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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2001018

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2001018

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2001018
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantRODIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des pièces et un mémoire enregistrés le 29, 30 juillet 2020, 6 janvier 2022 et 30 juin 2023, la société Eiffage Construction Limousin, représentée par Me Rodier, demande au tribunal :

1°) de condamner la ville de Limoges à lui payer la somme de 2 979 218 euros HT en principal majorée des intérêts moratoires de droit depuis l'expiration du délai de 45 jours courant à compter du 22 février 2019, date de l'envoi de son mémoire en réclamation ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Limoges la somme de 10.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de condamner la ville de Limoges aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- dans le cadre de la restructuration du stade d'honneur de Beaublanc, la ville de Limoges, lui a, en sa qualité de maître d'ouvrage, confié l'exécution des travaux relevant du lot n°3 " Fondations Spéciales - Béton Armé - Maçonneries " suivant marché public n° VF-2012-271-03-01-01-00-00 conclu par acte d'engagement notifié le 6 novembre 2012 d'un montant de 11.369.364,85 € HT ;

- le délai d'exécution des travaux prévu au marché était de 18 mois ;

- les études d'exécution remises par le maître d'ouvrage à l'entreprise au stade du dossier de consultation n'ont été que très partielles et leur production est intervenue avec retard, s'étendant jusqu'au 20 janvier 2014, soit 16 mois ;

- la synthèse n'était pas aboutie et allait occasionner tout au long de la période courant du 6 novembre 2012 au 20 janvier 2014 d'incessantes modifications sur les plans émis ;

- la qualité même des documents d'exécution dus à l'entreprise ne remplissait pas les critères exigés pour la construction d'un tel équipement ;

- la planification des études et des travaux qui incombait à la ville en sa qualité d'OPC a été insatisfaisante, la ville ayant à plusieurs reprises modifié l'ordonnancement du chantier de sa propre initiative sans tenir compte des multiples alertes lancées par l'entreprise et du retard dans la fourniture des documents d'exécution ; elle a failli dans l'établissement du planning d'exécution et dans la gestion des délais ;

- ces différents manquements constituent des fautes contractuelles tant dans l'exercice du pouvoir de direction et de contrôle de l'ouvrage que de la mission dont la ville de Limoges était investie au titre de sa mission d'ordonnancement et de pilotage du chantier ;

- ils sont à l'origine d'importants retards dans la planification et l'exécution des travaux eux-mêmes à l'origine de préjudices tenant d'une part à des surcouts liés aux études de l'entreprise pour un montant de 110 626,26 euros HT, d'autre part à des surcoûts liés aux conditions d'exécution pour un coût de 1 920 949,92 euros HT, enfin à des surcoûts financiers induits pour un montant de 947 642 euros HT.

Par des mémoires en défense enregistrés le 6 mai 2021, le 8 juin 2023 et le 28 septembre 2023, la commune de Limoges représenté par Me Symchowicz conclut :

1°) à titre principal au rejet de la requête de la société Eiffage Construction ;

2°) à titre subsidiaire, à la condamnation des Sociétés Atelier D'architecture Ferret,

Ox Architectures, Rfr Ingenierie Gmbh, Ginger Sechaud Bossuyt, Orfea, Debarre Deplantiers Et Jp Delomenie à garantir solidairement la ville des éventuelles condamnations prononcées à son encontre ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, d'ordonner une expertise ;

4°) à mettre à la mise à la charge de la société Eiffage Construction une somme de 12 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la recevabilité de la requête :

- sous couvert d'une demande d'indemnisation des conséquences de l'absence de transmission de documents d'EXE, la société Eiffage Construction tente en réalité de contourner les termes du protocole d'accord transactionnel signé le 12 juillet 2019 et d'obtenir l'indemnisation des préjudices résultant des sinistres, études et travaux ayant été nécessaires pour achever l'ouvrage dans les règles de l'art. Le paiement réclamé dans la présente instance au titre des " surcoûts liés aux conditions d'exécution " correspond en réalité aux surcoûts résultant exclusivement de l'apparition des désordres en février 2014, désordres dont la société requérante a admis être, au moins, en partie responsable et qui ont donné lieu au protocole d'accord transactionnel. En application de l'article 2052 du code civil, les litiges visés par une transaction ayant autorité de chose jugée ne peuvent faire l'objet de nouvelles demandes devant les juridictions concernées. Il en résulte que la présente requête est irrecevable.

