mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402641 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2024, Mme B A, épouse C, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 24 septembre 2024 par laquelle la présidente de l'université de Poitiers a rejeté sa demande tendant à la réouverture des candidatures au master " recherche et études " de l'institut d'administration des entreprises (IAE) de Poitiers, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à l'université de Poitiers de procéder à la réouverture des candidatures au master " recherche et études " de l'IAE de Poitiers.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence posée par les dispositions du premier alinéa de l'article L. 521-1
du code de justice administrative est satisfaite dès lors que la formation du master " recherche et études " de l'IAE de Poitiers débute le 7 octobre 2024 ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont elle demande la suspension ; cette décision méconnaît le principe d'égalité entre les candidats en ce que le tarif de la formation a été corrigé après la date de clôture des candidatures et qu'un autre candidat a été admis à cette formation sans respecter la procédure " eCandidat " ; l'administration a manqué à son obligation de transparence en modifiant le tarif de 4 900 euros à 2 350 euros trois jours avant la clôture des candidatures, sans information préalable.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 27 septembre 2024 sous le n° 2402642 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Campoy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. A partir de la rentrée universitaire 2024-2025, le centre de recherche en gestion (CEREGE) de l'institut d'administration des entreprises (IAE) de Poitiers a remplacé le diplôme universitaire " recherche en sciences de gestion " par une formation de master 2 " recherche et études ". Les candidatures à cette nouvelle formation étaient ouvertes sur la plateforme " eCandidat " du 29 avril 2024 au 29 juin suivant. Le tarif communiqué publiquement sur le site du CEREGE s'élevait à 2 350 euros pour une formation continue financée à titre personnel. Mme B A, épouse C, qui exerce les fonctions de secrétaire de direction au sein de l'institut d'administration des entreprises (IAE) de Poitiers, a présenté le 22 juin 2024 sa candidature à cette formation. L'une de ses collègues l'a informée, par courriel interne du 26 juin 2024, que le tarif individuel cette formation devait être porté à 4 900 euros en lui demandant de corriger, sur ce point, le site du CEREGE. Selon Mme C, cette information l'a privée, faute de moyens financiers suffisants, de finaliser son dossier de candidature dans les délais prévus. L'administration ayant, par la suite, confirmée que le tarif de cette formation demeurerait inchangé à 2 350 euros, Mme C a demandé aux responsables de cette filière ainsi qu'au directeur de l'IAE, de rouvrir la procédure de candidature pour lui permettre de présenter son dossier à cette formation. Faute de réponse de la part de ces derniers, Mme C a demandé, le 16 septembre 2024, à la présidente de l'université de Poitiers la réouverture exceptionnelle des candidatures pour cette formation, ou, à défaut, l'examen de son dossier sans passer par la plateforme eCandidat ainsi que l'indemnisation, à hauteur de 2 550 euros, des préjudices moraux qu'elle estimait avoir subis. Le 24 septembre 2024, la présidente de l'université de Poitiers a rejeté sa demande de nouvel examen de sa candidature. Mme C demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette dernière décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " () lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci () est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. En premier lieu, il est constant que le tarif d'une formation continue financée à titre personnel de master 2 " recherche et études " a toujours été fixé à 2 350 euros sur le site du CEREGE. La requérante, dont il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'elle devait nécessairement régler immédiatement le prix de cette formation, pouvait ainsi parfaitement finaliser, comme les autres étudiants, son inscription dans les délais prévus, quitte à y renoncer par la suite ou contester le montant des sommes supplémentaires mises à sa charge en cas d'augmentation des tarifs votés par le conseil d'administration de l'université. Tous les candidats, y compris Mme C, ont disposé du même délai pour s'inscrire. En rejetant la demande de l'intéressée tendant à la réouverture exceptionnelle des candidatures pour cette formation ou à l'examen de son dossier sans passer par la plateforme eCandidat, la présidente de l'université de Poitiers s'est ainsi strictement conformée au principe d'égalité entre les candidats.
4. En deuxième lieu, la circonstance qu'un étudiant aurait été admis à candidater à cette formation sans utiliser la procédure prévue par la plateforme eCandidat, outre qu'elle n'est pas établie, est, en toute hypothèse, sans incidence sur la légalité du refus opposée par la présidente de l'université à Mme C.
5. En dernier lieu, comme il a été dit au point 3, le tarif d'une formation continue financée à titre personnel de master 2 " recherche et études " a toujours été fixé à 2 350 euros sur le site du CEREGE. Il ne ressort, en tout état de cause, d'aucune des pièces du dossier que le conseil d'administration de l'université aurait modifié le tarif de la formation de master 2 " recherche et études " peu de temps avant la clôture des candidatures. L'éventuelle erreur de tarif commise par l'une des collègues de Mme C dans son courriel du 26 juin 2024 est sans influence sur les conditions financières s'appliquant aux étudiants inscrits à cette formation. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'université aurait " manqué à son obligation de transparence " qu'elle que soit la portée du moyen ainsi soulevé.
4. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence fixée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par Mme C ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction suivant la procédure prévue par l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A, épouse C.
Copie en sera transmise pour information à l'université de Poitiers.
Fait à Poitiers, le 2 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
L. Campoy
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
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