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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2502450

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2502450

vendredi 29 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2502450
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Requête de Mme B demandant au tribunal d’enjoindre au centre hospitalier de Saint-Jean d’Angély de lui remettre des bulletins de paie manquants et de le condamner à une indemnité. Le Tribunal administratif de Poitiers, statuant par ordonnance, rejette la requête comme manifestement irrecevable. Il rappelle qu’il n’appartient pas au juge administratif d’adresser des injonctions à l’administration ou de se substituer à elle, hors cas prévus par la loi. La décision est fondée sur les articles R. 222-1, R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 juillet 2025, Mme A B demande au tribunal de " condamner " le centre hospitalier de Saint-Jean d'Angely de lui remettre ses bulletins de paie des mois de mars, juin, juillet, août, septembre et novembre 2024, ainsi que tous ceux de l'année 2025, et de condamner le centre hospitalier de Saint-Jean d'Angely à lui verser la somme de 200 euros par bulletin de paie manquant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent par ordonnance () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Selon l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".

3. Il résulte des dispositions précitées qu'en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'accueillir des conclusions tendant à d'autres fins que l'annulation d'une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d'une personne publique à verser une somme d'argent. Ainsi, le juge administratif ne peut pas faire œuvre d'administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l'annulation d'un acte administratif prononcée à titre principal.

4. Dans ses écritures, Mme B demande au tribunal d'ordonner au centre hospitalier de Saint-Jean d'Angely de lui délivrer des bulletins de paie manquants. Toutefois en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration pas plus qu'il ne lui appartient de faire œuvre d'administrateur.

5. Dans ces conditions, la requête de Mme B est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative précité.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Poitiers le 29 août 2025.

Le président de la 3ème chambre,

Signé

P. CRISTILLE

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

N. COLLET

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