Sur le caractère mal dirigé de la requête :

- les griefs formulés par la société Eiffage Construction sont imputables en réalité au groupement de maitrise d'œuvre. La société Eiffage Construction reconnait elle-même que son préjudice résulte du " handicap " qu'a constitué la " porosité " entre le BET du maître d'œuvre, et le prestataire en charge des études PAC pour le compte d'Eiffage. Alors que l'article 2.9 du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) prévoyant que les plans d'exécution réalisés par la maîtrise d'œuvre pouvaient être modifiés par les entreprises, si celles-ci soumettaient leurs propositions de modifications ou compléments à validation de la maîtrise d'œuvre, en n'apportant pas les validations nécessaires, ou en refusant les propositions de modifications et compléments présentés par le groupement requérant, la maîtrise d'œuvre a commis des manquements à l'origine du préjudice invoqué par la société Eiffage Construction.

Sur les fautes de la société Eiffage Construction :

- la société Eiffage est, au moins en partie, responsable des préjudices dont elle se prévaut puisqu'elle est à l'origine, de son propre fait ou de celui de son prestataire RFR GO+, des nombreuses incidences liées aux difficultés de présentation des documents d'exécution. De première part, elle n'a pas correctement examiné et vérifié les documents techniques fournis dans le dossier de consultation (DCE) dès le mois de juin 2012 de sorte qu'il a été nécessaire d'organiser de nombreux échanges et modifications dans les documents d'exécution, alors que ces modifications auraient pu avoir lieu avant le début de la période de préparation au chantier. De deuxième part, la société a été à l'origine d'un très grand nombre de variantes techniques lourdes qui ont nécessairement entraîné des modifications importantes des études d'exécution. De troisième part, la société Eiffage Construction a présenté très tardivement les documents EXE qui lui incombait de produire. De dernière part, la société Eiffage Construction est responsable des agissements de la société RFR GO+ avec laquelle elle avait sous-traitée et dont elle a résilié le contrat qui les liait.

Sur l'absence de fautes de la ville de Limoges :

- en tant que maitre d'ouvrage :

* la ville a communiqué tous les documents EXE dont elle disposait dès que la maitrise d'œuvre les lui communiquait ; la société RFR communiquait d'ailleurs directement à la société Eiffage Construction les documents EXE notamment ceux concernant les plans de ferraillage ;

* la société Eiffage Construction n'indique pas quels documents auraient été manquants dans les documents de marché ou postérieurement à sa signature ;

* la ville a mis en œuvre toutes les actions à sa disposition pour régler les différends entre la maîtrise d'œuvre et la société requérante ;

* aucune donnée d'entrée technique n'a été communiquée par la ville à la société Eiffage Construction sans que cette dernière n'ait été en mesure de les contrôler et de les vérifier alors qu'il est prévu dans le cahier des clauses administratives particulières (CCAP) que " l'entreprise a l'obligation de vérifier avant toute exécution que ces documents ne contiennent pas d'erreurs, omissions ou contradictions normalement décelables pour un homme de l'art, [qu'elle] doit () signaler par écrit avant la remise des offres " et à l'article 1.5.1 du CCTP qui dispose que la société Eiffage se devait " d'examiner et vérifier avec soins tous les documents écrits ou graphiques constituant le DCE ".

* les documents techniques ont été communiqués dans le DCE en juillet 2012 et la société Eiffage n'a présenté aucune observation quant aux éventuelles erreurs ou omissions dans les documents communiqués ;

* la ville de Limoges, qui n'a évidemment pas la qualification " d'homme de l'art ", ne pouvait avoir pour mission de vérifier que les documents d'exécution présentés par la maîtrise d'œuvre comme achevés correspondaient bien aux caractéristiques techniques attendues par les entreprises spécialisées en charge de la réalisation du stade.

* la ville a multiplié les alertes et les mises en demeure à l'adresse du maître d'œuvre ainsi que le reconnait elle-même la société requérante de sorte qu'elle doit être regardé comme ayant exercé son pouvoir de direction et de contrôle de façon appropriée. A cet égard, une 50 aine d'échanges de courriers ont eu lieu sur les années 2012 et 2013 à propos des études d'exécution ;

* il n'appartenait pas à la ville d'assumer les conséquences de la défaillance de RFR GO+, défaillance qui selon la société a entraîné " des retards dans la production des documents d'exécution à la charge du maître d'œuvre et en conséquence des difficultés dans la production des documents à la charge de l'entreprise " créant " un handicap dans la gestion des études PAC ".

