jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001264 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE JB BOSCHET |
| Avocat requérant | NORAY-ESPEIG JEROME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 septembre 2020 et 25 mai 2021, M. C A, représenté par Me Noray-Espeig, demande au tribunal :
1°) de condamner la SA Orange à lui verser une somme globale de 6 246,88 euros, avec les intérêts au taux légal à compter du 15 mai 2020 et capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de l'inaplication partielle à sa situation de l'accord professionnel portant sur les mesures d'accompagnement des salariés en mobilité suite aux fermetures des boutiques de Brive Théâtre et La Rochelle Saint Yon, et aux transferts d'activité à la GDT des boutiques de Bressuire et Hossegor signé le 18 juillet 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la SA Orange une somme de 2 000 euros à lui verser en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la SA Orange a méconnu l'article 2.8 de l'accord professionnel signé le 18 juillet 2019 en ne lui versant, au titre de l'indemnité visant à prendre en compte le coût du trajet pour se rendre à son affectation à la boutique de Limoges, qu'une somme de 63,84 euros pour la seule journée du 21 août 2019, alors qu'il était en droit de percevoir une indemnité supplémentaire de 446,88 euros pour les sept autres journées pour lesquelles il justifie de sa présence effective sur son lieu de travail ;
- il avait droit, en application de l'article 2.5 de cet accord professionnel, à une indemnité de 3 700 euros bruts au titre de l'augmentation de trajet significative pour se rendre sur son lieu de travail à Limoges ;
- il a été victime d'une discrimination en raison de son activité syndicale pour laquelle il est fondé à demander le versement d'une somme de 1 500 euros en réparation de son préjudice moral ;
- il est fondé à demander le versement d'une somme de 600 euros correspondant aux frais qu'il a exposés pour la défense de ses intérêts dans le cadre de la procédure précontentieuse.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2020, la SA Orange, représentée par la SCP Delvolvé et Trichet, conclut au rejet de la requête comme non-fondée et demande qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 2 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boschet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- les observations de Me Lafforgue, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Ancien fonctionnaire à la SA Orange, M. A a exercé ses fonctions à la boutique de Brive-la-Gaillarde avant d'être affecté, à la suite de la fermeture de cette boutique le 29 juin 2019, à la boutique de Limoges jusqu'à son départ à la retraite le 1er novembre 2019. Par cette requête, M. A, dont la réclamation préalable reçue le 15 mai 2020 a été implicitement rejetée, demande au tribunal de condamner la SA Orange à lui verser une somme globale de 6 246,88 euros destinée à réparer divers préjudices qu'il estime avoir subis en raison de l'inaplication partielle à sa situation de l'accord professionnel portant sur les mesures d'accompagnement des salariés en mobilité suite aux fermetures des boutiques de Brive Théâtre et La Rochelle Saint Yon, et aux transferts d'activité à la GDT des boutiques de Bressuire et Hossegor signé le 18 juillet 2019 entre la SA Orange et les organisations syndicales représentatives.
Sur le cadre juridique :
2. Aux termes de l'article 31-1 de la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 : " 1. France Télécom recherche par la négociation et la concertation la conclusion d'accords avec les organisations syndicales, tout particulièrement dans les domaines de l'emploi, de la formation, de l'organisation et des conditions de travail, de l'évolution des métiers et de la durée de travail. / 2. Avant le 31 décembre 1996, le président de France Télécom négociera avec les organisations syndicales représentatives un accord sur l'emploi à France Télécom, portant notamment sur : / - le temps de travail ; / - les conditions de recrutement de personnels fonctionnaires jusqu'au 1er janvier 2002 ; / - la gestion des carrières des personnels fonctionnaires et contractuels ; / - les départs anticipés de personnels ; / - l'emploi des jeunes ; / - l'évolution des métiers ; / - les conditions particulières accordées au personnel pour l'attribution des actions qui lui sont proposées ".
3. Selon l'article 2.5 de l'accord professionnel portant sur les mesures d'accompagnement des salariés en mobilité suite aux fermetures des boutiques de Brive Théâtre et La Rochelle Saint Yon, et aux transferts d'activité à la GDT des boutiques de Bressuire et Hossegor signé le 18 juillet 2019 entre la SA Orange et les organisations syndicales représentatives : " Si le nouveau trajet domicile-nouveau lieu de travail entraîne une augmentation de trajet significative, une indemnité est versée au salarié. / - De 20 à 29 minutes par trajet aller : 1.300 € bruts / - De 30 à 40 minutes par trajet aller : 2. 1 00 € bruts / - Au-delà de 40 minutes par trajet aller: 3.700 € bruts / Si l'aggravation du temps de trajet se révèle supérieure à 60 minutes par trajet aller, une indemnité d'aggravation de 4500€ est versée. / L'indemnité est mise en œuvre dès la prise effective du nouveau poste. / Elle est non remboursable en cas de prise en charge d'un déménagement au-delà du 6ème mois suivant la prise de poste ". L'article 2.8 de cet accord prévoit que : " Pour les salariés qui vont effectuer les déplacements avec leur voiture personnelle ou deux roues pour se rendre sur leur nouveau lieu de travail, une étude individuelle des trajets actuels et futurs a été menée par la direction de I'ADSO. / Cette étude permet d'identifier le delta kilométrique par trajet aller, pour chaque salarié. / Ce calcul est basé sur les indemnités kilométriques ONEO qui prennent en compte la dépréciation du véhicule, les frais de réparation et d'entretien, les dépenses de pneumatiques, de carburant et les primes d'assurance. / Le calcul de l'indemnité forfaitaire couvre les frais de véhicule et les éventuels frais de péage et les autres coûts induits. / Son mode calcul est le suivant : calcul sur une durée de base de 207 jours proratisée au nombre de jours de déplacement réels et prise en compte de l'aller et retour. / Le calcul est donc le suivant : • Delta Km aller et retour (delta entre distance domicile/ancien lieu de travail et distance domicile/nouveau lieu de travail) = X kms • Indemnité ONEO = 0,32 par km jusqu'à 0,38 par km pour les véhicules de 6 et 7 CV • Calcul de l'indemnité forfaitaire : X kms aller et retour x 0,32 x 207 jours proratisés aux jours de trajets prévus. / Cette indemnité peut être versée en plusieurs fois à la demande des salariés ".
