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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2000767

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2000767

jeudi 4 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2000767
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantBIROT - RAVAUT ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juin 2020, M. G et M. F H, agissant en leur nom propre et en leur qualité d'ayants droit, représentés par Me Denervaud, demandent au tribunal :

1°) de " condamner solidairement " le centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges et le centre hospitalier d'Excideuil à leur verser une somme globale de 92 192 euros en réparation des préjudices résultant des manquements commis par ces établissements publics de santé lors de la prise en charge de leur mère, Mme E C, décédée le 22 janvier 2017 ;

2°) de mettre à la charge du CHU de Limoges et du centre hospitalier d'Excideuil une somme de 3 000 euros à leur verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ainsi que le relève l'expert judiciaire dans son rapport du 5 avril 2019, la responsabilité du CHU de Limoges et du centre hospitalier d'Excideuil est engagée sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ;

- en raison des fautes commises dans la prise en charge de Mme C, ils sont fondés à demander la condamnation solidaire de ces centres hospitaliers à leur verser une somme de 25 000 euros au titre des souffrances endurées par leur mère, de 1 392 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total subi par cette dernière, de 40 000 euros au titre de leur préjudice d'affection, de 20 000 euros au titre de leur préjudice d'accompagnement et de 5 800 euros au titre des frais divers exposés par la famille à la suite du décès.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 août 2020, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam), représenté par Me Ravaut, demande au tribunal de prononcer sa mise hors de cause.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2021, le CHU de Limoges, représenté par Me Valière-Vialeix, conclut, à titre principal, au rejet la requête des consorts H comme non-fondée, à titre subsidiaire, à ce que le montant de l'indemnisation lui incombant soit limitée à une somme globale de 4 000 euros et, à titre infiniment subsidiaire, de condamner le centre hospitalier d'Excideuil à le relever indemne de toute condamnation prononcée à son encontre.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 avril 2021, le centre hospitalier d'Excideuil, représenté par la société d'avocats KPL Avocats, conclut, à titre principal, au rejet de la requête des consorts H comme irrecevable et non-fondée et à ce qu'il soit mis à la charge de ces derniers une somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire, au rejet de la demande de condamnation solidaire avec le CHU de Limoges et à la condamnation de ce centre hospitalier à le relever indemne de toute condamnation prononcée à son encontre.

La procédure a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Dordogne, qui n'a pas produit de mémoire.

Les consorts H ont produit un mémoire, enregistré le 28 avril 2022, qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,

- les observations de Me Veyriras, représentant le CHU de Limoges,

- les observations de Me Kolenc, représentant le centre hospitalier d'Excideuil.

Considérant ce qui suit :

1. Le 25 octobre 2016, Mme E C, née le 14 février 1945, a été hospitalisée aux urgences du centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges en raison de céphalées importantes associées à des troubles de la marche, une désorientation et des vomissements. Un scanner cérébral sans injection a été réalisé concluant à une absence de lésion ischémique ou hémorragique récente. Compte tenu de cet examen rassurant, il a été décidé d'un retour à domicile en attendant une prise en charge dans le service de neurologie du CHU de Limoges. De retour à son domicile, la patiente a été contactée par le neurologue après qu'il ait fait une nouvelle lecture du scanner. Elle a été hospitalisée le 27 octobre 2016 dans le service de neurologie du CHU de Limoges. Le 28 octobre 2016, un scanner cérébral injecté a révélé la présence d'une lésion intra-axiale et temporale droite pouvant évoquer un abcès ou une métastase et une lésion extra-axiale frontale droite évocatrice d'un méningiome. Le 7 novembre 2016, une biopsie de la lésion hypertrophique rétro-auriculaire droite a été réalisée dont les résultats ont mis en évidence un aspect histo-pathologique orientant vers une métastase d'un carcinome à cellules claires. Ces résultats ont été portés à la connaissance de Mme C le 21 novembre 2016. Transférée au centre hospitalier d'Excideuil le 23 novembre 2016 pour " convalescence ", son état général s'est rapidement dégradé. Le 9 décembre 2016, elle a été à nouveau hospitalisée au CHU de Limoges en raison de vomissements fécaloïdes. Un scanner abdomino-pelvien a mis en évidence une stase stercorale colique. Un traitement symptomatique a été instauré et Mme C a été transférée dans le service de neurochirurgie. L'état de la patiente a continué de se dégrader avec une altération progressive de l'état de conscience et des troubles respiratoires. Admise au service de soins palliatifs le 23 décembre 2016, Mme C est décédée le 22 janvier 2017.