- en tant que chargée de la mission d'ordonnancement, pilotage et coordination :

* le calendrier détaillé d'exécution, réalisé après de nombreuses concertations de l'ensemble des intervenants au chantier, tout comme l'ensemble des calendriers détaillés d'exécution établis en cours de chantier pour adapter le planning au regard des retards survenus ;

* si les propositions de la société Eiffage de déroger au calendrier prévisionnel n'ont pas été retenues c'est qu'elles étaient substantielles et n'étaient pas compatibles avec les autres interventions sur le chantier ;

* si la société reproche à la ville de ne pas avoir élaboré un calendrier de remise des documents d'exécution manquants, cet argument devra être écarté dès lors d'une part qu'elle n'a jamais indiqué clairement les documents devant faire l'objet d'une reprise par le maitre d'œuvre et pour quels motifs cette reprise devait intervenir d'autre part que la mise en place d'un calendrier détaillé d'exécution intégrant le planning de remise des plans fournis par la maîtrise d'œuvre a été entériné par les entreprises et la maîtrise d'œuvre dès la réunion du 10 avril 2013. Si l'OPC était prête à intégrer à son calendrier détaillé le planning de la maîtrise d'œuvre, encore aurait-il fallu que ce planning lui soit transmis, ce qui n'a pas été le cas malgré de nombreuses relances. L'OPC a alors été missionnée pour constituer un rétro calendrier pour une date de réception exhaustive au lundi 15 septembre 2013, lequel calendrier a fait l'objet de plusieurs concertations avec les différentes parties ;

* elle a fait le nécessaire pour tenir au mieux l'organisation de l'ensemble du chantier tout en adaptant le calendrier de programmation et de réalisation des prestations des différents acteurs en fonction des évènements survenus et des modifications décidées unilatéralement par la société Eiffage Construction.

Sur le quantum des préjudices :

- la somme de 110 626, 26 euros au titre des surcoûts liés aux études que l'entreprise a dû mener au titre des plans PAC et des études de méthodes est liée à l'établissement des plans d'exécution, qui ne sont pas à la charge du maître d'ouvrage. Par ailleurs, ce surcoût s'explique par les défaillances de la société RFR GO+. Ce préjudice n'est par ailleurs assorti d'aucune pièce probante pour en établir la réalité ;

- la somme de 1 920 949, 92 euros au titre de surcoûts liés aux conditions d'exploitation ne présentent pas un lien direct et certain avec les fautes qui auraient été commises par la ville ;

- la somme de 267 043,16 euros HT demandée au titre de locations de matériel n'est pas assortie des éléments permettant d'attester de la réalité de ces locations ni de leur lien avec les fautes imputées à la ville ;

- la somme de 947 642 euros HT au titre de surcoûts financiers induits n'est pas davantage justifiée.

Sur les appels en garantie :

Dans l'hypothèse où le Tribunal entendrait faire droit aux demandes de la société Eiffage Construction, les sociétés membres du groupement de maîtrise d'œuvre, devront être condamnées à garantir la Ville de Limoges de l'ensemble des sommes qui pourrait lui être imputées en réparation du préjudice subi par la société Eiffage Construction, c'est-à-dire les sociétés : Atelier d'architecture Ferret, Ox Architectures, Rfr Ingenierie Gmbh, OTEIS venant aux droits de la société Ginger, Sechaud Bossuyt, Orfea, Debarre Duplaniters, BET Delomenie venant aux droits de la société JP Delomenie et Franck Boutte Consultants.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code des marchés publics ;

- la loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 ;

- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;

- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martha ;

- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public ;

- les observations de Me Labaudre substituant Me Rodier pour la société requérante et de Me Heuzé substituant Me Symchowicz pour la commune de Limoges.

Considérant ce qui suit :

