Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2503765
vendredi 12 décembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2503765 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ANTOINE |
Résumé IA
Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B... contre un arrêté préfectoral d’obligation de quitter le territoire français. Le juge a constaté que la notification de l’arrêté, effectuée le 22 octobre 2024 à l’adresse du centre d’accueil où résidait l’intéressée, était régulière, et que le recours introduit le 25 novembre 2025 était tardif. La solution est fondée sur les articles R. 222-1 (4°) et R. 421-1 du code de justice administrative, qui imposent un délai de recours de deux mois.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 novembre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Antoine, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté en date du 18 octobre 2024 par lequel le préfet de la Vienne l’a obligée à quitter le territoire français, a fixé le délai de départ volontaire et a fixé le pays de renvoi,
2°) d’enjoindre, à titre principal, au préfet de la Vienne de lui octroyer un titre de séjour mention vie privée et familiale, ou à titre subsidiaire, de lui octroyer une autorisation provisoire de séjour sur le fondement de l’article L. 121-9 du code de l’action sociale et des familles, le tout dans un délai d’un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard.
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu’il renonce à percevoir la part contributive de l’Etat versée au titre de l’aide juridictionnelle ;
Par une décision du 2 décembre 2025, Mme B... a été admise à l’aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de tribunal administratif peuvent rejeter par ordonnance les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens.
2. L’article R. 421-1 du même code dispose que : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d'argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle. »
3. Il ressort des pièces du dossier que l’avis de réception du pli contenant l’arrêté attaqué qui est joint aux pièces du dossier permet de constater que ce pli a été présenté le 22 octobre 2024, à l’adresse du centre d’accueil pour demandeur d’asile géré par Audacia, situé au 2 rue du Général Sarrail à Poitiers. Si Mme B... soutient qu’elle ne résidait plus à cette adresse à la date d’édiction de l’arrêté en litige et qu’elle n’a eu connaissance de l’existence de cette décision que le 27 octobre 2025, il apparaît que ce pli a été réexpédié à la préfecture de la Vienne revêtu des mentions « présenté/avisé le 22/10/24 » et que la case « pli avisé et non réclamé », correspondant au motif de non-distribution était cochée. Ainsi, les mentions précises, claires et concordantes de l’avis de réception établissent de manière suffisamment certaine la notification régulière du pli à l’intéressée, le 22 octobre 2024. Dès lors, la requête de Mme B... enregistrée le 25 novembre 2025, soit postérieurement au délai de recours contentieux, est tardive et manifestement irrecevable. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en raison de son irrecevabilité manifeste en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Poitiers, le 12 décembre 2025
Le président,
Signé
P. CRISTILLE
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
N. COLLET
Par une requête enregistrée le 25 novembre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Antoine, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté en date du 18 octobre 2024 par lequel le préfet de la Vienne l’a obligée à quitter le territoire français, a fixé le délai de départ volontaire et a fixé le pays de renvoi,
2°) d’enjoindre, à titre principal, au préfet de la Vienne de lui octroyer un titre de séjour mention vie privée et familiale, ou à titre subsidiaire, de lui octroyer une autorisation provisoire de séjour sur le fondement de l’article L. 121-9 du code de l’action sociale et des familles, le tout dans un délai d’un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard.
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu’il renonce à percevoir la part contributive de l’Etat versée au titre de l’aide juridictionnelle ;
Par une décision du 2 décembre 2025, Mme B... a été admise à l’aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de tribunal administratif peuvent rejeter par ordonnance les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens.
2. L’article R. 421-1 du même code dispose que : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d'argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle. »
3. Il ressort des pièces du dossier que l’avis de réception du pli contenant l’arrêté attaqué qui est joint aux pièces du dossier permet de constater que ce pli a été présenté le 22 octobre 2024, à l’adresse du centre d’accueil pour demandeur d’asile géré par Audacia, situé au 2 rue du Général Sarrail à Poitiers. Si Mme B... soutient qu’elle ne résidait plus à cette adresse à la date d’édiction de l’arrêté en litige et qu’elle n’a eu connaissance de l’existence de cette décision que le 27 octobre 2025, il apparaît que ce pli a été réexpédié à la préfecture de la Vienne revêtu des mentions « présenté/avisé le 22/10/24 » et que la case « pli avisé et non réclamé », correspondant au motif de non-distribution était cochée. Ainsi, les mentions précises, claires et concordantes de l’avis de réception établissent de manière suffisamment certaine la notification régulière du pli à l’intéressée, le 22 octobre 2024. Dès lors, la requête de Mme B... enregistrée le 25 novembre 2025, soit postérieurement au délai de recours contentieux, est tardive et manifestement irrecevable. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en raison de son irrecevabilité manifeste en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Poitiers, le 12 décembre 2025
Le président,
Signé
P. CRISTILLE
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
N. COLLET
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