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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2600321

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2600321

mardi 3 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2600321
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

**Sujet principal** : Recours en excès de pouvoir contre le rejet implicite d'un recours gracieux visant à contester un classement indiciaire. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Poitiers (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : La requête est rejetée comme manifestement irrecevable pour tardiveté. Le tribunal estime que la requérante, ayant nécessairement eu connaissance de sa nouvelle situation indiciaire via ses bulletins de paie en 2024, a dépassé le délai raisonnable d'un an pour agir. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (4°), R. 421-1 et R. 421-5 du Code de justice administrative, combinés au principe de sécurité juridique qui impose un délai raisonnable d'un an pour contester une décision connue.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 janvier 2026, Mme B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision par laquelle la cheffe du service de ressources humaines a implicitement rejeté son recours gracieux du 21 novembre 2025 tendant à la révision de son classement indiciaire ;

2°) d’enjoindre à la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire de procéder au réexamen de sa situation.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».

2. D’une part, aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ». Aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

3. D’autre part, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

4. Il résulte de l’instruction que Mme A... a formé le 21 novembre 2025 un recours gracieux contre la décision par laquelle le ministre de l’agriculture, après l’avoir recrutée le 1er septembre 2023 en fixant sa rémunération à l’indice majoré 416, a modifié son classement indiciaire pour le porter à l’indice majoré 541 à compter du 1er janvier 2024. S’il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision a fait l’objet d’une notification, Mme A... a nécessairement eu connaissance de ce nouveau classement indiciaire au cours de l’année 2024, à travers ses bulletins de paie. Par suite, la requête de l’intéressée, qui a été enregistrée au greffe du tribunal le 26 janvier 2026, donc au-delà du délai raisonnable d’un an exposé au point 3, est tardive et doit, dès lors, être rejetée comme entachée d’une irrecevabilité manifeste insusceptible d’être couverte en cours d’instance, par application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :



Article 1er :
La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Poitiers, le 3 mars 2026.


La présidente,


Signé


I. LE BRIS


La République mande et ordonne à la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière

Signé

D. MADRANGE








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