1. Dans le cadre de la restructuration du stade d'honneur de Beaublanc, la ville de Limoges, a, en sa qualité de maître d'ouvrage, conclu en 2010 un marché de maîtrise d'œuvre avec un groupement composé des sociétés Atelier d'architecture Ferret (Mandataire Solidaire), Ox Architectures, Rfr Ingenierie Gmbh, Ginger Sechaud Bossuyt, Orfea, Debarre Duplaniters et Jp Delomenie. Franck Boutte Consultants. Elle a confié à la Société Eiffage Construction Limousin (ci-après Eiffage), l'exécution des travaux relevant du lot n°3 " Fondations Spéciales -Béton Armé - Maçonneries " en application d'un marché conclu par acte d'engagement notifié le 6 novembre 2012 d'un montant de 11 369 364,85 € HT. Les travaux de réalisation du lot n°3 auraient dû démarrer dans le courant du mois de décembre 2012 et se terminer en janvier 2014. Après la survenance d'un certain nombre de désordres survenus courant 2014, un marché complémentaire pour les travaux de renforcement a été confié à la société Eiffage pour un montant de 4 993 624,61 euros HT dont l'acte d'engagement a été signé le 1er mars 2017 ainsi que deux avenants au marché initial, un avenant n°1 conclu en mai 2016 portant sur des études d'exécution des travaux de réparation/renforcement du gros-œuvre, un avenant signé le 26 juillet 2017 pour des travaux de réparation des poutres supportant les gradins sur lesquelles étaient apparues les fissures pour un coût de 806 127, 40 euros HT. A l'issue du chantier, un décompte général a été adressé par la ville de Limoges à la société Eiffage le 31 janvier 2019. Par un mémoire en réclamation en date du 21 février 2019, cette société a sollicité auprès de la ville le paiement d'une somme de 2 979 218, 18 euros hors taxe en réparation d'un certain nombre de préjudices qu'elle estime avoir subis et tenant à des retards de la production des études d'exécution, de l'insuffisante qualité de ces études d'exécution et d'une planification des travaux par l'OPC lacunaire. Après que cette demande a été rejetée, la société Eiffage Construction a saisi le comité consultatif de règlement amiable des différents relatifs aux marchés publics (CCIRA) qui, par avis rendu le 22 juin 2020, a estimé que la responsabilité de la ville était engagée à défaut d'avoir remis la totalité des documents EXE relatifs aux ferraillages lors de la notification du marché et a proposé en conséquence que la ville indemnise l'entreprise, eu égard aux retards de 6 mois de réalisation du lot d'Eiffage, à hauteur de 1 307 164 euros. La ville ayant rejeté cette proposition, la société Eiffage par la présente requête, demande au tribunal de condamner la ville de Limoges à lui verser la somme de 2 979 218 euros HT en réparation des préjudices résultant de ce retard fautif.

Sur la responsabilité de la commune de Limoges :

2. Les difficultés rencontrées dans l'exécution d'un marché à forfait ne peuvent ouvrir droit à indemnité au profit de l'entreprise titulaire du marché que dans la mesure où celle-ci justifie soit que ces difficultés trouvent leur origine dans des sujétions imprévues ayant eu pour effet de bouleverser l'économie du contrat, soit qu'elles sont imputables à une faute de la personne publique commise notamment dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché, dans l'estimation de ses besoins, dans la conception même du marché ou dans sa mise en oeuvre, en particulier dans le cas où plusieurs cocontractants participent à la réalisation de travaux publics. L'entreprise ne saurait en revanche rechercher la responsabilité du maître d'ouvrage au titre de fautes commises par les autres intervenants.

3. Les travaux que devaient réaliser la société Eiffage devaient se terminer en janvier 2014 et ont en réalité pris fin en juillet 2014, avec 6 mois de retard. La société soutient que ce retard d'exécution trouve son origine dans les fautes commises par la commune de Limoges dans l'exercice, en sa qualité de maître d'ouvrage, de son pouvoir de direction et de contrôle et dans l'exercice de sa mission d'OPC.

En ce qui concerne les fautes reprochées à la commune de Limoges au titre de son pouvoir de direction et de contrôle :