2. Saisi par M. G et M. F H, les deux fils de A C, le juge des référés du tribunal, par une ordonnance n° 1801215 du 12 décembre 2018, a ordonné une expertise médicale aux fins d'examiner si les conditions de prise en charge de la patiente au CHU de Limoges et au centre hospitalier d'Excideuil ont été conformes aux règles de l'art et aux données acquises par la science. Le docteur B a déposé son rapport le 5 avril 2019. Se prévalant des conclusions de ce rapport d'expertise, les fils de A C, agissant en leur nom propre en qualité d'ayants droit de leur mère, demandent au tribunal de " condamner solidairement " le CHU de Limoges et le centre hospitalier d'Excideuil à leur verser une somme globale de 92 192 euros en réparation des préjudices résultant des fautes commises par ces établissements publics de santé.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier d'Excideuil :

3. Il résulte de l'instruction que la décision du 11 mars 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier d'Excideuil a rejeté la réclamation indemnitaire des requérants ne mentionnait pas les voies et délais de recours conformément aux dispositions de l'article R. 421-5 du code de justice administrative. Par une lettre du 18 mars 2020, reçue le 20 mars 2020, ce directeur a indiqué aux intéressés que les voies et délais de recours contre la décision de rejet de la demande préalable figuraient en annexe de cette lettre. Toutefois, en réponse à cette lettre, le conseil des requérants, par un courrier du 26 mars 2020, a appelé l'attention du directeur du centre hospitalier d'Excideuil sur le fait qu'aucune annexe mentionnant les voies et délais de recours n'avait été jointe à cette lettre du 18 mars 2020 et lui a demandé de porter ces informations à sa connaissance. Outre que le centre hospitalier d'Excideuil ne produit pas le document qui aurait selon lui été annexé à la lettre du 18 mars 2020, il résulte ainsi de l'instruction que les requérants ont accompli des diligences nécessaires pour en obtenir la communication. La circonstance que le courrier du 26 mars 2020 aurait été reçu par l'hôpital le 18 mai 2020, soit en tout état de cause avant l'expiration du délai de recours ouvert contre la décision de rejet de la réclamation préalable, est à cet égard sans incidence. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que, par un courrier en date du 25 mai 2020, le directeur du centre hospitalier d'Excideuil a expressément indiqué aux consorts H que " les délais de recours sont les suivants : 2 mois à compter de la date de notification de la décision pour saisir le tribunal administratif compétent ", ce qui tend à confirmer que ces éléments n'avaient auparavant pas encore été portés à leur connaissance. Dans ces circonstances, le délai de recours contentieux ouvert contre la décision de rejet du 11 mars 2020 ne peut qu'être regardé comme ayant commencé à courir qu'à compter de la notification de ce courrier du 25 mai 2020. Par suite, s'agissant des conclusions dirigées à son encontre, le centre hospitalier d'Excideuil n'est pas fondé à soutenir que la requête, enregistrée le 17 juin 2020, est tardive et ainsi irrecevable.

Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :

En ce qui concerne la demande de condamnation des centres hospitaliers :

4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".

5. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que la prise en charge de Mme C au CHU de Limoges a été globalement conforme aux règles de l'art et aux données de la science et qu'aucun manquement à l'origine d'une perte de chance de survie, d'un allongement de la durée de vie ou de bénéficier d'un traitement plus adapté jusqu'à la date du décès ne peut être retenu. A cet égard, il résulte de l'instruction que, compte tenu de la nature et de la localisation de la probable métastase cérébrale agressive présentée par Mme C, un traitement chirurgical ou radiothérapie n'était pas pertinent et que le pronostic défavorable de la pathologie était certain. Cependant, alors que les résultats de la biopsie, réalisée le 7 novembre 2016, permettaient d'orienter vers une tumeur d'origine rénale et que le compte rendu de la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) du 8 décembre 2016 fait mention de ce que " l'immunologie pourrait être compatible avec une origine rénale ", qu'il y avait lieu d'" insister auprès des urologues pour explorer les reins " et que la situation de Mme C devait être rediscutée " après un avis urologique ", aucune recherche précise quant à une origine rénale n'a été réalisée. Comme le relève l'expert dans son rapport du 5 avril 2019, cette " absence de suivi précis, diligent et adapté " quant aux origines de la tumeur, constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'hôpital en vertu de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique. Cette faute a privé la patiente et sa famille d'un diagnostic complet de la lésion primitive en cause, ce qui a entraîné " une souffrance psychologique et une impréparation vécue de façon traumatisante ". Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert judiciaire, que ce manquement a été à l'origine, pour les fils de la patiente, d'un préjudice moral durant la période du 7 novembre 2016, date de la biopsie, au 23 décembre 2016, date à laquelle, après information de la famille, il a été décidé un transfert vers une unité de soins palliatifs. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en condamnant le CHU de Limoges à verser à chacun des fils de A C une somme de 1 000 euros.

6. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que, depuis une thyroïdectomie subie en 1990, Mme C prenait un traitement hormonal de substitution par Levothyrox. A l'occasion de son transfert le 23 novembre 2016 au centre hospitalier d'Excideuil, les services de cet hôpital se sont vu remettre le compte rendu d'hospitalisation du service de neurochirurgie du CHU de Limoges qui mentionnait bien le Levothyrox dans la liste des médicaments devant être administrés à Mme C. Or, il résulte de l'instruction qu'à son arrivée au centre hospitalier d'Excideuil, ce traitement hormonal substitutif a été arrêté et n'a été repris que le 9 décembre 2016 lorsque Mme C a à nouveau été transférée au CHU de Limoges. Comme l'indique clairement l'expert, cette absence de traitement par Levothyrox, " difficile à expliquer ", est un manquement à l'origine de la majoration du syndrome occlusif présenté par la patiente lors de son séjour au centre hospitalier d'Excideuil et, ainsi, de souffrances endurées supplémentaires évaluées à 5/7 pour la période allant du 23 novembre au 9 décembre 2016. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en condamnant le centre hospitalier d'Excideuil à verser une somme de 7 500 euros à chacun des deux fils de A C, en leur qualité d'ayants droit.

7. En troisième lieu, les requérants ont droit au remboursement des frais d'assistance par un médecin conseil qu'ils justifient avoir exposés pour un montant global de 1 600 euros. Il y a lieu de répartir cette somme à hauteur de 150 euros pour le CHU de Limoges, soit 75 euros à verser à chacun des fils de A C, et à hauteur de 1 450 euros pour le centre hospitalier d'Excideuil, soit 725 euros pour chaque requérant.

8. En quatrième lieu, si les consorts H demandent le versement d'un " montant forfaitaire " de 2 500 euros correspondant à des " frais d'assistance d'avocat ", ils n'apportent aucune pièce pour justifier du principe et de l'étendue d'un tel paiement et, plus généralement, de la réalité du préjudice invoqué.

9. En cinquième lieu, les consorts H ne sont pas fondés à demander le versement d'une indemnité destinée à réparer le préjudice d'affection provoqué par la perte de leur mère et le déficit fonctionnel temporaire total subi par cette dernière pour la période du 27 octobre 2016 au 22 janvier 2017, dès lors que ces préjudices sont liés non pas à des manquements commis par les centres hospitaliers mais à la pathologie initialement présentée par la patiente et donc à son état antérieur.

10. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, d'une part, de condamner le CHU de Limoges à verser à chacun des fils de A C une somme de 1 075 euros et, d'autre part, de condamner le centre hospitalier d'Excideuil à verser, à chaque requérant, une somme de 8 225 euros.

En ce qui concerne la mise hors de cause de l'Oniam :

11. Les conditions d'indemnisation au titre de la solidarité nationale n'étant pas remplies, l'Oniam est fondé à demander sa mise hors de cause dans la présente instance.

Sur les dépens :

12. Selon l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ".

13. Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 700 euros par une ordonnance du 10 avril 2019, sont mis à la charge définitive du CHU de Limoges, à hauteur de 200 euros, et du centre hospitalier d'Excideuil, à hauteur de 1 500 euros, ce qui implique nécessairement la restitution des sommes éventuellement versées initialement par les consorts H au titre de cette expertise.

Sur les frais liés au litige :

14. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CHU de Limoges une somme de 150 euros et du centre hospitalier d'Excideuil une somme de 1 350 euros à verser à MM. G et Fabrice H en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par le centre hospitalier d'Excideuil sur ce fondement.

D E C I D E :

Article 1er: L'Oniam est mis hors de cause.

Article 2:Le CHU de Limoges est condamné à verser une somme de 1 075 (mille soixante-quinze) euros à chacun des requérants en réparation des préjudices liés à la faute qui lui est imputable dans la prise en charge de Mme C.

Article 3:Le centre hospitalier d'Excideuil est condamné à verser une somme de 8 225 (huit mille deux cent vingt-cinq) euros à chacun des requérants en réparation des préjudices liés à la faute qui lui est imputable dans la prise en charge de Mme C.

Article 4:Les frais de l'expertise judiciaire, taxés et liquidés à la somme de 1 700 (mille sept cents) euros par une ordonnance du 10 avril 2019, sont mis à la charge définitive du CHU de Limoges, à hauteur de 200 euros, et du centre hospitalier d'Excideuil, à hauteur de 1 500 (mille cinq cents) euros.

Article 5:Le CHU de Limoges versera une somme de 150 (cent cinquante) euros aux consorts H sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6:Le centre hospitalier d'Excideuil versera une somme de 1 350 (mille trois cent cinquante) euros aux consorts H sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7:Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8:Le présent jugement sera notifié à MM. G et Fabrice H, au centre hospitalier universitaire de Limoges, au centre hospitalier d'Excideuil, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Dordogne. Une copie en sera adressée au docteur B, expert judiciaire.

Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022 où siégeaient :

- M. Gensac, président,

- M. Martha, premier conseiller,

- M. Boschet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 août 2022.

Le rapporteur,

J.B. D

Le président,

P. GENSAC

Le greffier,

G. JOURDAN-VIALLARD

La République mande et ordonne

au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Le Greffier en Chef

S. CHATANDEAU

aj

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