mardi 24 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402560 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, M. A B demande au tribunal, saisi en application des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'ordonner à l'Etat de lui attribuer un logement tenant compte de ses besoins et capacités.
Il soutient qu'il a été reconnu prioritaire et devant être logé en urgence par une décision du 18 juin 2024 de la commission de médiation du droit au logement opposable de la Charente-Maritime.
Par un mémoire, enregistré le 25 novembre 2024, M. B doit être regardé comme se désistant de ses conclusions à fin d'injonction et demande au tribunal de condamner l'Etat à réparer le préjudice qu'il a subi du fait du retard à lui attribuer un logement.
Il explique que lorsque le bailleur social Habitat 17 lui a proposé un logement, il a décliné l'offre car il venait d'entrer dans une résidence autonomie gérée par le CCAS de Royan, et il fait valoir qu'il a dû assumer des frais d'hôtel du fait du retard de l'Etat à exécuter la décision de la commission de médiation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 3º Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; ".
Sur les conclusions à fins d'injonction :
2. Par une décision du 18 juin 2024, la commission de médiation de la Charente-Maritime a reconnu M. B comme prioritaire et devant être logé d'urgence dans un logement répondant à ses besoins et capacités.
3. Par un mémoire du 25 novembre 2024, M. B a informé le tribunal que, depuis le 22 novembre 2024, il était locataire d'un studio dans une résidence autonomie gérée par le CCAS de Royan et qu'il avait, de ce fait, refusé une proposition de logement du bailleur social Habitat 17. Par suite, le requérant doit être regardé comme s'étant désisté de ses conclusions présentées à fin d'injonction. Ce désistement est pur et simple, et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
4. Si le bénéficiaire d'une décision favorable de la commission de médiation peut, en cas de carence de l'administration à exécuter cette décision dans le délai imparti, demander au juge administratif de condamner l'Etat à l'indemniser des troubles dans ses conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, il ne peut présenter dans la même demande des conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné à l'Etat d'assurer son logement ou son relogement conformément à la décision de la commission de médiation, de telles conclusions ne pouvant être portées que devant le tribunal administratif statuant dans les conditions prévues par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.
5. M. B a présenté dans une même requête des conclusions à fin d'injonction sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et des conclusions indemnitaires. En outre, il n'a pas produit de demande indemnitaire préalable à l'appui de sa requête. Il a par conséquent été invité à régulariser sa requête le 28 novembre 2024, en produisant, d'une part, sa demande indemnitaire préalable et, d'autre part, en déposant ses conclusions indemnitaires au sein d'une requête distincte, le tout dans un délai de quinze jours. M. B a accusé réception de ces demandes de régularisation le 3 décembre 2024. À la date de la présente ordonnance, il n'a pas produit de demande indemnitaire préalable et n'a pas davantage présenté de requête distincte en ce qui concerne ses conclusions indemnitaires. Par suite, ces conclusions sont manifestement irrecevables et doivent être rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. B de ses conclusions à fin d'injonction.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée au préfet de la Charente-Maritime.
Fait à Poitiers, le 24 décembre 2024.
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE
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