4. D'une part, aux termes de l'article 8-1 du CCAP : " Par dérogation à l'article 28.1 du CCAG Travaux, il est fixé une période de préparation de 1 mois à compter de la date de la notification du marché. Il est procédé, au cours de cette période, conformément aux articles 28.2.1 et 28.2.3 du C.C.A.G.-Travaux, aux opérations suivantes :/ Par les soins de l'OPC : - élaboration, après consultation des entreprises, du calendrier détaillé d'exécution des travaux par corps d'Etat. / Par les soins du titulaire :Etablissement et présentation au visa du maître d'œuvre du programme d'exécution des travaux, accompagné du projet des installations de chantier et des ouvrages provisoires dix jours au moins avant la date d'expiration de la période de préparation./. La mission du maître d'œuvre inclut la production des documents nécessaires à la réalisation des ouvrages. Ceux- ci sont joints dans les pièces du marché. Toutefois, l'Entreprise à l'obligation de vérifier avant toute exécution que ces documents ne contiennent pas d'erreurs, omissions ou contradictions normalement décelables pour un homme de l'art. Il doit les signaler par écrit avant la remise de son offre ". Aux termes de l'article 8-2 de ce même CCAP : " Les plans d'exécution et de synthèse, notes de calcul, études de détail et autres documents nécessaires à la réalisation de l'ouvrage sont établis par la maîtrise d'œuvre. Les plans d'exécution dressés par l'équipe de maîtrise d'œuvre ne se substituent en aucune façon aux plans d'atelier, de montage et de mise en œuvre dus par l'entrepreneur ni aux plans nécessaires à la préfabrication de certains ouvrages. Le maître d'ouvrage sera rendu destinataire de l'ensemble des documents et plans, sous les différentes versions existantes, en format papier et informatique. A cette fin, l'entrepreneur doit signaler par écrit à la maîtrise d'œuvre dans les plus brefs délais toute erreur ou incohérence détectée dans les documents de base fournis. Les différents documents d'exécution et de synthèse sont soumis à la validation du contrôleur technique. Ces documents finalisés devront être remis aux dates et échéances fixées dans le calendrier détaillé d'exécution et ses évolutions postérieures éventuelles. La maîtrise d'œuvre les transmet à l'ensemble des entrepreneurs. Certains plans d'exécution ou détail complémentaires pourront être fournis par la maîtrise d'œuvre pendant la phase de préparation de chantier, à la demande de l'entreprise ou à l'initiative de la maîtrise d'œuvre ". Par ailleurs, aux termes de l'article 2-3 du CCTP lot 00: " Les études d'exécution (EXE) ont été confiées à l'équipe de Maîtrise d'œuvre pour l'ensemble des lots, elles ont pour objectif pour l'ensemble de l'ouvrage : / L'établissement de tous les plans d'exécution et spécifications à l'usage du chantier, en cohérence avec les plans de synthèse correspondants et définissant les travaux dans tous leurs détails, sans nécessiter pour l'entrepreneur d'études complémentaires autres que celles concernant les plans d'atelier et de chantier, relatifs aux méthodes de réalisation, aux ouvrages provisoires et aux moyens de chantier ;/ La réalisation des études de synthèse ayant pour objet d'assurer pendant la phase d'études d'exécution la cohérence spatiale des éléments d'ouvrage de tous les corps d'état, dans le respect des dispositions architecturales, techniques, d'exploitation et de maintenance du projet et se traduisant par des plans de synthèse qui représentent, au niveau du détail d'exécution, sur un même support, l'implantation des éléments d'ouvrage, des équipements et des installations () ".

5. D'autre part, aux termes du point 1.10.3 du DCE : " Le dossier de plans techniques intégré aux pièces du dossier de consultation du présent lot comprend les plans de coffrage de niveau DCE-EXE (). Les plans de ferraillage de niveau EXE selon la loi MOP (hors fondations spéciales et paroi blindée) qui indiquent les sections d'acier à mettre en œuvre dans les différents ouvrages structurels seront diffusés au plus tard au dossier marché ". Ces plans, qu'il s'agisse de coffrage ou de ferraillage, ne sont utilisables sur chantier qu'après les éventuelles adaptations apportées par l'entreprise au titre des indispensables PAC (Plan d'Atelier de Chantier) () ".

6. Tout d'abord, la société Eiffage fait grief à la commune de Limoges d'avoir manqué à ses obligations contractuelles en sa qualité de maître d'ouvrage en ne s'étant pas assurée que les études d'exécution relatives aux plans de ferraillage étaient achevées à la date de notification du marché le 6 novembre 2012.

7. Il ressort des dispositions et stipulations citées aux points 4 et 7 que les études d'exécution concernant les plans de ferraillage notamment devaient être élaborées par le groupement de maitrise d'œuvre et devaient être remis au plus tard à l'entreprise requérante au dossier marché. D'une part, il résulte de l'instruction que des plans de ferraillages relatifs aux poutres et aux armatures ont été produits par la maitrise d'œuvre dès le DCE en juin 2012. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment d'un courrier de la société Eiffage à la commune de Limoges du 29 octobre 2012, qu'un dossier lui a été remis le 22 octobre 2012 à l'occasion d'une réunion de chantier comportant " des plans de coffrages massifs de fondations et pieux (portant quelques adaptations par rapport aux plans marchés), des plans de ferraillages (massifs têtes de pieux, poteaux et murs de soutènement), la nouvelle descente de charges (indice B), les notes de calcul (indice 0) ". Il est également indiqué que ces documents devront être validés par le bureau de contrôle technique afin de permettre de commencer à établir les notes de calcul des pieux et devront être adaptés à la variante " que nous vous avons proposée concernant la réalisation des pieux ". Il est outre mentionné dans ce même courrier que la société Eiffage fera part à la commune de Limoges le 29 octobre 2012 de ses premières remarques et que l'analyse complète et détaillée de chaque plan prendra beaucoup plus de temps. Or, il résulte de l'instruction que ce n'est que le 26 novembre suivant, soit à une date postérieure à la notification du marché, que la société Eiffage a, par courrier, indiqué au maître d'ouvrage que " cette mobilisation très rapide est imposée par le délai de préparation très court et prend en compte l'hypothèse, prévue au marché, selon laquelle le dossier DCE-EXE, " bon pour exécution ", serait intégralement à la disposition de l'entreprise à la date de notification du marché. Ce principe semble être remis en question au fil des réunions de chantier auxquelles nous assistons, ce que nous ne pouvons pour l'heure que regretter ". Dans ces conditions, il apparait qu'à la date à laquelle a été notifié le marché, le maitre d'ouvrage avait communiqué à l'entreprise requérante l'intégralité des plans de ferraillage et plus largement des plans et études EXE que le maitre d'œuvre lui avait communiqué et qu'à cette même date, ce même maitre d'ouvrage n'avait pas été informé par l'entreprise Eiffage de l'absence ou de l'incomplétude de plans d'exécution transmis ni a fortiori de la nature des plans manquants ou incomplets alors que cette entreprise, en vertu de l'article 8-2 du CCAP " doit signaler par écrit à la maîtrise d'œuvre dans les plus brefs délais toute erreur ou incohérence détectée dans les documents de base fournis ". Dans ces conditions, et alors que la fourniture des plans et études d'EXE relevait de la responsabilité de la maitrise d'œuvre, la commune de Limoges, qui a, en sa qualité de maitre d'ouvrage, communiqué dès le 22 octobre 2012 à l'entreprise requérante les plans EXE qui lui avaient été remis par le maître d'œuvre, avait les 19 septembre et 11 octobre 2012 attiré par courriers l'attention de la maitrise d'œuvre sur la nécessité de fournir aux entreprises les plans d'exécution des travaux pour le début des travaux, ne peut être regardée comme ayant commis une faute déterminée et caractérisée dans son pouvoir de direction et de contrôle à la date de notification du marché, le 6 novembre 2012.

8. Ensuite, la société Eiffage fait grief à la commune de Limoges de ne pas avoir exercé son pouvoir de direction et de contrôle de façon suffisamment coercitive auprès de la maitrise d'œuvre postérieurement au 6 novembre 2012 pour obtenir plus rapidement les études d'exécution manquantes ou incomplètes, lesquelles auront in fine été achevées au mois d'avril 2014. Il résulte tout d'abord de l'instruction que des plans de ferraillage ont été communiqués par la maitrise d'œuvre à la société Eiffage les 20 novembre et 6 décembre 2012. Ensuite, il résulte de l'instruction que la commune de Limoges, dès la date à laquelle elle a été informée des défaillances de la maitrise d'œuvre par l'entreprise Eiffage quant à l'absence de communication de l'ensemble des plans et études EXE, soit dès le 26 novembre 2012, a adressé plusieurs courriers au maître d'œuvre, notamment les 17 décembre 2012, 8 février 2013, 15 mars 2013. Le 19 avril 2013, à la suite d'une réunion avec les différents participants du lot n°3, la commune a demandé, de façon précise, à la maitrise d'œuvre la fourniture des plans EXE manquants ou incomplets pour le 30 avril et 15 mai 2013. Le 21 juin suivant, la commune a mis en demeure la maitrise d'œuvre de produire les plans EXE pour l'entreprise Eiffage et a convoqué une nouvelle réunion pour le 9 juillet suivant au cours de laquelle les plans devaient être remis. Une nouvelle mise en demeure sera effectuée le 9 août 2013 avec une date d'expiration fixée au 25 août suivant, laquelle mise en demeure a été complétée par une mesure de même nature le 27 août suivant ordonnant une exécution sans délais des prestations restant à fournir. Cette mise en demeure a donné lieu à communication par le mandataire à la société Eiffage de plans début septembre 2013, incomplets et erronés pour certains selon un courrier de la société Eiffage du 5 septembre 2013. Par des courriers des 27 septembre et 15 octobre 2013, la commune a attiré de nouveau l'attention de la maitrise d'œuvre sur le caractère inachevé des plans d'exécution avant que l'organisation d'un séminaire technique Gros Œuvre les 6 et 7 novembre 2013 ne permette d'objectiver de façon partagée les points bloquants nécessitant une reprise de documents ou un complément. Dans ces conditions, quand bien même la commune n'a pas infligé de pénalités au maitre d'œuvre pour le retard dans la livraison des plans et études EXE et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que la résiliation, par la commune, du marché conclu avec le groupement de maitrise d'œuvre aurait permis de réduire le délai de réalisation du lot n°3 et, par suite, le délai global de réalisation du chantier le maître d'ouvrage n'a pas fait preuve d'inertie face à cette situation et a ordonné à plusieurs reprises au groupement de maîtrise d'œuvre de compléter l'exécution de ses prestations. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la commune aurait manqué à ses obligations de direction et de contrôle postérieurement au 6 novembre 2012.

9. Puis, la société Eiffage soutient que des erreurs, des imprécisions, des manquements dans le contenu des études d'exécution fournies sont venues aggraver les difficultés liées aux retards dans la communication des plans d'exécution, de tels manquements, ainsi que le reconnait elle-même la société Eiffage relèvent de la responsabilité du groupement de maitrise d'œuvre et non de celle du maître d'ouvrage. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que le maître d'ouvrage aurait failli, sur ce point, à son obligation de contrôle et de direction dès lors, d'une part, qu'il n'avait pas la qualité " d'homme de l'art " pour contrôler de manière efficiente la qualité de ces études et dissocier ce qui relevait des études d'exécution et des plans d'ateliers de chantiers alors que ces documents étaient élaborés par le même prestataire, RFR GO+, d'autre part, qu'il n'est pas resté sans réaction, en relayant notamment auprès de la maitrise d'œuvre les courriers de la société Eiffage, en procédant à des mises en demeure auprès de la maitrise d'œuvre et en organisant ou en initiant, notamment en avril, juillet et novembre 2013, des réunions de coordination et de recalage avec les différents participants.

En ce qui concerne les fautes reprochées à la commune de Limoges au titre de son pouvoir d'OPC :

10. Aux termes de l'article 10 du décret n° 93-1268 du 9 novembre 1993 relatif aux missions de maîtrise d'œuvre confiées par des maîtres d'ouvrage publics à des prestataires de droit privé : " L'ordonnancement, la coordination et le pilotage du chantier ont respectivement pour objet : a) D'analyser les tâches élémentaires portant sur les études d'exécution et les travaux, de déterminer leurs enchaînements ainsi que leur chemin critique par des documents graphiques ; / b) D'harmoniser dans le temps et dans l'espace les actions des différents intervenants au stade des travaux ; / c) Au stade des travaux et jusqu'à la levée des réserves dans les délais impartis dans le ou les contrats de travaux, de mettre en application les diverses mesures d'organisation arrêtées au titre de l'ordonnancement et de la coordination. ".

11. Aux termes de l'article 5.1.1 du CCAP - Calendrier prévisionnel d'exécution : " Le délai d'exécution de chaque lot s'insère dans ce délai d'ensemble, conformément au calendrier prévisionnel d'exécution établi par l'OPC et qui sera joint en annexe du présent C.C.A.P. L'ordre de service prescrivant la date à partir de laquelle démarre le délai d'exécution du lot intervenant le premier sur le chantier est porté à la connaissance des entreprises titulaires des autres lots. ". Aux termes de l'article 5.1.2 de ce même CCAP- 5.1.2 - Calendrier détaillé d'exécution : A) Le calendrier détaillé d'exécution est élaboré par l'OPC après consultation des titulaires des différents lots durant la période de préparation de chantier. Le calendrier détaillé d'exécution distingue les différents ouvrages dont la construction fait l'objet des travaux. Il indique en outre pour chacun des lots la durée et la date probable de départ du délai d'exécution qui lui est propre ainsi que la durée et la date probable de départ des délais particuliers correspondant aux interventions successives du titulaire sur le chantier. Tous les intervenants seront amenés à réaliser leurs travaux en plusieurs interventions, nécessitant des phases d'arrêt, des délais d'attente. Le calendrier détaillé d'exécution établi durant la période de préparation de chantier sera notifié à la fin de cette période à chacun des titulaires. Il deviendra alors la référence pour la réalisation des travaux et l'application des retards dans l'exécution des travaux (commencement et achèvement des tâches). B) Le délai d'exécution propre à chacun des lots commence à la date d'effet de l'ordre de service prescrivant au titulaire concerné de commencer l'exécution des travaux lui incombant. C) Au cours du chantier et avec l'accord des différents titulaires concernés, l'OPC peut modifier le calendrier détaillé d'exécution dans la limite du délai d'exécution de l'ensemble des lots fixé à l'acte d'engagement. D) Le calendrier initial visé au A), éventuellement modifié comme il est indiqué au C), est notifié par ordre de service à tous les titulaires.

12. De première part, il résulte de l'instruction que les différents calendriers détaillés d'exécution ont été délivrés par ordre de service, après consultation des entreprises concernées sans que l'OPC n'ait été contractuellement tenue d'accepter toutes les remarques et réserves formulées par la société Eiffage.

