jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402900 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP BCJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 15 octobre et 19 novembre 2024, Mme A B demande l'annulation des décisions du 26 septembre 2024 par lesquelles la caisse d'allocation familiale de la Vienne ne lui a accordé une remise gracieuse qu'à hauteur de 50% sur des dettes d'allocations familiales, d'allocation d'éducation de l'enfant handicapé et de prime d'activité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'organisation judiciaire, notamment ses articles L. 211-16 et D. 211-10-3 ;
- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015, modifié par le décret n° 2018-928 du 29 octobre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
En ce qui concerne la dette d'allocations familiales et d'allocation d'éducation de l'enfant handicapé :
1. En application du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugement de tribunal administratif peuvent, par ordonnance, rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative.
2. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux général de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole, à l'exception des litiges relevant du contentieux technique de la sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Les prestations familiales comprennent : / 1°) la prestation d'accueil du jeune enfant ; / 2°) les allocations familiales ; / 3°) le complément familial ; / 4°) L'allocation de logement régie par les dispositions du livre VIII du code de la construction et de l'habitation ; / 5°) l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ; / 6°) l'allocation de soutien familial ; / 7°) l'allocation de rentrée scolaire ; / 8°) L'allocation forfaitaire versée en cas de décès d'un enfant ; / 9°) l'allocation journalière de présence parentale ". Enfin, aux termes de l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; / 2° Au contentieux de l'admission à l'aide sociale défini à l'article L. 142-3 ".
3. Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs aux prestations familiales sont au nombre des litiges relatifs à l'application des législations et réglementations de sécurité sociale mentionnés à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, et relèvent ainsi du contentieux général de la sécurité sociale, qui est de la compétence du juge judiciaire.
4. Par suite, les conclusions présentées par Mme B qui tendent à l'annulation de deux décisions du 26 septembre 2024 par lesquelles la caisse d'allocation familiale de la Vienne ne lui a accordé une remise gracieuse qu'à hauteur de 50% sur des dettes dues à un trop perçu d'allocations familiales et d'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ne relèvent pas de la compétence du juge administratif mais de celle du juge judiciaire. Dès lors, il y a lieu de rejeter ces conclusions comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, en application des dispositions 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne la dette de prime d'activité :
5. Le tribunal administratif reste saisi des conclusions dirigées contre la décision du 26 septembre 2024 par laquelle la caisse d'allocation familiale de la Vienne a accordé une remise gracieuse partielle de la dette de prime d'activité de Mme B, qui reste redevable à ce titre d'une somme de 674,19 euros. L'instruction se poursuit sous le n° 2402900.
ORDONNE :
Article 1er : Les conclusions présentées par Mme B à l'encontre des décisions du 26 septembre 2024 relatives aux allocations familiales et à l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme B à l'encontre de la décision du 26 septembre 2024 relative à la prime d'activité restent instruites par le tribunal administratif de Poitiers sous le n° 2402900
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la caisse d'allocation familiale de la Vienne.
Fait à Poitiers, le 12 décembre 2024
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité hommes-femmes ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE
N ° 2402900
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
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