Sur le bien-fondé des conclusions aux fins d'indemnisation :
4. En premier lieu, à défaut de tout élément apporté en défense de nature à justifier qu'il aurait été absent les 26, 27 et 28 août, et les 21 et 23 septembre 2019, il résulte de l'instruction, en particulier des plannings issus du logiciel interne de l'entreprise produits par le requérant que ce dernier doit être regardé comme ayant effectivement exercé ses fonctions de conseiller technique sur son nouveau lieu de travail à Limoges lors de ces cinq jours. Toutefois, alors que M. A est noté absent sur ces mêmes plannings pendant ces deux jours, la seule production, d'une part, d'une fiche client créée le 29 août 2019 sur laquelle apparaît la mention LY0C5303 qui correspondait selon l'intéressé à son identifiant, d'autre part, d'une attestation établie le 17 février 2020 par " une salariée de l'entreprise Orange de passage dans [la] boutique " de Limoges, n'est pas suffisante pour considérer qu'il a effectivement réalisé le trajet entre son domicile et son nouveau lieu de travail à Limoges les 29 août et 5 septembre 2019. Ainsi, alors que ni " l'aggravation kilométrique trajet aller/retour domicile/nouveau lieu de travail " de 168 km invoquée par M. A ni le fait qu'il a utilisé son propre véhicule personnel pour effectuer ces trajets ne sont contestés en défense, le requérant est uniquement fondé à soutenir qu'il était en droit, pour les cinq jours de travail des 26, 27 et 28 août, et des 21 et 23 septembre 2019, d'obtenir une somme de 319,20 euros en vertu de l'article 2.8 de l'accord professionnel signé le 18 juillet 2019. Il y a lieu de condamner la SA Orange à verser cette somme à M. A.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction qu'à la suite de la fermeture de la boutique Orange de Brive-la-Gaillarde, M. A a été affecté à celle de Limoges dans laquelle il a, à tout le moins les 21, 26, 27 et 28 août, et les 21 et 23 septembre 2019, exercé effectivement son activité de conseiller technique sur son nouveau lieu de travail. Alors qu'il n'est pas contesté que le trajet devant être réalisé par M. A entre son domicile et le lieu de sa nouvelle affectation entraînait entre 40 et 60 minutes de trajet supplémentaires par rapport à celui qu'il effectuait pour se rendre à la boutique de Brive-la-Gaillarde, et que l'article 2.5 de l'accord professionnel signé le 18 juillet 2019 précise, sans prévoir d'autre condition d'attribution, que l'indemnité qu'il institue " est mise en œuvre dès la prise effective du nouveau poste ", le requérant est fondé à soutenir qu'il était en droit de percevoir, sur ce fondement, une indemnité de 3 700 euros bruts. Après déduction des cotisations sociales applicables, il sera fait une juste appréciation du préjudice lié à l'absence de versement de cette indemnité en condamnant la SA Orange à verser une somme de 3 200 euros à M. A.
6. En troisième lieu, M. A n'apportant pas d'éléments susceptibles de faire présumer qu'il a été victime d'une discrimination en raison de son activité syndicale, sa demande tendant au versement d'une indemnité destinée à réparer le préjudice moral qu'il estime avoir subi à ce titre doit être rejetée.
7. En quatrième lieu, si M. A demande le versement d'une somme de 600 euros en lien avec des frais qu'il a exposés pour assurer la défense de ses intérêts dans le cadre de la procédure précontentieuse, cette demande n'est assortie d'aucun justificatif. Dans ces conditions, et en l'état, cette demande doit être rejetée.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander la condamnation de la SA Orange à lui verser une somme globale de 3 519,20 euros, avec intérêt au taux légal à compter du 15 mai 2020 et capitalisation à chaque échéance annuelle.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la SA Orange, qui est la partie perdante, une somme de 1 500 euros à verser à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la SA Orange en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er: La SA Orange est condamnée à verser une somme globale de 3 519,20 euros à M. A en réparation de ses préjudices.
Article 2 : La somme mentionnée à l'article 1er portera intérêts au taux légal à compter du 15 mai 2020 et capitalisation de ces intérêts à chaque échéance annuelle.
Article 3 :Article 3 : La SA Orange versera une somme de 1 500 euros à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la SA Orange sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Ce jugement sera notifié à M. C A et à la SA Orange.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
J.B. B
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026