Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402366

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402366
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. B, qui demandait la destruction d’un garage privé construit par son voisin. Le juge a constaté que la demande était irrecevable, car il n’appartient pas au juge administratif d’ordonner la démolition d’une construction privée ne constituant pas un ouvrage public. La requête, insuffisamment précise et ne relevant d’aucune procédure d’urgence identifiable, a été rejetée sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 31 août et 10 septembre 2024, M. A B, demande au tribunal d'ordonner la destruction immédiate du garage construit par son voisin en méconnaissance de la réglementation applicable, ou de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire respecter son droit de propriété.

Il soutient que l'implantation du garage appartenant à son voisin rend impossible la réalisation de travaux sur sa propriété, travaux qui sont indispensables pour assurer l'étanchéité et la salubrité de sa maison d'habitation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Selon le 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de tribunal administratif peuvent, par ordonnance, rejeter les requêtes manifestement irrecevables et insusceptibles d'être régularisées.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Enfin, aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. () ".

3. Si M. B se prévaut dans sa requête d'une situation d'urgence et indique vouloir saisir le juge des référés, il ne cite aucune disposition permettant d'identifier la procédure d'urgence dont il demande l'application. Par ailleurs, ses conclusions principales sont en tout état de cause irrecevables, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif d'ordonner la démolition d'une construction qui ne présente pas le caractère d'un ouvrage public. Enfin, sa demande tendant à ce que le juge prenne toutes les mesures nécessaires pour faire respecter son droit de propriété n'est pas suffisamment précise pour qu'il soit possible d'en apprécier la portée.

4. Par suite, la requête de M. B est entachée d'une irrecevabilité manifeste et ne peut qu'être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Poitiers, le 17 septembre 2024.

La présidente,

Signé

I. LE BRIS

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD