2023 au 31 décembre 2023 ainsi que des frais de poursuite.

Elle soutient que le versement du trop-perçu qu’on lui réclame résulte d’une erreur commise par France Travail et qu’elle n’a pas les moyens financiers de verser la somme mise à sa charge.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes, d’une part, de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents des formations de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (…) les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…) ».

2. Aux termes, d’autre part, de l’article R. 772-6 du même code, applicable en matière de contentieux sociaux : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ».

3. A l’appui de sa requête, Mme B... A... invoque la précarité de sa situation financière et la circonstance que l’indu qu’on lui réclame proviendrait d’une erreur de France travail. De tels moyens, qui n’ont pas trait à la régularité de la contrainte émise ou au bien-fondé de la créance dont le paiement est recherché, sont inopérants dans le cadre d’une opposition à contrainte. Au demeurant, le moyen tiré de l’erreur qu’aurait commise France travail n’est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par un courrier du 12 septembre 2024, adressé par l’application Télérecours et mis à la disposition de la requérante le même jour, Mme A... a été invitée à régulariser sa requête à l’aide d’un formulaire mis à sa disposition par la juridiction administrative et contenant l'ensemble des informations requises mentionnées au premier alinéa de l’article R. 772-6 du code de justice administrative. Malgré cette demande, la requérante n’a produit aucun autre moyen tenant notamment au bien-fondé de la contrainte attaquée, ni aucun élément de nature à compléter la motivation de sa demande. Par suite, sa requête doit être rejetée en application des dispositions du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Copie en sera adressée à France travail Nouvelle-Aquitaine.



Fait à Poitiers le 30 janvier 2025.



Le président de la 1ère chambre,


Signé


L. CAMPOY









La République mande et ordonne à la ministre chargée du travail et de l’emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D. GERVIER


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