13. De deuxième part, la société requérante reproche à la commune de Limoges, au titre de sa mission d'OPC, d'avoir tardé à modifier le calendrier détaillé d'exécution initial notifié par ordre de service du 30 novembre 2012, alors que des retards dans les plans d'exécution avaient été signalés en janvier 2013. Si cette première modification n'est intervenue que par un ordre de service notifié le 25 septembre 2013, il résulte de l'instruction que la période courant entre ces deux dates a été mise à profit par la commune de Limoges pour rappeler à la maîtrise d'œuvre ces obligations ainsi que dit au point 9 et pour organiser des réunions de coordination en sa qualité d'OPC, notamment en mai 2013. Il résulte à cet égard du compte rendu n° 26 de la réunion du 15 mai 2013 que pour la période courant entre janvier et juin 2013, l'OPC, pour le lot n°3, a mis en œuvre auprès des partenaires du chantier différentes démarches de coordination et de pilotage, en procédant par exemple au constat le 23 janvier 2013 qu'existaient des " décalages dans l'exécution des travaux " imputés à l'entreprise Eiffage, le 6 février 2013 " que l'ordre de réalisation des travaux par la société Eiffage n'est pas celui demandé au DCE, et retranscrit dans le calendrier détaillé d'exécution ", et en sollicitant le 24 avril 2013 cette même société pour qu'elle propose des solutions de rattrapage des décalages. En outre, il résulte de l'instruction que dès le 10 avril 2013, l'OPC a décidé d'établir un nouveau calendrier détaillé d'exécution recalé intégrant le planning de remise de plans fourni par la maîtrise d'œuvre et que par mail du 17 juin suivant un calendrier d'exécution n°2 a été fourni pour avis et pour l'évoquer lors d'une réunion prévue le 19 juin suivant à l'entreprise Eiffage. Ce document a été modifié à plusieurs reprises à la demande de la société Eiffage avant d'être notifié en septembre 2013 ainsi que dit précédemment.

14. De troisième part, si la société requérante fait reproche à la commune de Limoges, en sa qualité d'OPC, de ne pas avoir prévu un calendrier de remise par le groupement de maitrise d'œuvre des documents d'exécution manquants ou incomplets, il résulte de l'instruction, ainsi que dit aux points 8 et 9, que le groupement de maitrise d'œuvre a été à plusieurs reprises rappelé à ses obligations de communication de ces documents au regard des informations que détenait la commune de Limoges et que lors de la réunion du 10 avril 2013 il a été acté que la synthèse n'était pas terminée à ce jour et qu'il y a eu une évolution des plans d'exécution fournis à l'appel d'offre, qu'il appartiendra à la maîtrise d'œuvre d'en expliquer les causes et de communiquer la date à laquelle la synthèse sera achevée ainsi qu'un planning de fin d'études d'exécution et de synthèse, à la suite de quoi " l'OPC établira un nouveau calendrier détaillé d'exécution recalé qui intégrera le planning de remise de plans fourni par la maîtrise d'œuvre ".

15. Enfin, si la société Eiffage met en cause l'OPC au titre des ordres de service n° 14 concernant la première modification de l'ordonnancement avec le lot charpente, l'ordre de service n°16 ayant trait à la 2ème modification de l'ordonnancement de ce même lot et l'ordre de service n°3 relatif au calendrier d'exécution n°3, elle n'apporte pas d'éléments suffisamment circonstanciés pour retenir une faute de l'OPC dans ces différentes décisions ni en tout état de cause en quoi ces différentes modifications seraient à l'origine du retard de 6 mois du chantier correspondant à l'exécution du lot n°3.

16. Au vu de ce qui précède et alors que, d'une part, la mission OPC a été formulée comme une obligation de moyens, d'autre part, la commune de Limoges au titre de sa mission OPC a exercé un suivi suffisamment attentif du déroulement des diverses phases d'exécution des travaux, la société Eiffage n'est pas fondée à soutenir que la commune de Limoges aurait commis des manquements dans la réalisation de cette mission.

17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, ni sur la mesure d'expertise sollicitée ni sur les appels en garantie présentées par la commune de Limoges, de rejeter les conclusions aux fins d'indemnisation présentées par la société Eiffage.

Sur les frais de justice :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Limoges la somme sollicitée par la société Eiffage au titre des frais de justice. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Limoges sur ce même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Eiffage Construction Limousin est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Limoges en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à la société Eiffage Construction Limousin et à la commune de Limoges.

Délibéré après l'audience du 10 décembre 2024 où siégeaient :

- M. Artus, président,

- M. Crosnier, premier conseiller,

- M. Martha, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

Le rapporteur,

F. MARTHA

Le président,

D. ARTUS

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne

au ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La greffière en chef

A. BLANCHON

jb

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