Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A... qui demandait la suspension et l'annulation d'une délibération du conseil municipal de Villedoux relative à un projet de salle polyculturelle. La solution retenue est un rejet pour irrecevabilité manifeste, car le requérant n'a pas présenté ses conclusions en suspension par une requête distincte de sa requête en annulation, comme l'exige l'article R. 522-1 du code de justice administrative. L'ordonnance a été rendue sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code, permettant un rejet sans instruction contradictoire ni audience publique.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 décembre 2025, M. B... A... doit être regardé comme demandant au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de la délibération du 11 février 2025 du conseil municipal de Villedoux relatives au projet de salle polyculturelle ;
2°) d’ordonner la suspension immédiate de toute procédure de marchés publics liés au projet ;
3°) d’annuler la délibération du 11 février 2025 du conseil municipal de Villedoux relatives au projet de salle polyculturelle ;
4°) d’enjoindre à la commune de Villedoux de procéder à une nouvelle instruction et à une concertation publique ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Villedoux les frais exposés et non compris dans les dépens sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. D’une part, aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». L’article L. 522-3 de ce code prévoit que le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
2. D’autre part, aux termes de l'article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ». Il résulte de ces dispositions qu'une requête à fin de suspension est atteinte d'une irrecevabilité d'ordre public lorsque le requérant ne l’a pas introduite, par une requête distincte, de la requête à fin d'annulation ou de réformation.
3. M. A... présente, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, des conclusions à fin de suspension et d’annulation de la délibération relative au projet de salle polyculturelle, adoptée par le conseil municipal de Villedoux le 11 février 2025. Ainsi, la requête de M. A... dans la forme sous laquelle elle a été présentée est manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Poitiers, le 24 décembre 2025
Le juge des référés,
Signé
P. C...
La République mande et ordonne au préfet de Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE