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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2403140

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2403140

jeudi 26 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2403140
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant par ordonnance, a été saisi par la préfète des Deux-Sèvres pour constater qu'il n'y avait pas lieu de liquider l'astreinte de 300 euros par mois prononcée à l'encontre de l'État par un jugement du 22 avril 2024. Cette astreinte visait à contraindre l'administration à présenter une offre de logement adaptée à Mme A avant le 1er juin 2024. Le tribunal a constaté que l'État s'était acquitté de son obligation en proposant un logement à Mme A dès octobre 2023, bail signé le 3 janvier 2024, soit avant la date limite fixée. En application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative, le tribunal a décidé qu'il n'y avait pas lieu de liquider l'astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n° 2302719 du 22 avril 2024, le tribunal a prononcé une astreinte de 300 euros par mois de retard à l'encontre de l'Etat si ce dernier ne justifiait pas avoir présenté à Mme A une offre de logement adapté à ses besoins et capacités avant le 1er juin 2024.

Par un courrier enregistré le 19 juillet 2024, la préfète des Deux-Sèvres demande au tribunal de constater qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte prononcée par ce jugement du 22 avril 2024.

Elle soutient que Mme A s'est vue proposer un logement courant octobre 2023 par l'Immobilière Atlantic Aménagement, et qu'elle a signé le bail le 3 janvier 2024.

La procédure a été communiquée à Mme A, qui n'a pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 778-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du 7ème alinéa du II de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Pour les seules astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de l'ordonnance de liquidation définitive ".

2. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de cette astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'État voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte ".

3. Il résulte de l'instruction que la préfète des Deux-Sèvres a désigné le bailleur social Immobilière Atlantic Aménagement pour présenter une offre de logement à Mme A, ce qui a été fait le 13 octobre 2023. Mme A a signé un bail pour le logement ainsi proposé le 3 janvier 2024, et elle est entrée dans les lieux le 11 janvier suivant. Par suite, le préfet est fondé à soutenir que l'Etat s'est acquitté de son obligation avant le 1er juin 2024, date limite fixée par le jugement du 22 avril 2024. Dès lors, il n'y a pas lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte prononcée par ce jugement.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu, à titre définitif, de liquider l'astreinte prononcée à l'encontre de l'Etat par le jugement n° 2302719 du 22 avril 2024.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la préfète des Deux-Sèvres, à Mme B A et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Fait à Poitiers le 26 décembre 2024.

La magistrate désignée

Signé

Isabelle C

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

S. GAGNAIRE

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