vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402492 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 septembre 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Berroyer représentée par son dirigeant, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 551-13 du code de justice administrative d'annuler les marchés conclus par la communauté d'agglomération du Grand Châtellerault, service de gestion des déchets, relatifs à l'acquisition et à la livraison de véhicule de collectes pour les années 2024-2028, pour le lot n° 3 " fournitures et pose de bras de levage, grues hydrauliques et passerelles " et pour le lot n°4 " acquisition et livraison de remorques ".
Elle soutient que :
- la décision de rejet du 30 août 2024 de la communauté d'agglomération du Grand Châtellerault ne pouvait pas retenir que les offres qu'elle a déposées étaient irrégulières en l'absence de fourniture du bordereau de prix unitaires et du détail quantitatif estimatif (BPU et de DQE), pièces obligatoires dès lors qu'au moment de la remise des documents qui a eu lieu le 15 juillet 2024, ces pièces n'étaient pas présentes dans le fichier de remise des offres accessible sur la plateforme ;
- la demande de pièces lui a été envoyée le 13 août 2024 ; la transmission de ses pièces n'a pas été prise en compte ;
- le courrier d'avis lui a été adressé par lettre simple et la date d'expiration du délai de 11 jours n'était pas précisée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la commande publique,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Cristille, vice-président, en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 551-13 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi, une fois conclu l'un des contrats mentionnés aux articles L. 551-1 et L. 551-5, d'un recours régi par la présente section. ". Aux termes de l'article L. 551-14 du même code : " Les personnes habilitées à agir sont celles qui ont un intérêt à conclure le contrat et qui sont susceptibles d'être lésées par des manquements aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles sont soumis ces contrats, ainsi que le représentant de l'Etat dans le cas des contrats passés par une collectivité territoriale ou un établissement public local. / Toutefois, le recours régi par la présente section n'est pas ouvert au demandeur ayant fait usage du recours prévu à l'article L. 551-1 ou à l'article L. 551-5 dès lors que le pouvoir adjudicateur ou l'entité adjudicatrice a respecté la suspension prévue à l'article L. 551-4 ou à l'article L. 551-9 et s'est conformé à la décision juridictionnelle rendue sur ce recours. ". Aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Le recours régi par la présente section ne peut être exercé ni à l'égard des contrats dont la passation n'est pas soumise à une obligation de publicité préalable lorsque le pouvoir adjudicateur ou l'entité adjudicatrice a, avant la conclusion du contrat, rendu publique son intention de le conclure et observé un délai de onze jours après cette publication, ni à l'égard des contrats soumis à publicité préalable auxquels ne s'applique pas l'obligation de communiquer la décision d'attribution aux candidats non retenus lorsque le pouvoir adjudicateur ou l'entité adjudicatrice a accompli la même formalité. / (..) ". Aux termes de l'article L. 551-18 du même code : " Le juge prononce la nullité du contrat lorsqu'aucune des mesures de publicité requises pour sa passation n'a été prise, ou lorsque a été omise une publication au Journal officiel de l'Union européenne dans le cas où une telle publication est prescrite. / La même annulation est prononcée lorsque ont été méconnues les modalités de remise en concurrence prévues pour la passation des contrats fondés sur un accord-cadre ou un système d'acquisition dynamique. / Le juge prononce également la nullité du contrat lorsque celui-ci a été signé avant l'expiration du délai exigé après l'envoi de la décision d'attribution aux opérateurs économiques ayant présenté une candidature ou une offre ou pendant la suspension prévue à l'article L. 551-4 ou à l'article L. 551-9 si, en outre, deux conditions sont remplies : la méconnaissance de ces obligations a privé le demandeur de son droit d'exercer le recours prévu par les articles L. 551-1 et L. 551-5, et les obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles sa passation est soumise ont été méconnues d'une manière affectant les chances de l'auteur du recours d'obtenir le contrat. ". Aux termes de l'article L. 551-19 du même code : " Toutefois, dans les cas prévus à l'article L. 551-18, le juge peut sanctionner le manquement soit par la résiliation du contrat, soit par la réduction de sa durée, soit par une pénalité financière imposée au pouvoir adjudicateur ou à l'entité adjudicatrice, si le prononcé de la nullité du contrat se heurte à une raison impérieuse d'intérêt général. / Cette raison ne peut être constituée par la prise en compte d'un intérêt économique que si la nullité du contrat entraîne des conséquences disproportionnées et que l'intérêt économique atteint n'est pas directement lié au contrat, ou si le contrat porte sur une délégation de service public ou encore si la nullité du contrat menace sérieusement l'existence même d'un programme de défense ou de sécurité plus large qui est essentiel pour les intérêts de sécurité de l'Etat. ".
2. Il résulte des dispositions des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative que sont recevables à saisir le juge d'un référé contractuel les candidats qui n'ont pas engagé un référé précontractuel, lorsque le pouvoir adjudicateur ou l'entité adjudicatrice n'a pas communiqué la décision d'attribution aux candidats non retenus ou n'a pas observé, avant de signer le contrat, un délai de onze jours après cette communication.
3. Il résulte de l'instruction et notamment de la décision datée du 30 août 2024 prise par la communauté d'agglomération du Grand Châtellerault, que la société requérante a été informée que son offre pour les lots n°3 et n°4 n'avait pas été retenue, que les attributaires en étaient la société Blanchard SAS pour le lot n°3 et la société Richelieu pour le lot n°4, que la signature du marché était suspendue pendant 11 jours à compter de la date d'envoi de la décision et qu'elle avait la possibilité d'introduire un référé précontractuel avant la signature. Il n'est pas allégué par la société requérante que la communauté d'agglomération aurait, avant le terme de ce délai, signé les contrats en litige. Dans ces conditions, en application des principes précédemment rappelés, la société requérante n'est pas recevable à saisir le juge du référé contractuel alors qu'elle avait la possibilité de saisir le juge du référé précontractuel et qu'elle s'est abstenue de le faire sans faire état d'aucun obstacle particulier.
4. La requête de la SAR Berroyer est rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SAS Berroyer est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée Berroyer.
Copie en sera adressée à la communauté du Grand Châtellerault.
Fait à Poitiers, le 27 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. CRISTILLE
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
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