Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de Mme B... contestant une décision de la CAF de la Charente-Maritime lui accordant une remise partielle de dette d’aide au logement, laissant 156 euros à sa charge. La requérante n’a pas fourni d’éléments précis sur sa situation financière malgré une demande de régularisation fondée sur l’article R. 772-6 du code de justice administrative. En l’absence de précisions suffisantes, le tribunal a appliqué le 7° de l’article R. 222-1 du même code pour rejeter la requête comme manifestement dépourvue de moyens permettant d’en apprécier le bien-fondé.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mars 2025, Mme A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 21 janvier 2025 par laquelle la caisse d’allocations familiales de la Charente-Maritime ne lui a accordé qu’une remise partielle de dette d’aide personnelle au logement, laissant à sa charge une somme de 156 euros.
Par une lettre du 2 avril 2025, Mme B... a été invitée à régulariser sa requête en complétant sa motivation, à l’aide notamment du formulaire pré-rempli prévu par l’article R. 772-7 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7. ». Aux termes de l’article R. 611-8-2 du même code : « Toute juridiction peut adresser par le moyen de l’application informatique mentionnée à l’article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier (…) ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 dudit code : « (…) Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a ainsi été adressé, certifiée par l’accusé de réception délivré par l’application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l’application, à l’issue de ce délai (…) ».
3. A l’appui de sa contestation de la décision du 21 janvier 2025 par laquelle la caisse d’allocations familiales de la Charente-Maritime ne lui a accordé qu’une remise partielle de dette d’aide personnelle au logement, laissant à sa charge une somme de 156 euros, Mme B... fait état de son incapacité à payer cette dette mais n’apporte aucun élément précis sur sa situation, notamment financière. Par un courrier du 2 avril 2025, transmis par le biais de l’application Télérecours dont elle est réputée avoir eu connaissance, en l’absence d’accusé de réception, le 4 avril suivant en application de l’article R. 611-8-6 du code de justice administrative, elle a été invitée à régulariser sa requête, dans un délai de quinze jours, à l’aide du formulaire pré-rempli prévu à cet effet, par application de l’article R. 772-6 du code de justice administrative. Mme B... n’a produit, ni à l’expiration du délai qui lui était imparti ni même après celui-ci, aucun document susceptible de compléter la motivation de sa demande. Par suite, sa requête, qui ne comporte que des moyens manifestement dépourvus de précisions permettant au tribunal d’en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée par application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Poitiers, le 2 juillet 2025.
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière
Signé
D. MADRANGE